La politique d’assouplissement engagée par Bank Al-Maghrib, marquée par la baisse du taux directeur à 2,25% en mars 2025, commence à se répercuter sur le marché du crédit immobilier.

Depuis le premier trimestre, les taux appliqués par les banques ont reculé de manière notable, améliorant les conditions de financement pour les emprunteurs.

Cette détente reste contrastée, avec des écarts marqués selon la durée du prêt, le profil des emprunteurs et d’autres paramètres propres à chaque dossier.

L’évolution des taux en 2025 par durée

Entre le premier trimestre 2025 et le trimestre en cours, les taux de crédit immobilier ont connu une baisse significative.

« En effet, on remarque que sur les crédits de 0 à 7 ans, ils sont passés de 4,2% au T1 à 4,1% actuellement« , note Afdal.ma, premier comparateur et courtier en crédit immobilier au Maroc, contacté par nos soins.

« Pour les maturités de 7 à 15 ans, la diminution est plus marquée, de 4,5% à 4,25%. Quant aux prêts de 15 à 25 ans, ils affichent le recul le plus notable, passant de 4,75% à 4,35%. Ainsi, la détente des taux concerne l’ensemble des durées, avec un avantage particulièrement sensible sur les crédits de long terme ».

Nuance des taux sur 25 ans par profil d’emprunteur

Du premier trimestre 2025 au trimestre actuel, les conditions de financement ont évolué à la baisse, mais de manière inégale selon les profils.

« Sur le marché, hors dérogation, les banques continuent d’appliquer des écarts en fonction du niveau de risque ».

« Pour les salariés du secteur privé ou public, les taux tournaient autour de 4,75% en début d’année, avant d’être ramenés à près de 4,6% aujourd’hui ».

« Les professions libérales, elles, bénéficiaient de taux compris entre 4,75% et 4,85% au T1-2025, pour un repli vers 4,65% à 4,75% actuellement. Quant aux chefs d’entreprise, ils faisaient face à des taux pouvant atteindre 5,15% en début d’année, désormais descendus vers 4,9%« .

Apports en fonds propres requis par profil d’emprunteur

« Sur le marché, les exigences en matière d’apport varient fortement selon les profils. Pour les salariés et les retraités du secteur privé ou public, aucun apport n’est exigé, et les salariés de moins de 35 ans peuvent même bénéficier de financements atteignant jusqu’à 110% de la quotité », explique Afdal.ma.

« Du côté des professions libérales, certains profils stables, comme les médecins, architectes ou notaires, peuvent obtenir des financements jusqu’à 100%, tandis que pour les autres, un apport compris entre 10% et 20% est généralement requis ».

« Les chefs d’entreprise, en revanche, doivent souvent mobiliser des apports allant de 20% à 30%, en raison du risque perçu par les banques ».

« Quant aux MRE (Marocains résidant à l’étranger), un apport est systématique – généralement situé entre 10% et 30% –, mais certaines banques peuvent exiger jusqu’à 50% du prix du bien ».

De ce fait, les conditions sont particulièrement strictes pour les MRE et les chefs d’entreprise, alors que les salariés et certaines professions libérales bénéficient de financements quasi intégraux ».

Taux d’endettement appliqués par profil d’emprunteur

Quel que soit le profil de l’emprunteur, le taux d’endettement appliqué par les banques varie directement en fonction du niveau de revenu.

« Pour des revenus inférieurs ou égaux à 20.000 DH, il est plafonné à 45%. Lorsque les revenus dépassent ce seuil, le plafond est relevé à 50% ».

« Enfin, dans certaines banques, pour des revenus supérieurs à 60.000 DH, le taux d’endettement peut atteindre 55%. En résumé, plus le niveau de revenu est élevé, plus la capacité d’endettement s’élargit, offrant une flexibilité accrue aux profils les plus aisés ».

Taux d’assurance décès-invalidité

« Les taux d’assurance décès-invalidité varient selon la durée du financement et l’âge de l’emprunteur. En moyenne, sur le marché, ils s’établissent à 0,43% du capital emprunté ».