Ursula von der Leyen a prononcé ce mercredi 10 septembre 2025, un long discours (l’intégralité en langue française ici) devant les députés européens à Strasbourg pour expliquer la politique étrangère qu’elle compte mener face aux défis qui encerclent l’Europe. Il est de notoriété publique que l’Union européenne ne se rassemble que pour dénoncer ou attaquer les pays qui résistent pour défendre leurs intérêts ou qui tiennent tête à l’un de ses membres.
C’est en tout cas l’impression qu’elle donne lors de cette intervention. Dans son intervention, sur le dossier ukrainien, elle a procédé par l’émotion sur la situation des enfants dans ce pays en guerre face aux troupes russes. En présence de certains enfants ukrainiens dans l’hémicycle, elle a demandé que ces citoyens reviennent le plus vite chez eux, tout en faisant applaudir ceux présents. Face à ce qu’elle qualifie de guerre injuste de la Russie, elle a proposé de mobiliser les avoirs russes gelés pour aider l’Ukraine sans toucher à ces actifs pour financer les combats.
Von der Leyen a saisi également sa présence au parlement pour dénoncer l’attaque, ce mercredi matin, de l’espace aérien polonais par des drones russes. Au moment où elle parlait, Moscou n’avait pas communiqué sur cet incident qui pourrait avoir été commis par inadvertance. Si cela s’avère volontaire, cela risquerait d’amplifier encore cette guerre euro-européenne.
D’un ton ferme face aux députés européens, elle a tenu une posture de guerrière, annonçant que l’Europe défendra chaque centimètre carré de son territoire, selon sa propre expression. Cette incursion des drones russes a permis à la présidente de la Commission d’appeler à muscler l’effort de guerre de l’Europe et à se doter de moyens stratégiques et indépendants pour se défendre.
C’est sur la question palestinienne et le génocide en cours à Gaza que Von der Leyen s’est montrée bien timorée comme à son habitude. Au lieu de sanctionner l’État d’Israël face à ses crimes de guerre contre des populations civiles innocentes, elle a proposé de sanctionner les ministres extrémistes du gouvernement Netanyahou. Elle a enfin eu le courage, si on peut le qualifier ainsi, de demander la suspension partielle de l’accord d’association avec l’État hébreu. Une suspension partielle et non un arrêt de cet accord. La présidente a fini par avouer que même cette suspension serait difficile à obtenir, faute d’une majorité d’États pour faire adopter cette décision.
Enfin, la présidente est revenue sur le grand litige commercial qui oppose l’Union européenne aux États-Unis. Le récent accord commercial scellé entre les deux fut très critiqué au sein des pays membres parce que la Commission s’est montrée peu combative face aux Américains. Mais, pour elle, cet accord offre une certaine stabilité sociale et permet d’éviter le chaos d’une guerre commerciale. Décidément, l’Union européenne se montre comme un tigre face à la Russie mais se couche devant les États-Unis et Israël.
L’attaque d’Israël hier sur le Qatar, pays souverain, en totale violation du droit international, n’a pas été évoquée par Ursula Von der Leyen contrairement à celle des drones russes en Pologne ce matin. Triste Europe.