Pour son 38e match à la tête du Maroc, le sélectionneur national, Walid Regragui, prévoit d’opérer une revue d’effectif contre la Zambie, ce lundi 8 septembre (14h) sur la pelouse du stade Levy Mwanawasa, à Ndola.

À travers le prisme des qualifications à la Coupe du monde 2026, ce rendez-vous qui entre dans le cadre de la 8e journée des éliminatoires compte pour du beurre, puisque l’équipe nationale a validé sa qualification après avoir dominé le Niger, vendredi 5 septembre (5-0).

Mais avec la Coupe d’Afrique des nations 2025 qui se profile dans un peu plus de trois mois, le déplacement et le vol de 10h qui ont été nécessaires pour rallier la Zambie vont valoir leur pesant d’or à plus d’un titre. D’abord, car les Chipolopolos seront les troisièmes adversaires de l’équipe nationale dans le groupe A de la CAN 2025.

À ce titre, ce sera un avant-goût grandeur nature de ce qui attend les Lions de l’Atlas, le 29 décembre 2025. Ensuite, ce match permettra à Walid Regragui de tester et de donner du temps de jeu aux joueurs qui ont plus l’habitude de cirer le banc que de faire partie du onze titulaire.

Mais ce n’est pas pour autant que l’erreur est permise. Ce serait dommage que le record de treize victoires consécutives et la dynamique positive construite depuis plusieurs mois soient freinés par un relâchement, même dans un match sans enjeu comptable. D’autant que, trois ans après sa nomination sur le banc de l’EN, Walid Regragui compte les meilleurs chiffres de l’histoire récente des sélectionneurs nationaux.

Un match qui compte pour la… CAN 2025

Le calendrier fait parfois bien les choses. Bien qu’il entre dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, ce match contre la Zambie sera davantage important dans la perspective de la Coupe d’Afrique des nations 2025. C’est en effet l’un des trois prochains adversaires des Lions de l’Atlas dans la phase de groupes.

Et comme la qualification pour le mondial est déjà en poche, ce face-à-face sera intéressant pour le staff de l’équipe nationale. À la fois pour récolter de précieuses informations sur l’adversaire mais aussi afin de jauger la compétitivité de plusieurs appelés. « Il est fort possible que je change 80 % du onze qui a battu le Niger », a révélé Walid Regragui lors de la conférence d’avant-match.

Une décision somme toute logique pour évaluer les forces en présence et donner une chance à certains joueurs de prouver qu’ils ont les épaules assez larges et solides pour faire partie de l’aventure africaine. « C’est aussi une manière de brouiller les cartes et de ne pas donner trop de renseignements à nos futurs adversaires sur le réel niveau de notre équipe », a ajouté le technicien marocain.

L’état de fatigue avancé d’Achraf Hakimi, constaté par le staff technique, devrait laisser le champ libre à Omar El Hilali sur le côté droit de la défense. Surtout que Mohamed Chibi n’est pas un inconnu aux yeux de Walid Regragui.

Une stratégie risquée mais nécessaire

Dans l’axe de la défense, de nouvelles associations seront sans doute expérimentées. Jaouad El Yamiq et dans une moindre mesure, Anas Bach seront certainement concernés par ce turnover. Soufiane El Karouani a de fortes chances de compléter l’arrière-garde de l’EN.

En partant du principe que le système en 4-3-3 sera reconduit, Azzedine Ounahi et Bilal El Khannous devraient être titulaires. L’identité de la sentinelle devant la défense est moins évidente. À moins que le sélectionneur national ne titularise une nouvelle fois Sofyan Amrabat ou Neil El Aynaoui à ce poste, seul Anas Bach possède les caractéristiques pour remplir ce rôle.

En attaque, on ne serait pas surpris qu’Ilias Akhomach et Chemsdine Talbi soient lancés sur les côtés pour soutenir Youssef En-Neysiri. Alors que le poste de gardien est en balance entre Yassine Bounou et Munir El Kajoui, ces changements dans le onze vont sûrement impacter la fluidité et la cohésion du jeu de l’EN.

C’est un risque assumé par le sélectionneur. Pourtant, Walid Regragui y a plus à perdre qu’à gagner. Au-delà du classement FIFA, tout autre résultat qu’une victoire stopperait nette la quête d’un record qui date de près de 20 ans. À l’époque, l’Espagne de Xavi, Iniesta et David Villa avait enchaîné 15 victoires de suite. Le Maroc en est à 13.

De nos jours, la quête d’une telle série paraît quasiment anecdotique, à l’image de la qualification de l’équipe nationale pour le mondial 2026. Fut un temps où une telle réussite était fêtée par tout le peuple marocain, aux quatre coins du Royaume. Cette époque est désormais révolue, tant la barre de l’exigence a été placée très haut depuis l’épopée du Qatar.

Tout le mérite en revient au travail de fond opéré par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et aussi à Walid Regragui. Pour s’en persuader, il suffit de se replonger dans l’histoire des résultats obtenus par les différents entraîneurs passés sur le banc des Lions de l’Atlas. En 37 matchs aux commandes de l’équipe nationale, Walid Regragui a remporté 26 rencontres et concédé 7 matchs nuls.

Certes, parmi les quatre défaites subies, il y en a une qui a fait beaucoup plus de mal que les 26 victoires ont fait de bien. C’était face à l’Afrique du Sud, en huitièmes de finale de la CAN 2023, six mois après une première défaite en amical contre ces mêmes Bafana Bafana.

Les deux revers consécutifs contre la France en demi-finale et la Croatie lors du match de classement de la Coupe du monde 2022 avaient tout de même un arrière-goût de victoire tant personne n’attendait les Marocains à un stade aussi avancé de la compétition.

Outre les résultats, le Maroc a également été prolifique dans la surface de réparation adverse (2,05 buts marqués par match) et solide défensivement dans la sienne (0,45 but encaissé par match). Un bilan statistique remarquable, qui place Walid Regragui parmi les meilleurs entraîneurs passés à la tête de l’équipe nationale, si ce n’est le meilleur, dans le cas des sélectionneurs à plus de 30 matchs.