Dans un champ à Béni Mellal, les oliviers sont en pleine floraison. Les branches couvertes de petites fleurs blanches et crème contrastent avec le vert profond des feuilles.
Les arbres portent des grappes florales denses qui annoncent une récolte généreuse. Les agriculteurs, le sourire aux lèvres, observent ce spectacle avec optimisme.
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À la différence de la saison précédente, la campagne oléicole s’annonce prometteuse.
Différents acteurs du secteur s’accordent à dire que si les conditions climatiques restent favorables, et qu’aucune vague de chaleur ne survient d’ici le lancement de la récolte en octobre prochain, il s’agira d’une campagne record.
« Vers une année record pour l’oléiculture »
Lors d’une interview accordée le 10 septembre aux chaînes publiques Al Aoula et 2M, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch a annoncé que la saison des olives sera exceptionnelle, avec une production appelée à doubler.
Joints par nos soins, différents professionnels, notamment dans les régions Fès-Meknès et Marrakech-Safi, deux régions qui concentrent une importante superficie oléicole, nous confirment que les prévisions pour la saison sont encourageantes.
Rachid Benali, président de l’Interprofession marocaine de l’olive (Interprolive), nous assure que « nous allons vers une année record pour le secteur ».
« En principe, ce sera une bonne année autant pour l’olive que pour l’huile d’olive, sauf si des conditions climatiques exceptionnelles surviennent, comme le récent passage de grêle à Outat El Haj, ou encore d’éventuelles vagues de chaleur qui pourraient impacter la production », souligne-t-il.
Des conditions climatiques favorables…
Cette situation est due à des conditions climatiques clémentes, d’après des oléiculteurs contactés par Médias24.
Tout d’abord, « lors de la floraison, l’olivier a besoin de 300 heures de froid. La région Marrakech-Safi a connu des températures particulièrement basses durant les mois de février et mars », nous explique l’un d’entre eux. Il en est de même pour la région Fès-Meknès, selon nos autres interlocuteurs.
« Les pluies enregistrées durant les mois de mars et avril ont également été bénéfiques à l’olivier, qui est bien chargé à présent », ajoutent-ils, soulignant que « les vagues de chaleur enregistrées jusqu’à présent n’ont pas été suffisamment intenses pour avoir un impact négatif sur l’olivier ».
D’après nos sources dans la région Marrakech-Safi, « l’optimisme est tel que le festival de l’olivier à Al Attaouia sera peut-être à nouveau organisé cette année à Marrakech, un événement qui n’avait plus eu lieu depuis cinq ans. Une preuve supplémentaire que la campagne s’annonce prometteuse ».
… et une année de repos pour les oliviers
Un autre professionnel de la Coopérative agricole Zaouia à Marrakech évoque pour sa part le repos dont ont bénéficié les arbres l’an passé.
Outre les conditions climatiques, « la production s’annonce meilleure cette année grâce notamment au repos de l’an passé, durant lequel la production avait été faible ».
« En hiver, l’olivier a besoin d’un certain nombre d’heures de froid pour bien se développer. Or, l’hiver passé avait été un peu doux, ce qui n’avait pas permis aux fleurs de bénéficier du froid nécessaire, entraînant une floraison faible. C’était donc une année off« , ajoute-t-il.
« Les conditions climatiques ont été bien meilleures cette année. Les périodes de froid ont été suffisantes et, surtout, le moment de la floraison a coïncidé avec un climat idéal, sans vagues de chaleur comme celles qui avaient marqué les deux dernières années. »
« Il s’agit d’un phénomène d’alternance. Après une année de faible production, la récolte est généralement meilleure l’année suivante, si les conditions climatiques sont favorables ».
Huile d’olive : vers des prix plus bas que l’an passé
Quid des prix de l’huile d’olive ? « Il est encore tôt pour se prononcer sur ce volet. Ce que l’on peut toutefois confirmer, c’est que les prix seront plus bas que l’an passé ».
Une information confirmée par Rachid Benali. « Les conditions actuelles impliquent automatiquement une baisse des prix par rapport à l’an passé », nous déclare-t-il, estimant que « le prix du litre ne devrait pas dépasser 55 DH« , contre plus de 100 DH la saison précédente.
« L’olive sur arbre est actuellement négociée entre 5 et 5,5 DH/ kg, contre 10 DH/kg l’année passée. Il s’agit, à ce stade, des premières ventes sur arbre. Les prix pourraient baisser si la production s’avère abondante », souligne notre interlocuteur de la Coopérative Zaouia.
Ce dernier rappelle que « le kilogramme d’olives sur arbre avait atteint jusqu’à 15 DH/kg vers la fin de la récolte de l’an passé ».
« On peut donc assurer que les prix seront plus bas que ceux pratiqués l’année dernière, sans estimer avec précision le prix du litre d’huile d’olive. puisqu’il dépend de plusieurs facteurs, notamment le taux de rendement, qu’on ne connaîtra qu’au début de la phase de trituration ». Celle-ci devrait démarrer vers fin octobre ou début novembre, après la récolte prévue à partir de mi-octobre prochain.
Et d’ajouter : « Ce taux de rendement dépend également des différentes variétés« . L’autre facteur évoqué par notre interlocuteur est celui de la concurrence, qui pourrait impacter les prix à la baisse, si la production est abondante ».
Les agriculteurs espèrent toutefois qu’aucune vague de chaleur ne surviendra d’ici le démarrage de la récolte, afin de ne pas compromettre la campagne.