Ces derniers temps, on parle beaucoup de la Bourse de Casablanca. L’indice MASI a dépassé le palier symbolique des 20.000 points avant de repasser en dessous, et la capitalisation boursière a franchi la barre des 1.000 milliards de dirhams (MMDH).
D’un côté, la dynamique du marché et son potentiel ont été largement commentés. De l’autre, une question revient et elle paraît légitime : les petits porteurs contribuent-ils d’une manière ou d’une autre à cet essor ?
Car à plusieurs reprises, on a souligné que ces investisseurs particuliers alimentent les fluctuations et les hausses parfois spectaculaires sur certaines petites capitalisations.
Le retour des petits porteurs et la dynamique des volumes
« Chaque catégorie d’investisseurs joue son rôle en bourse. Oui c’est vrai, on voit clairement le retour en force des petits porteurs et on s’attend à ce que leur nombre continue de progresser dans les années à venir, grâce à plusieurs facteurs« , estime un analyste de la place. Un avis largement partagé par plusieurs analystes interrogés par Médias24.
Dans ce sens, il faut rappeler que le volume échangé sur le marché central a connu un pic proche de 12 MMDH en janvier 2025, avant de revenir autour de 9 MMDH en août.
Or, le volume d’échange reste l’un des indicateurs de la vitalité et de la liquidité du marché.

« Oui, la Bourse a connu des volumes d’échanges importants, synonymes de phases d’activité soutenue et d’un regain d’intérêt des investisseurs, donc on parle de plus de liquidités« , ajoute notre interlocuteur.
« À titre d’exemple, le nombre de contrats sur le marché central est passé d’environ 88.000 en juin 2025 à plus de 144.000 en août, donc il s’agit d’une nette accélération de l’activité tout simplement ».
Entre T1-2023 et T1-2025, la part des personnes physiques dans le volume échangé est passée de 10% à 25%, soit une progression importante en deux ans
« Le retour des IPO et les augmentations de capital (CIH et TGCC), surtout lorsqu’elles connaissent un grand succès, attirent de nouveaux investisseurs particuliers. Ils se disent : nous aussi, nous devons profiter du marché et des nouvelles introductions. Il suffit de rappeler les taux de souscription record de CMGP, Vicenne et d’autres valeurs ».

Selon le même analyste, « la bonne communication autour du marché, une meilleure accessibilité grâce aux plateformes de courtage en ligne et un contexte boursier favorable ont aussi contribué à cette dynamique ».
« Plus la Bourse attire de particuliers, plus les volumes augmentent, la liquidité s’améliore et la dynamique du marché s’élargit à un plus grand nombre de valeurs. Cette participation accrue alimente les hausses, diversifie les échanges et renforce l’attractivité de la place casablancaise pour les investisseurs institutionnels et étrangers », poursuit-il.
« Il s’agit d’un véritable cercle vertueux : une Bourse plus visible attire davantage de particuliers et leur présence rend le marché plus actif et plus profond, créant ainsi les conditions pour franchir de nouveaux paliers de développement ».
Les petits porteurs ont clairement contribué au passage vers les niveaux actuels de la Bourse
« Mais les OPCVM et les institutionnels gardent la part la plus importante. Certains mouvements réalisés par un seul fonds peuvent parfois faire varier fortement le cours d’une entreprise, compte tenu de leur poids ».
« Ces derniers mois, pour ce qui est de nos clients, nous constatons une présence importante des OPCVM qui dynamisent le marché et captent la part la plus significative. Mais nous observons aussi de nombreux nouveaux investisseurs particuliers qui ont ouvert un compte chez nous ».
Que disent les chiffres sur les profils d’investisseurs au T1-2025 ?
Au premier trimestre 2025, le marché boursier a connu une expansion remarquable avec un volume transactionnel total de 33,3 MMDH, en hausse de 185,2% par rapport à la même période en 2024.
La répartition des intervenants montre la prédominance des investisseurs institutionnels. Les OPCVM et les personnes morales marocaines cumulent 66,7% du volume des transactions au T1-2025, tandis que les personnes physiques marocaines atteignent 24,9% et les personnes morales étrangères 4,2%.
Le dynamisme du marché se reflète également dans le nombre de transactions. Les ordres enregistrés sur le marché central ont augmenté à 546.057 au T1-2025, soit une hausse de 85,9% par rapport au T1-2024.
De leur côté, les contrats ont doublé sur un an, passant de 141.193 à 282.947. Cette intensification de l’activité illustre une liquidité accrue et un regain d’intérêt des investisseurs pour la cote casablancaise.
Les OPCVM se distinguent par une position nette acheteuse, avec 14,7 MMDH d’achats pour 8,8 MMDH de ventes, soit une multiplication par plus de trois de leurs achats par rapport au T1-2024.
Les personnes morales marocaines, en revanche, affichent une position nette vendeuse avec 11,6 MMDH de ventes pour 7 MMDH d’achats.
Quant aux personnes physiques marocaines, elles enregistrent 7,7 MMDH d’achats et 7,9 MMDH de ventes, en forte progression par rapport à l’année précédente.