Pour son premier déplacement hors de ses bases depuis plus d’un an, le Maroc a fait honneur à son rang en disposant de la Zambie (2-0), à Ndola, ce lundi 8 septembre 2025. Youssef En-Nesyri a ouvert le score dès les premières minutes de la première mi-temps et Hamza Igamane a doublé la mise à l’entame de la seconde.

Sur une pelouse qui s’apparentait davantage à un champ de patates qu’à un billard, il était évident que l’équipe nationale n’était pas dans son élément. Mais Jaouad El Yamiq et ses coéquipiers n’ont pas failli dans le combat. Ils ont tout de même concédé certaines situations dangereuses lors desquelles ils n’ont dû leur salut qu’aux interventions décisives de Yassine Bounou.

C’était un match âpre, haché, mais c’est cette diversité de style qui fait la beauté du football. Et il faut dire que l’équipe nationale a prouvé qu’elle avait une grande capacité d’adaptation. Après avoir dominé le Niger (5-0), le vendredi 5 septembre, le Maroc a cette fois accepté de subir et n’a pas fait de la possession du ballon une obsession.

Contrairement à ce qu’il avait annoncé, Walid Regragui n’a pas opéré un turnover dans les grandes largeurs. Au total, le sélectionneur national a effectué cinq changements par rapport au Onze qui avait validé la qualification à la Coupe du monde 2026, vendredi dernier contre le Niger à Rabat.

Le technicien marocain a notamment modifié la moitié droite de sa défense. Il a aligné Jaouad El Yamiq aux côtés d’Adam Masina dans l’axe, et lancé Mohamed Chibi en lieu et place d’Achraf Hakimi. Le double pivot de la défense, composé de Neil El Aynaoui et Sofyan Amrabat, a été reconduit, avec Bilal El Khannous en meneur de jeu, Hamza Igamane et Eliesse Ben Seghir en soutien de Youssef En-Nesyri.

L’avant-centre de Fenerbahçe n’a pas mis longtemps pour ouvrir le score en ajustant le gardien adverse à bout portant, bénéficiant d’un très bon pressing de Bilal El Khannous (7’). En fait, c’est l’ensemble du bloc équipe marocaine qui était placé haut lors du premier quart d’heure dans le camp adverse. Gênés, les Chipolopolos n’avaient d’autre choix que d’allonger le jeu pour sortir des griffes du pressing marocain.

Les hommes de Walid Regragui ont certes eu quelques difficultés à gérer les déplacements et décrochages de Patson Daka, mais ils pouvaient compter sur un gardien d’exception, qui a repoussé du pied une tête piquée (31’) de l’attaquant de Leicester (Angleterre), après un festival de Lameck Banda côté gauche.

C’est l’une des nombreuses fois où le Maroc s’est fait prendre sur les ailes, en raison d’un repli en dilettante de ses joueurs excentrés, notamment Eliesse Ben Seghir et Hamza Igamane. Autant le premier doit faire beaucoup mieux, autant le second a fait ce qu’il a pu à un poste où il n’est pas totalement à son aise.

Mais l’une des plus grandes satisfactions reste le duo Amrabat-El Aynaoui. Ce dernier semble être la pièce manquante pour disposer d’un milieu de terrain solide, qui tient la route face à des adversaires qui aiment imposer leur puissance athlétique.

Très proches l’un de l’autre, ils ont équilibré la défense et annihilé les attaques adverses à tour de rôle, dans une belle symphonie. Ils ont été soutenus par un Bilal El Khannous qui ne s’est pas dérobé au moment de se salir les mains pour récupérer un ballon.

Des attitudes et un état d’esprit primordiaux, alors que le Maroc était privé de ballon la majorité du temps. Échaudés par la qualité de la pelouse, les Lions de l’Atlas ont manqué de patience dans la construction du jeu. Mais avec tout le talent dont dispose le Maroc, c’est une stratégie qui ne permet pas d’exploiter tout le potentiel d’un groupe de grande qualité.

Preuve en est, le beau but du break inscrit par Hamza Igamane d’une tentative à plus de 25 m, ne laissant aucune chance à Toaster Nsabata (47’). Le portier zambien n’a pas été décisif, à l’inverse de son homologue marocain, qui l’a été une deuxième fois, dans la surface de réparation devant un Patson Daka intenable (53’).

À l’heure de jeu, l’échauffourée qui a impliqué Sofyan Amrabat a étrangement refroidi les ardeurs, alors que l’on s’attendait à ce qu’elle réveille les Lions de l’Atlas de leur sommeil. Mais c’est la Zambie qui s’est montrée dangereuse en trouvant la transversale de Yassine Bounou par l’intermédiaire de Lubambo Musonda (72’).

En somme, le Maroc a assuré l’essentiel mais il n’a pas rassuré son monde. Et pour cause, il y a eu un manque de maîtrise du ballon (28 % de possession et seulement 68 % de passes réussies), les hommes de Walid Regragui ont concédé plusieurs occasions nettes de but, et ils peuvent remercier leur gardien pour ses arrêts décisifs.

Excepté quelques joueurs dont Neil El Aynaoui et Jaouad El Yamiq, plusieurs internationaux marocains ont montré des limites dans le jeu aérien face à une équipe qui privilégie le jeu long et multiplie les centres. Le travail défensif des attaquants excentrés laisse également à désirer.

C’est toutefois tout l’intérêt de ce genre de rencontre, malgré l’absence d’enjeu comptable. Car il est toujours instructif de sortir de sa zone de confort pour tester ses limites, éprouver sa résilience et mesurer sa capacité d’adaptation dans des conditions hostiles.

Les conditions seront bien évidemment meilleures lors de la Coupe d’Afrique des nations 2025, mais ce sera le même adversaire, le 29 décembre prochain, lors de la 3e journée du groupe A.