La commune de Casablanca a annoncé le lancement de l’enquête publique pour le projet de plan d’aménagement de l’arrondissement du Maârif. Cette consultation, d’une durée d’un mois, a commencé le 11 septembre 2025.
Jusqu’au 10 octobre 2025, les citoyens et professionnels sont invités à consulter le projet et à soumettre leurs propositions et avis sur ce projet avant son homologation officielle. Le plan est exposé dans le siège de l’arrondissement du Maârif et le guichet unique d’urbanisme relevant de la commune de Casablanca, où un registre est mis à disposition pour recueillir les observations et oppositions.
Le projet de plan d’aménagement du Maârif devrait remplacer l’ancien plan, approuvé en juin 2014 et arrivé à échéance en 2024.
Le nouveau projet, que Médias24 a examiné, devrait fixer les règles urbanistiques qui régiront ce quartier stratégique de la capitale économique pour les dix prochaines années.
Un projet d’aménagement dans la continuité de son prédécesseur
La comparaison entre le nouveau projet de plan d’aménagement et le plan de 2014 révèle peu de changements significatifs dans le zoning du quartier Maârif. En effet, le principal défi pour l’aménagement urbain dans ce secteur reste la forte densité urbaine, conjuguée à une rareté marquée du foncier disponible.

Le nouveau projet conserve en grande partie le zoning établi par le plan d’aménagement de 2014, avec quelques ajustements mineurs. Au centre du Maârif, la vocation d’immeubles R+5 dédiés à l’habitat est maintenue, avec la possibilité d’implanter des commerces au rez-de-chaussée, ainsi que des bureaux ou des établissements hôteliers. De même, le quartier Palmier conserve sa vocation de zone urbaine mixte en R+4.
Dans la zone Maârif Extension, la vocation de zone villas au nord du boulevard Ibn Sina est préservée, tandis que le reste de la zone est dédié aux immeubles R+5, conformément au plan de 2014. Dans le quartier Polo, un projet urbain a été défini pour une parcelle stratégique située à proximité de la sortie de l’autoroute urbaine.
Les principaux changements d’affectation, ce qui changera dans le quartier Maârif
L’ancienne planification prévoyait de transformer le marché de Derb Ghalef en une zone immobilière de six étages (R+6), incluant des commerces au rez-de-chaussée. Le nouveau plan, en revanche, a opté pour un « équipement public », sans préciser la nature exacte de l’équipement. La zone située en vue du marché de Derb Ghalef, du côté du boulevard Anoual, a été définie comme zone de projet autorisé. Du côté du boulevard Bir Anzarane, le plan a décidé une zone d’immeuble R+6.
À proximité du complexe sportif Mohammed V, la vocation des immeubles reste inchangée. Le seul changement concerne les bâtiments historiques appartenant aux anciens membres des Forces armées royales (FAR). Ces immeubles sont désormais soumis à un projet d’aménagement urbain qui vise à préserver leur caractère patrimonial, tout en leur conférant une nouvelle dynamique.
Un changement d’affectation a été également décidé pour la zone située entre la rue Laârbi Doghmi et le boulevard Ghandi, qui passe d’une zone de villas à une zone d’immeubles de type R+3.
Sur le boulevard Abdelmoumen, une nouvelle zone urbaine mixte a été désignée, et elle doit respecter les dispositions spécifiques à ce secteur. La hauteur maximale des immeubles a été fixée à neuf étages après le boulevard Zerktouni, à sept étages après la faculté de médecine, et à cinq étages après le carrefour menant au marché de Derb Ghalef.
Au niveau du boulevard Brahim Roudani, une friche urbaine près du bureau de pointage des taxis, à l’intersection avec la rue Mohamed Bahi, sera restructurée en une zone urbaine dédiée à l’habitat, aux commerces, aux bureaux et aux équipements hôteliers. Ce projet prévoit la création d’immeubles en R+10, avec une possibilité de passage en R+12 si un établissement hôtelier y est implanté.

Le projet de rénovation urbaine de Derb Ghalef
Au niveau du quartier Derb Ghalef, le secteur situé entre la rue Soumaya et la rue Leonardo da Vinci fera l’objet d’une opération de rénovation urbaine pilotée par la commune.
Ce projet de rénovation urbaine est conçu pour accueillir un programme urbain mixte, s’inscrivant dans la continuité des futurs aménagements prévus pour le quartier des Hôpitaux et le secteur de Derb Ghallef.

Une étude spécifique sera menée afin de définir précisément les composantes du programme ainsi que les modalités de sa mise en œuvre. Le projet sera piloté par une commission préfectorale mixte présidée par le gouverneur de Casablanca.
Le programme de rénovation urbaine de ce secteur vise à valoriser l’espace urbain et à améliorer les conditions de vie des habitants. Il prévoit la création d’équipements et de services publics, le développement d’espaces verts, ainsi que la construction de bâtiments dédiés au commerce et aux services. De plus, le programme inclut la réhabilitation du tissu bâti et du patrimoine architectural et urbanistique, en œuvrant à leur valorisation sur les plans fonctionnel, esthétique, économique, culturel et environnemental.
Prescriptions architecturales prévues dans le projet d’aménagement
Concernant les façades, les couleurs principales, à l’image des autres quartiers de Casablanca, doivent rester dans des tons clairs, comme le blanc ou le crème. L’utilisation de matériaux locaux tels que le marbre ou la pierre est autorisée, à condition de ne pas dépasser 25% de la surface.
Les antennes paraboliques et hertziennes sont interdites sur les façades. Sur les toits, elles doivent être installées à au moins 3 mètres en retrait.
Pour les immeubles collectifs, une seule antenne est autorisée par bâtiment. Les installations individuelles sont interdites.
Le nouveau plan d’aménagement du Maârif intègre une liste de bâtiments désignés pour leur valeur patrimoniale, dans le but d’assurer leur protection. Les nouvelles constructions à proximité devront s’harmoniser avec l’architecture de ces édifices, sans pour autant les imiter.
L’objectif est d’assurer une cohérence visuelle avec le patrimoine existant. Les nouvelles constructions devront témoigner de leur temps tout en respectant l’identité du centre-ville de Casablanca. Ainsi, la nouvelle construction doit respecter les règles suivantes :
Si la parcelle est adjacente à un seul immeuble protégé, la nouvelle construction doit s’aligner sur les caractéristiques de ce dernier. Cela inclut la hauteur finale du bâtiment (le nombre d’étages), la hauteur des niveaux (de dalle à dalle) et la hauteur du rez-de-chaussée.
La parcelle est mitoyenne de deux immeubles protégés, deux scénarios sont possibles :
- Si les hauteurs sont similaires : la nouvelle construction peut s’aligner sur l’un des deux gabarits existants, en respectant les mêmes règles que dans le cas d’une parcelle mitoyenne à un seul immeuble protégé (hauteur totale, hauteur des niveaux et hauteur du rez-de-chaussée).
- Si les hauteurs sont très différentes : la nouvelle construction doit proposer un gabarit intermédiaire. Par exemple, une parcelle située entre un bâtiment de R+3 et un autre de R+5 devra réaliser un immeuble en R+4.
Sur le plan d’efficacité énergétique, le nouveau PA encourage les nouvelles constructions et réhabilitations pour privilégier une conception qui maximise les apports solaires, la ventilation naturelle et l’utilisation des énergies renouvelables. Pour encourager concrètement cette approche, les projets qui respectent ces critères peuvent bénéficier d’une majoration sur leur projet.
De plus, le nouveau projet interdira toute activité présentant un risque de sécurité (incendie, explosion) ou causant des désagréments pour les habitants (bruit, poussière, fumée, odeurs) en zone urbaine. Les terrains ayant servi à des activités à risque devront obtenir une attestation d’acceptabilité environnementale avant toute autorisation de construction ou d’exploitation.