La correction qu’a connue le marché boursier marocain ce mardi 9 septembre, avec une baisse de 2,59%, s’explique d’abord par des facteurs exogènes, à en croire les analystes sondés par Médias24.

Le MASI est en effet passé sous le seuil symbolique des 20.000 points.

Pour plusieurs analystes, les fondamentaux de la Bourse de Casablanca restent inchangés. La pause observée mardi trouve surtout son origine dans un contexte géopolitique international tendu.

« Cette séquence de baisse est tout à fait normale. Les investisseurs réagissent souvent aux nouvelles venues de l’international : tensions au Moyen-Orient, incertitudes politiques en Europe, attentes autour de la Fed… tout cela pèse temporairement sur le marché ».

« La frappe israélienne à Doha a créé un choc géopolitique majeur dans la région. C’est la première fois que le Qatar est directement visé et cela a ravivé les tensions au Moyen-Orient. Même si le pétrole n’a que modérément réagi, autour de 66-67 $ le baril, le risque politique a clairement ressurgi dans les esprits », poursuit-il.

« En Europe, l’instabilité politique en France a aussi été scrutée par les marchés. La démission du gouvernement Bayrou, suivie de la nomination rapide d’un nouveau Premier ministre, a alimenté un climat d’incertitude. Dans ce sens, cet épisode politique reste pour l’instant un facteur secondaire pour la Bourse de Casablanca, même si les investisseurs gardent toujours un œil attentif sur la conjoncture européenne ».

« Aux États-Unis, les regards étaient tournés vers la Réserve fédérale. Les investisseurs anticipent une détente monétaire, mais l’or à plus de 3.690 $ l’once montre bien que la prudence domine encore. C’est un signal que le marché n’est pas totalement rassuré, surtout avec les incertitudes politiques et géopolitiques actuelles ».

« Enfin, les données macroéconomiques chinoises ont ajouté une note déflationniste, avec un CPI en baisse de 0,4% sur un an. Cela alimente l’idée d’un ralentissement de la demande mondiale, ce qui ne plaide pas pour une grande sérénité sur les actifs risqués ».

« Après une série de records, le marché avait besoin d’un point d’arrêt. Les publications des résultats semestriels sont souvent un moment où les investisseurs revoient leurs positions. On sécurise les plus-values, on ajuste les portefeuilles… c’est un cycle classique après une longue phase de hausse ».

« L’aversion au risque a renforcé ce mouvement. Dès que les tensions géopolitiques montent, la peur pousse à vendre pour protéger les gains », explique l’analyste de la place.

« C’était déjà le cas en avril avec les tensions autour de Trump. Les investisseurs préfèrent sortir, quitte à revenir plus tard, plutôt que de risquer d’effacer leurs profits ».

« Mais pour beaucoup, cette correction est loin d’être inquiétante. Après plusieurs mois de progression continue, il était sain que le marché souffle », estime-t-il.

« Ce genre de respiration technique remet les compteurs à zéro et crée souvent des points d’entrée intéressants. Les baisses font baisser les prix et pour les investisseurs qui ont du cash, ce sont les meilleurs moments pour se positionner ».

D’ailleurs, le MASI effaçait déjà une partie de ses pertes dès la séance du 10 septembre. « Il n’y a pas de raison de s’alarmer. Le marché reste bien orienté à moyen terme. Une pause, oui. Un retournement durable, non ».

Il faut dire aussi que les investisseurs scrutent le prochain Conseil de Bank Al-Maghrib. « Le marché attend de voir si la Banque centrale va donner des signaux en faveur d’une baisse du taux directeur ».

« Ce n’est pas encore acquis, mais si le Conseil ouvre la porte à un assouplissement monétaire, cela viendrait soutenir de plus en plus le marché des actions en améliorant les conditions de financement et en orientant une partie des liquidités vers la bourse ».

Les catalyseurs qui soutiennent toujours le marché

Malgré la correction de mardi, plusieurs facteurs continuent d’alimenter la dynamique haussière de la Bourse de Casablanca.

« L’appétit des investisseurs reste intact.  On l’a vu depuis le début de l’année : les introductions en bourse et les augmentations de capital suscitent un engouement réel, la Coupe du monde 2030 et la CAN 2025 créent une visibilité économique nouvelle et tout cela entretient un optimisme de fond ».

« Chaque introduction apporte de la profondeur et du volume, ce qui rend la place plus attractive pour les investisseurs institutionnels et étrangers ».

« Quand on combine les grands chantiers économiques du pays, la modernisation du marché financier à travers le marché à terme, la nouvelle loi sur les OPCVM et l’appétit pour les actions marocaines, on comprend pourquoi chaque phase de correction reste limitée dans le temps. Les investisseurs savent que le potentiel de moyen terme est toujours là ».

« Avec la hausse qu’on a connue, certaines actions deviennent chères. D’autres gardent encore du potentiel, mais il faut du temps pour que ça paie. La patience reste essentielle pour capter les bonnes plus-values ».

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10/09/202410/09/2025

Source: medias24.com