« Tout indique que le premier secrétaire va se représenter une 4ᵉ fois au 12ᵉ congrès national de l’USFP qui se tiendra du 17 au 19 octobre prochain à Bouznika », nous confirme un proche de Driss Lachgar en expliquant cette volonté par le fait qu’à la veille des élections législatives prévues en 2026, aucun autre candidat de « son envergure ne peut prendre la relève ».

Driss Lachgar refuse de confirmer ou d’infirmer sa nouvelle candidature

Contacté par téléphone pour confirmer son éventuelle intention de rempiler, le premier secrétaire sortant a préféré botter en touche en nous invitant à le rejoindre au siège de son parti pour en parler de vive voix avant de raccrocher brusquement et de ne plus répondre à aucun de nos appels suivants.

Une attitude évasive qui s’explique sûrement par le fait que, lors de sa précédente et 3ᵉ élection à la tête de l’USFP tenue en janvier 2022, Driss Lachgar avait formellement exclu, dans une interview accordée à Medias24, de se représenter en 2025 à un 4ᵉ mandat à la tête de son parti.

« Ce sera bien mon dernier mandat en tant que premier secrétaire », affirmait-il.

« Tous les élus souhaitant rempiler une 4ᵉ fois devront obtenir l’assentiment des 2/3 du corps électoral »

Sollicité à son tour, un dirigeant très proche du premier secrétaire, souhaitant témoigner anonymement, nous confirme que l’option d’un nouveau mandat de Driss Lachgar est en effet dans tous les esprits au sein du parti.

« S’il convient d’attendre quelques jours avant que notre leader n’annonce sa volonté de se porter candidat, cette éventualité fait l’objet d’un débat qui ne se limitera cependant pas au premier secrétaire », révèle notre source en précisant que tous les membres du parti souhaitant se présenter une 4ᵉ fois à une fonction élective au sein de l’USFP (bureau politique, secrétaires nationaux, provinciaux, régionaux…) devront obtenir l’accord des 2/3 des électeurs pour pouvoir se présenter à nouveau.

Et d’ajouter qu’après avoir obtenu l’assentiment de chaque corps électoral, la commission préparatoire proposera une modification des statuts internes de l’USFP qui sera soumise au vote des membres du Conseil national pour autoriser le premier secrétaire à se présenter à un 4ᵉ mandat.

« Il n’y a pas d’alternative sérieuse à la candidature de Driss Lachgar »

À la question de savoir si la candidature de Driss Lachgar fait l’unanimité au sein du parti, notre interlocuteur affirme que l’USFP n’est pas dans une logique de casting mais de pragmatisme.

« Sachant que nous sommes à un mois du congrès national et à moins d’une année des élections législatives, l’atmosphère n’est pas propice à un changement de leader », conclut le membre du bureau politique, qui ajoute que s’il y a d’autres candidats, et il y en aura certainement, le contexte politique ne se prête pas à une autre alternative sérieuse avant le 13ᵉ congrès prévu en 2029.

« Ce 4ᵉ mandat va à l’encontre des principes démocratiques de l’USFP »

En désaccord avec son ancien collègue du bureau politique, l’ex-président du groupe parlementaire de l’Union socialiste des forces populaires estime que la probable nouvelle candidature du premier secrétaire sortant bafoue les principes fondateurs du parti qui consacrent l’alternance démocratique.

« M’étant déjà opposé à son 3ᵉ mandat en 2022, je ne peux que m’élever contre sa volonté hégémonique de rempiler une 4ᵉ fois, qui aura pour effet d’aggraver l’hémorragie des Ittihadis », dénonce Chokrane Amam qui garde cependant l’espoir que l’USFP rebondisse dans 4 ans.

« Un appareil verrouillé qui a fait fuir tous les cadres du parti »

Tout aussi remontées contre les velléités de Driss Lachgar de se représenter, deux autres grandes figures historiques du parti de la Rose affirment que les instances dirigeantes de l’USFP ont été totalement verrouillées par le premier secrétaire depuis sa première élection en 2012.

« Après avoir succédé à Abdelwahed Radi, il a totalement changé la composition sociologique de l’USFP en faisant fuir tous les grands intellectuels du parti », dénoncent nos sources pour qui Driss Lachgar n’est pas un idéologue mais un organisateur hors-pair capable de s’entourer d’obligés, voire d’affidés.

Tout en refusant d’insulter l’avenir, ses détracteurs concluent leur propos en déclarant que les 13 années du premier secrétaire à la tête de l’USFP l’ont vidé de ses cadres et fait passer l’intérêt général et les initiatives progressistes par pertes et profits.