La cité des gazelles n’a rien d’une terre apprivoisée. Ses paysages se dévoilent progressivement, comme une confidence livrée aux plus patients.
« C’est un endroit caché », confie Mohamed Takhchi, Président du Conseil Régional du Tourisme de Drâa-Tafilalet. « À la différence de Merzouga, plus accessible et plus connue, ce village reste un refuge pour les voyageurs en quête d’une nature vierge« .
Le chemin qui y mène vaut à lui seul le détour. Traverser la vallée, c’est parcourir près de 200 kilomètres de palmeraies qui s’étendent d’Agdz à Ouled Driss.
Le paysage déroule ses dattiers, ses kasbahs et ses ksours habités, évoquant la richesse des cultures locales. Traditions et mémoire y font ainsi corps avec la beauté du désert.

M’hamid El Ghizlane séduit aussi par une faune riche et surprenante. Aux abords du lac d’Iriki, on peut selon les saisons assister au ballet des flamants roses qui viennent y faire halte. Leurs silhouettes élancées et teintées contrastent avec les ocres du sable et le vert discret des palmeraies. Le point d’eau attire également une grande variété d’oiseaux migrateurs (hérons, canards sauvages ou sternes) dont les battements d’ailes offrent une véritable symphonie aux férus d’ornithologie. Cette richesse animale insoupçonnée dans un environnement aussi aride fait de M’hamid El Ghizlane un endroit unique où l’on mesure toute la fragilité et la force de la vie dans le désert.
Plus loin, l’horizon s’ouvre sur les dunes du Chgaga, immenses vagues de sable intemporelles. Leur solitude et leur silence en font un lieu d’une rare intensité, propice à la redécouverte de soi.

Voix et voies du désert
Deux évènements rythment l’année et donnent à la région une certaine vitalité culturelle. Le Festival Zamane qui met en avant les musiques sahraouies et gnaouies et le Festival international des Nomades, célébrant la culture caravanière.
Mais au-delà des rythmes et des chants, la destination dévoile une autre scène, celle de ses horizons infinis. Randonnées pédestres ou à dos de chameau permettent de s’y aventurer pleinement. « Les gens qui aiment la nature, la découverte et l’authenticité du désert se retrouvent ici », souligne Mohamed Takhchi.
Tout dans cette région respire la profondeur, de l’architecture ancienne aux oasis habitées, en passant par une hospitalité transmise de génération en génération. Là où Merzouga charme par ses dunes spectaculaires et ses infrastructures touristiques, M’hamid El Ghizlane propose une approche plus intimiste. Le lieu se vit, se ressent et se respecte dans sa sobriété.