Le chiffre d’affaires global de la cote ressort en hausse de 7%, passant de 154,3 MMDH au S1-2024 à 165,2 MMDH au S1-2025, soit une augmentation de 10,9 MMDH.

M.SI.N explique que cette évolution « est soutenue principalement par la bonne dynamique du secteur bancaire (+3,5 MMDH, soit +7,8%), du BTP (+3,2 MMDH, soit +22,8%), des assurances (+1,2 MMDH, soit +8,7%) et des distributeurs (+1,2 MMDH, soit +10,4%) ».

Contribution sectorielle : les banques en tête

Le secteur bancaire reste le moteur principal de cette croissance, avec un apport de 3,5 MMDH, tiré par la BCP (+1,1 MMDH), la BOA (+915 MDH) et Attijariwafa bank (+673 MDH).

Le BTP suit de près, contribuant à hauteur de 3,2 MMDH (+22,8%), stimulé par l’accélération des chantiers liés à la CAN 2025 et à la Coupe du Monde 2030.

Viennent ensuite les assurances, qui ajoutent 1,2 MMDH (+8,4%), grâce notamment à Wafa Assurance (+734 MDH) et Atlanta Sanad (+567 MDH).

Les distributeurs arrivent en quatrième position, avec une contribution de (+1,2 MMDH, +10,4%), tirée par Label Vie (+944 MDH) et Auto Hall (+264 MDH).

Enfin, le secteur de la Santé fait une percée remarquée, avec une hausse de +1 MMDH (+62%). Cette progression s’explique par la dynamique d’Akdital (+840 MDH) qui bénéficie de la bonne dynamique de ses établissements ainsi que de la montée en puissance des ouvertures réalisées en 2024, lesquelles ont contribué à hauteur de 560 MDH au chiffre d’affaires du premier semestre 2025 et à l’entrée en Bourse de Vicenne, dont la contribution atteint 161 MDH.

Cette performance intervient dans un environnement favorable : « inflation maîtrisée à 1,3% au cours du premier semestre 2025, campagne agricole 2024/2025 réussie avec une production céréalière de 44 millions de quintaux, et forte dynamique de l’immobilier et du BTP », rappelle M.SI.N.

A contrario, « le secteur gazier affiche la contribution négative la plus importante avec un montant de -442 MDH principalement imputable à la mauvaise orientation des réalisations de TotalEnergies Marketing Maroc en raison d’un effet prix négatif. TAQA Morocco et Maroc Telecom enregistrent également une baisse de leur CA de –272 MDH et de -219 MDH respectivement », souligne BKGR.

Un alourdissement de la dette nette

Dans le même sens, BKGR note que « la dette nette des sociétés cotées (hors financières) ressort en alourdissement de +10% à 72,5 MMDH par rapport à son encours à fin 2024″. Ce mouvement reflète les besoins de financement accrus dans plusieurs secteurs en pleine expansion.

Dans le détail, les télécoms concentrent à eux seuls 24% de l’endettement global, soit le poids le plus lourd. Ils sont suivis par les mines (20%) et par le BTP (13%).

Cette configuration confirme que les secteurs les plus capitalistiques, qui ont besoin d’infrastructures lourdes et de financements continus, restent aussi les plus exposés au levier d’endettement.

Des CAPEX en nette accélération

L’autre enseignement majeur du rapport de BKGR réside dans la forte progression des investissements. « L’enveloppe globale des sociétés cotées ressort en progression de +28,8% en glissement annuel à 11,1 MMDH ».

Les télécoms représentent 29% de ce total, malgré une légère contraction des CAPEX d’Itissalat Al-Maghrib (-1,5% à 3,2 MMDH).

Les minières arrivent juste derrière avec 27% de la part globale, grâce à des projets ambitieux chez Managem, dont les investissements atteignent près de 2,9 MMDH, en hausse de 7,5%.

Un contexte économique favorable

Après une année 2024 marquée par une atténuation de la crise inflationniste, « le premier semestre de l’année 2025 s’est caractérisé au niveau international par une montée de l’incertitude, induite notamment par la nouvelle politique commerciale des États-Unis et les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine », souligne M.SI.N.

Dans ce contexte, le FMI prévoit une croissance mondiale de 3% en 2025, contre 3,3% en 2024.

Au niveau national, « l’activité économique a progressé de 4,8% au premier trimestre 2025, contre 3% un an auparavant ». Les activités non agricoles ont enregistré une hausse de 4,6%, tandis que le secteur agricole s’est accru de 4,5%.

Selon Bank Al-Maghrib, « la dynamique observée dans les secteurs non agricoles devrait se poursuivre à moyen terme, notamment grâce aux investissements dans les infrastructures, dans le cadre des efforts déployés par notre pays pour atténuer l’impact du changement climatique et préparer l’accueil d’événements sportifs internationaux d’envergure à l’horizon 2030 ».

M.SI.N note enfin que cette dynamique positive « s’est également reflétée sur les performances des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, traduisant une continuité dans la croissance des revenus enregistrée depuis plusieurs semestres, mais avec un rythme, cette fois-ci, plus soutenu ».