Les résultats, au-delà de leur importance pour les États-Unis, viennent valider et renforcer la pertinence de la stratégie de défense multicouche adoptée par le Maroc face à une menace devenue centrale dans les conflits modernes.
Entré sous le giron des FAR en mars 2025, l’Apache AH-64E a réussi son premier test contre les drones. Dans un contexte où les drones représentent une menace montante et omniprésente, pesant sur les unités de combat comme sur les infrastructures stratégiques, les tests américains ont mis en évidence la capacité de l’Apache à neutraliser efficacement ces cibles.
Les équipages Apache ont mené des engagements avec plusieurs types d’armements, notamment le missile Joint Air-to-Ground Missile (JAGM), les variantes du Hellfire, la roquette guidée Hydra-70 avec module de guidage APKWS, ainsi que les munitions de 30 mm.
Tous les systèmes de missiles ont détruit leurs cibles. La roquette Hydra-70 guidée par APKWS a neutralisé trois cibles sur quatre. Les obus de 30 mm ont éliminé les menaces aériennes désignées.
Ces résultats confirment que l’Apache peut offrir des options persistantes, flexibles et économiques pour neutraliser les menaces de drones. Chaque munition apporte un compromis entre portée, risques collatéraux et cadence d’engagement, offrant aux commandants des solutions modulables en fonction des besoins opérationnels.
En plus des missiles Hellfire et des roquettes guidées APKWS, le Maroc dispose de missiles air-air Stinger, “une arme qui a également prouvé son efficacité contre les drones”, explique notre consultant militaire Abdelhamid Harifi. Ce choix d’armement confirme “la pertinence et la clairvoyance de la planification militaire du Royaume”.
Une stratégie de défense en réseau
Les récents tests menés sur les hélicoptères AH-64E Apache illustrent ainsi une “évolution doctrinale majeure”: la multiplication des plateformes capables de contrer la menace drone. Pour le Maroc, cette approche s’inscrit au cœur de sa stratégie de modernisation militaire.
Selon notre interlocuteur, “l’intégration de systèmes de communication avancés, comme les liaisons de données Link 16 et Link 11, permet une gestion intégrée du champ de bataille”. Grâce à cette interconnectivité, un hélicoptère Apache peut communiquer en temps réel avec le centre de commandement, mais aussi avec les unités terrestres, les systèmes de défense anti-aérienne et les avions de chasse F-16.
Cette interconnexion crée un réseau de défense dynamique, où le décideur peut choisir la plateforme la plus adaptée pour neutraliser une menace, en fonction de la situation tactique. Un drone peut ainsi être engagé par plusieurs moyens :
– des systèmes anti-drones au sol, accompagnant les unités de combat ;
– des systèmes de défense anti-aérienne comme le MICA VL ou le Skyguard chinois ;
– des chasseurs F-16 assurant la couverture aérienne ;
– et désormais, par un hélicoptère Apache, offrant “une solution mobile, flexible et rapprochée”
Cette stratégie est particulièrement adaptée aux défis sécuritaires du Royaume. La prolifération des drones aux frontières et le risque d’utilisation par des acteurs conventionnels ou asymétriques rendent indispensable une défense robuste et polyvalente. “Disposer de moyens facilement déployables et proches des unités au sol, comme l’hélicoptère Apache, constitue un atout majeur”, souligne Abdelhamid Harifi.