La Ligue nationale de football professionnel (LNFP) a annoncé une mesure attendue et saluée par les observateurs : l’adoption d’un nouveau texte visant à réglementer de manière stricte l’activité des ramasseurs de balle, applicable dès cette saison 2025-2026.

Lors de sa réunion du mardi 9 septembre, le comité directeur de la LNFP a finalisé les détails de ce texte, considéré comme un « ajout qualitatif à l’écosystème du football« . Selon la LFNP, ce texte vise à garantir la continuité du jeu, à consacrer la neutralité et à unifier les standards entre tous les clubs.

L’objectif final est de renforcer l’image du championnat et d’ancrer les valeurs d’intégrité sur les terrains, à travers la mise en place de « mécanismes organisationnels clairs ».

Cette décision intervient pour répondre à une problématique longuement débattue qui, selon les experts, nuisait à la compétition et à l’image du football national. Selon Moncef El Yazghi, chercheur marocain spécialisé dans les politiques sportives, deux types de pratiques problématiques se présentaient régulièrement.

« D’une part, dans certaines divisions inférieures, il n’est pas rare que des matchs se déroulent sans aucun ramasseur de balle, ce qui ralentit le jeu et nuit au spectacle. D’autre part, et c’est le problème le plus courant, les ramasseurs de balle, généralement issus des catégories de jeunes du club hôte, manquent de neutralité et deviennent des acteurs influençant le cours du match », explique-t-il.

Particulièrement flagrant dans les moments cruciaux d’une rencontre, ce manque de fair-play n’est pas sans conséquence sur le déroulement du jeu. « Lorsque l’équipe locale mène au score dans les dernières minutes, il est fréquent de voir les ramasseurs de balle retarder délibérément la remise du ballon à l’équipe adverse, voire s’engager dans des provocations avec les joueurs de l’équipe adverse. Ce comportement antisportif, en plus de fausser la compétition, peut créer des tensions inutiles et ternir l’image du football marocain, le présentant comme un championnat où les règles de base du fair-play ne sont pas respectées ».

Face à cette situation, Moncef El Yazghi estime qu’une nouvelle réglementation était indispensable. Elle devait s’articuler autour de plusieurs axes fondamentaux, qui semblent aujourd’hui trouver un écho dans la décision de la LNFP :

Fixer un nombre précis de ramasseurs de balle pour chaque match.

Clarifier leur statut et leur provenance, en s’assurant notamment qu’ils bénéficient d’une assurance adéquate, étant donné qu’ils sont exposés à des risques sur le terrain.

Garantir leur neutralité totale.

L’initiative de la LNFP vise donc à « unifier les standards » pour que chaque club ne gère plus cette question « à sa manière, avec un nombre variable et des pratiques différentes ».

En instaurant des règles communes, la Ligue entend corriger des « failles simples mais persistantes » dans le professionnalisme du football marocain et s’assurer que les ramasseurs de balle retrouvent leur rôle initial : celui de fluidifier le jeu, et non de l’influencer.