Le Maroc n’a pas manqué son retour au Complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat, ce vendredi 5 septembre, pour le compte de la 7e journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. La fête a été totale pour les supporters qui ont découvert un stade d’une beauté saisissante et assisté à la victoire du Maroc sur le Niger (5-0), synonyme de qualification pour le Mondial 2026.

Après la Russie et le Qatar, le Maroc sera présent pour la troisième fois d’affilée à l’évènement planétaire, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026, principalement aux États-Unis, mais aussi au Canada et au Mexique. Quelques heures plus tôt, la Tanzanie n’a pu faire mieux qu’un match nul en recevant la République du Congo (1-1).

Ô combien importante, la victoire du Maroc n’a souffert d’aucune contestation. On n’ira pas jusqu’à dire que les Lions de l’Atlas nous ont offert un chef-d’œuvre de football. Mais ils ont assuré l’essentiel en venant à bout d’une faible équipe du Niger, réduite à dix dès la 25e minute.

Les protégés de l’ancien sélectionneur du Maroc, Badou Zaki, aujourd’hui sur le banc du Niger, ont été assez tôt prévenus qu’ils ne seraient pas en terrain conquis. À peine avaient-ils mis un pied sur la pelouse du Complexe sportif Prince Moulay Abdellah pour la traditionnelle balade d’avant-match, qu’ils furent accueillis par une bronca à faire éclater les tympans.

Badou Zaki, le technicien marocain du Niger, n’y a pas échappé. Mais on sentait que le public le tenait en grande estime car les sifflets n’ont pas duré une éternité. En revanche, l’entrée des Lions de l’Atlas a quant à elle été accompagnée d’une salve d’applaudissements et d’encouragements soutenus, à vous faire hérisser les poils.

Mais ces émotions, aussi intenses soient-elles, n’ont jamais fait gagner des matchs. Le soutien des spectateurs y contribue évidemment. Mais jusqu’à preuve du contraire, aucun supporter n’est jamais descendu sur la pelouse pour aider son équipe à marquer ou gagner un match.

Cette mission est dévolue aux 22 acteurs. Le sélectionneur national, Walid Regragui, a aligné un onze avec quelques retouches. L’indéboulonnable Yassine Bounou menait une défense à quatre, composée d’Achraf Hakimi, Nayef Aguerd axe droit, Adam Masina axe gauche et le récent vainqueur du CHAN avec l’équipe nationale des joueurs locaux, Youssef Bellaamari.

Dans l’entrejeu, Walid Regragui n’a pas perdu de temps pour lancer le nouveau venu, Neil El Aynaoui. Une décision logique au vu de son profil qui ne court pas les rues. Sofiane Amrabat et Ismail Saibari complètent le trio du milieu de terrain. Devant, Ayoub El Kaabi était le fer de lance de l’attaque marocaine, soutenu par Eliesse Ben Seghir et Brahim Diaz.

Une fois l’animation et les jeux de lumière du plus bel effet achevés et les tifos déployés, le match pouvait commencer avec une pression haute des Lions de l’Atlas dès le coup d’envoi afin d’occuper rapidement la moitié de terrain adverse. Nayef Aguerd était à deux doigts d’ouvrir le score sur un coup franc parfaitement botté par Eliesse Ben Seghir.

Cependant, la reprise de la tête du néo-Marseillais est passée au-dessus des cages de Kassali Mahamadou, le portier du Niger (7’). Lancé en profondeur, Ayoub El Kaabi a manqué son face-à-face (13’) en croisant un peu trop sa frappe du gauche. De quoi raviver les soucis d’efficacité des Lions de l’Atlas alors même que Youssef En-Nesyri est sur le banc de touche. Mais il se rattrapera. On y reviendra.

Le problème de l’équipe nationale à ce moment du match, c’est qu’elle était obligée de contourner la densité axiale sur attaque placée. Mais la connexion entre les deux paires de joueurs excentrés, Bellaamari-Ben Seghir à gauche et Hakimi-Diaz à droite, n’a pas été optimale. Du moins pendant une bonne partie du premier acte.

Raison pour laquelle l’unique véritable occasion de l’EN est intervenue sur une transition rapide à la récupération du ballon. Une séquence de jeu où le bloc défensif adverse était désorganisé. Après une entame de match tempétueuse, où ils ont essuyé vague après vague, les Mena ont repris du poil de la bête après avoir su faire le dos rond.

Preuve en est, le but justement refusé pour cause de hors-jeu sur un corner joué en deux temps, bénéficiant de l’apathie de la défense marocaine. Ce genre de rencontre demandait de la vigilance à la perte du ballon et de la patience à la construction, à l’image du tir un peu mou d’Ayoub El Kaabi, à la conclusion d’une belle action collective. L’une des rares séquences où le Maroc a réussi à perforer l’axe de la défense du Niger, réduit à dix dès la 25e, suite à l’exclusion pour un deuxième carton jaune de Goumey Diori.

Dans la foulée, un des rares centres en première intention a fait mouche, avec une passe décisive de Youssef Bellaamari pour Ismail Saibari qui a coupé la trajectoire au premier poteau (29’).

L’explosion de joie des supporters en disait long sur la nécessité de gagner afin de valider la qualification pour la Coupe du monde 2026. Ayoub El Kaabi aurait pu ou dû marquer le but du break en héritant d’un ballon à l’entrée de la surface de réparation à la faveur d’un dégagement totalement manqué du portier nigérien.

Mais l’attaquant marocain a trop tergiversé, permettant à la défense adverse de rattraper le coup (35’). Par contre, les Nigériens n’ont rien pu faire sur le doublé d’Ismail Saibari, bien qu’il soit un copier-coller du premier but, mais cette fois il y avait Achraf Hakimi à la passe (37’).

Ismail Saibari a été auteur d’un doublé lors du match du Maroc contre le Niger

Pour sa part, Eliesse Ben Seghir n’a eu besoin de personne pour s’ouvrir le chemin du but, mais son tir enroulé a été dévié en corner. La fin de la première mi-temps a été dantesque pour les hommes de Badou Zaki. Ils prenaient l’eau de toutes parts, mais ils ont eu le mérite de ne pas totalement sombrer. Même si, avec un peu plus de précision, Youssef Bellaamari aurait pu nettoyer la lucarne adverse juste avant de rentrer au vestiaire.

Il n’a pas fallu longtemps à Ayoub El Kaabi pour aggraver le score à l’entame de la seconde mi-temps. Là encore sur un centre qu’il a repris en une touche au point de penalty (52’). Ce but scellait définitivement la victoire de l’EN. À l’heure de jeu, les entrées conjuguées de Bilal El Khannouss, Hamza Igamane et Soufiane El Karouani ont coïncidé avec une baisse d’intensité.

Mais cela a au moins permis à Hamza Igamane d’ouvrir son compteur but en équipe nationale (69’). Ce fut sans doute un moment particulier pour le natif de Rabat. Dans l’euphorie, il a préféré tenter sa chance au lieu de servir ses coéquipiers sur une situation de deux contre trois (70’).

On ne sait pas si on peut parler de coaching gagnant au vu du résultat, mais après Igamane, c’est Azzedine Ounahi qui a lui aussi participé à la fête d’un délice de tir enroulé (84′). Une chose est sûre, le sélectionneur national, Walid Regragui a atteint l’un de ses premiers objectifs. Désormais place au deuxième en cette année 2025 et certainement l’un des plus important, remporter la Coupe d’Afrique des nations 2025. Le déplacement en Zambie, lundi 8 septembre, servira certainement à ce dessein.