Le ministère de la Santé reprend, ce jeudi 4 septembre, les réunions avec les trois centrales syndicales représentatives du secteur pharmaceutique pour discuter du projet de décret sur la fixation des prix des médicaments, ainsi que du dossier revendicatif de la profession, apprend-on de sources syndicales.

Le projet de décret entre dans sa phase finale

Les négociations sur le projet de décret avaient été bouclées fin juillet. Le projet de réforme initial, dévoilé par Médias24 dans un article précédent, a connu de nombreux ajustements.

Du côté des pharmaciens, plusieurs amendements proposés ont été retenus par le ministère, ce qui a été perçu comme une avancée positive pour le secteur.

Les industriels, eux, ont obtenu gain de cause sur certains points, mais restent opposés à la méthode de fixation des prix des génériques.

Lors de la réunion prévue ce jeudi 4 septembre, le ministre de la Santé doit présenter la version finale du décret, déjà partagée, selon nos sources, avec plusieurs institutions, notamment le ministère des Finances et le Conseil de la concurrence.

« Les syndicats avaient transmis leurs remarques sur le projet initial. Selon leurs représentants, ces observations ont été prises en compte, mais des modifications peuvent encore être apportées après les échanges avec les autres départements concernés », expliquent nos sources.

Une fois approuvé par les parties concernées, notamment les syndicats et les industriels, le texte sera soumis au Conseil de gouvernement avant de suivre le circuit législatif habituel. Le projet entre ainsi dans sa phase finale.

Par ailleurs, alors que trois syndicats représentatifs du secteur semblent soutenir la version du projet de décret validée avec le ministère vers la fin du mois de juillet, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) appelle, de son côté, à un sit-in le 9 septembre prochain devant le ministère de la Santé pour exprimer son opposition.

Cette réforme intervient dans un contexte où les prix de certains médicaments, en particulier ceux des tranches T3 et T4, sont jugés trop élevés, aussi bien par les professionnels de santé que par les assurés. Bien qu’elle ait suscité des débats, elle est considérée comme nécessaire pour garantir des prix justes et accessibles aux citoyens. Elle devra toutefois préserver la viabilité économique des industriels, distributeurs et pharmaciens, ainsi que la soutenabilité financière des régimes d’assurance maladie.

Dossier revendicatif : vers l’adoption d’une méthode progressive

En parallèle, les discussions porteront aussi sur le dossier revendicatif des syndicats. Fin juillet, il avait été convenu d’adopter une méthodologie progressive, à savoir traiter les points par groupes de trois ou quatre, en commençant par ceux ayant le plus d’impact sur le secteur.

Parmi les revendications les plus urgentes figurent notamment la loi sur les compléments alimentaires, toujours bloquée malgré l’urgence, ainsi que le droit de substitution.

Cette nouvelle rencontre devrait ainsi permettre de clarifier la position des syndicats sur le projet de décret et de relancer le dialogue autour de leurs principales revendications.

À suivre…

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