La Réserve fédérale a décidé de baisser ses taux directeurs de 25 pb, les ramenant dans une fourchette comprise entre 4% et 4,25%.

Il s’agit d’une décision qui touche l’ensemble des marchés financiers ainsi que ceux des matières premières. Aux États-Unis, les canaux de transmission sont clairs et tangibles. Le taux d’intérêt constitue le levier le plus immédiat et le plus influent.

Quels impacts sur les marchés, les matières premières et les devises ?

Pour les marchés financiers, cette décision ouvre plusieurs perspectives. Sur les marchés obligataires, la baisse des taux directeurs devrait se traduire par un repli des rendements à court terme, renforçant la courbe de taux si les anticipations d’assouplissement se confirment.

Cela pourrait également soutenir les prix des actifs risqués, notamment les actions, en réduisant le coût du capital et en alimentant les attentes d’une politique plus accommodante.

Toutefois, l’effet positif pourrait être tempéré par le fait que l’inflation demeure élevée. Les investisseurs resteront attentifs aux données à venir, en particulier sur les prix à la consommation et l’emploi, pour évaluer la marge de manœuvre de la Fed.

Sur le plan international, la décision de la Fed risque de peser sur le dollar. Une politique monétaire plus accommodante tend à réduire l’attrait relatif des actifs libellés en dollars, ce qui pourrait entraîner une légère dépréciation de la devise américaine.

Cela aurait pour effet de donner un peu de souffle aux prix des matières premières, souvent corrélés aux mouvements du billet vert.

Par ailleurs, en maintenant la réduction de son bilan parallèlement à l’abaissement des taux, la Fed envoie aussi un message de discipline financière. Le resserrement quantitatif reste à l’agenda, ce qui limite la portée expansionnniste de la baisse de taux et permet de préserver une crédibilité anti-inflation.

« Le Comité continuera de réduire ses avoirs en bons du Trésor ainsi qu’en titres de créance et en titres adossés aux créances hypothécaires. Le Comité réaffirme son ferme engagement à soutenir le plein emploi et à ramener l’inflation vers l’objectif de 2%« , lit-on dans le communiqué.

Une baisse dictée par des pressions politiques ?

Cette décision marque un tournant dans l’orientation de la politique monétaire, après plusieurs mois où les signaux économiques envoyaient des messages contradictoires.

Selon le gouverneur de la Banque centrale, cette décision trouve son explication dans le ralentissement de l’activité économique au premier semestre, la décélération des créations d’emplois et une légère remontée du chômage.

À noter que le taux de chômage aux États-Unis (4,3%) est actuellement l’un des plus bas de l’histoire du pays.

Dans le même temps, l’inflation au mois d’août a atteint 2,9%, au-delà de l’objectif de 2% fixé par la Fed. Pourtant, la Banque a décidé de baisser ses taux.

Un détail intéressant à retenir est que Stephen Miran, conseiller influent de Donald Trump, a rejoint le conseil de la Fed le 16 septembre, avant de voter dès le lendemain, le 17 septembre, pour une baisse plus forte de 50 pb.

Toutefois, la majorité a privilégié une approche graduelle, gardant une marge de manœuvre pour les prochains mois.