L’arrivée de Fadlu Davids à la tête de l’équipe première du Raja Club Athletic, en lieu et place de Lassaad Chabbi, s’est accompagnée d’une refonte presque totale du staff des Verts. Seul Hicham Aboucherouane a résisté à la révolution sud-africaine.

« C’est un enfant du club, et il est très important pour l’avenir du Raja. Il sera le deuxième adjoint du coach », nous explique une source proche du club aux trois Ligues des champions africaines. 

En outre, le coach sud-africain s’appuiera sur trois de ses compatriotes pour mener à bien une mission entamée par un premier entraînement organisé le mardi 23 septembre, à l’Académie du Raja à Bouskoura.

Si Davids n’est pas un inconnu aux yeux du peuple Vert, les autres membres de son staff sont des personnages que les fans du Raja ne connaissent pas ou peu. Ce sont des personnages de l’ombre, mais qui seront incontournables dans le quotidien de Banoun et ses coéquipiers. Il s’agit notamment de :

– Darian Wilken : entraîneur adjoint ;

– Mueez Kajee : analyste vidéo ;

– Durrell Butler : préparateur physique ;

– Wayne Sandilands : entraîneur des gardiens.

Le nouveau coach du Raja a fait appel à ceux avec lesquels il partage la même philosophie et qu’il connaît depuis des années. D’ailleurs, ces quatre-là ont une expérience professionnelle commune au Simba Sport Club.

Au vu du timing de l’éviction de Lassaad Chabbi et son staff, celui dirigé par Fadlu Davids aura pour mission de créer une osmose au sein de l’équipe avec des aspirations offensives certaines et une capacité à dominer son adversaire.

Le technicien sud-africain serait également bien inspiré d’intégrer les recrues estivales dans son schéma tactique. Ce que n’a pas su faire son prédécesseur et qui en a certainement pâti au moment de l’évaluation de la direction sportive.

Mais avant de vous proposer une présentation du profil de ses adjoints, quels sont les préceptes tactiques du nouveau coach du Raja ? L’entraîneur de 44 ans, à la carrière de joueur modeste, est un adepte du jeu de possession et de position.

Ce qui n’est pas sans rappeler le style de jeu prôné par Josef Zinnbauer, dont il était adjoint au Raja, lors de la saison du doublé Coupe-Championnat. À la perte du ballon, le natif de la ville du Cap demande à ses joueurs de défendre en avançant afin de le récupérer le plus rapidement possible.

Si l’on se fie à la finale de la Coupe de la Confédération, perdue face à la Renaissance sportive de Berkane, il y a matière à redire sur la manière dont Simba SC a été surclassé par le champion du Maroc, avec une défaite 2 à 0 à l’aller et un nul (1-1) à Zanzibar.

Jeu de possession et de position sont privilégiés

Mais pour atteindre la finale, le club tanzanien s’est montré à son avantage grâce à une maîtrise collective intéressante, avec le deuxième plus haut pourcentage de possession de la compétition (58,1 %).

Simba SC a fini 4e meilleure attaque (12 buts) de la Coupe de la CAF, mais aurait pu en marquer davantage avec plus d’efficacité devant le but. Du moins au vu du score xG (15). Alors comment l’équipe de Fadlu Davids a-t-elle pu être la plus menaçante de la compétition avec 167 tirs, plus haut total ?

Pour l’entraîneur sud-africain, l’implication du gardien est indispensable en phase de construction. La stratégie mise en place ressemble à s’y méprendre à celle instaurée par Roberto de Zerbi avec l’Olympique de Marseille (Ligue 1), mais aussi à Côme (Serie A), sous la houlette de Cesc Fabregas. Toutes proportions gardées bien évidemment.

En phase de construction basse, Fadlu Davids dispose son équipe en 1-4-2-2-2, avec des joueurs qui écartent le bloc adverse afin de faciliter la progression en trouvant l’une des quatre options libres dans l’axe.

C’est-à-dire un jeu de position qui se matérialise à travers un positionnement en 1-4-2-2-2. L’idée est d’attirer l’adversaire pour créer des espaces dans le dos de la défense, tout en essayant de trouver des passes à l’intérieur du jeu pour faire progresser le ballon.

Ce n’est pas un hasard si Simba SC a été l’équipe ayant effectué le plus de passes progressives (971) dans le tournoi continental.

Une fois le premier rideau du pressing dépassé, Fadlu Davids demande, entre autres, à ses joueurs de ne pas se précipiter et de multiplier les temps de possession.

Un peu plus haut sur le terrain, les ailiers ou les latéraux rentrent dans le cœur du jeu afin de fixer la défense et de créer des espaces sur les côtés.

Sans surprise, Simba SC avait le 3ᵉ meilleur total en termes de passes dans le dernier tiers par 90’, mais aussi le meilleur pourcentage de réussite (77,1 %). Son objectif la plupart du temps est de fixer la défense adverse dans l’axe en trouvant des relais dans le cœur du jeu pour libérer les joueurs de côté.

Généralement, les actions se finissent par des centres dans la surface où l’on dénombre une forte présence. Raison pour laquelle Simba SC avait le 2ᵉ plus haut total de ballons touchés dans la surface de réparation (193).

Un pressing intense à la perte du ballon

Sur le plan défensif, chaque perte du ballon est suivie d’une réaction dans les secondes qui suivent pour le récupérer rapidement. Les rôles défensifs sont bien répartis, avec des joueurs qui harcèlent le porteur du ballon, tandis que d’autres assurent un marquage préventif au cas où la sortie de balle adverse est réussie.

Sous la houlette de Fadlu Davids, les attaquants du Simba SC étaient proactifs à la perte du ballon pour le récupérer le plus rapidement possible, tandis que la charnière centrale défendait en avançant afin de réduire l’espace entre les lignes. Ici, les dix joueurs de champ se situent dans un espace restreint d’une quinzaine de mètres entre le joueur le plus haut et celui le plus bas sur le terrain.

Mais globalement, le pressing instauré par Fadlu Davids est assez performant. Son ancienne équipe a ainsi été la meilleure de la compétition dans l’intensité des challenges défensifs (6,3) et de passes permises par possession adverse (8,4).

Cette stratégie comporte toutefois des risques, avec une compacité du bloc qui n’est pas toujours facile à conserver, et surtout des espaces dans le dos des latéraux. Mais sa philosophie promet, même s’il lui faudra  du temps pour infuser dans le groupe. Pour cela, il compte sur un staff qu’il a lui-même constitué.

À commencer par Darian Wilken, entraîneur adjoint. Titulaire des licences UEFA A et A Élite Youth, il a collaboré avec Fadlu Davids au Simba SC et à Maritzburg United. En juillet 2023, il a également été de l’épopée du doublé Coupe-Championnat au Raja, en qualité d’adjoint de Josef Zinnbauer.

« La saison 2023-2024 restera gravée à jamais dans ma mémoire. Remporter la Botola et soulever la Coupe du Trône ensemble comptent parmi les plus grands moments de fierté de ma carrière. Ces souvenirs sont inscrits dans mon cœur et dans l’histoire de ce grand club », s’est réjoui Wilken au moment d’annoncer son retour au Raja sur ses réseaux sociaux.

À l’image de Davids, il a donc pour lui une connaissance assez poussée du championnat et des joueurs marocains. Idem pour Mueez Kajee, l’analyste vidéo, diplômé de Grey College, qui était également de l’aventure du doublé. En revanche, Durrell Butler et Wayne Sandilands ne sont pas des habitués du centre d’entraînement du Raja.

Mueez Kajee, nouvel analyste vidéo du Raja.

Le poste de préparateur physique est souvent sous-estimé par les observateurs et le grand public. Il est pourtant l’un des rouages essentiels au bon déroulement d’une saison. C’est Durrell Butler qui aura désormais cette charge au Raja Club Athletic.

Le biokinésiste et préparateur physique sud-africain, diplômé en psychologie du sport et en biokinésithérapie de l’Université de Johannesburg, a précédemment travaillé avec Fadlu Davids à Simba SC en Tanzanie.

Son arrivée au Raja, à la place du Tunisien Lotfi Marzouk, devrait redonner un second souffle à une équipe qui a montré quelques difficultés à répéter les efforts à haute intensité lors des deux premières rencontres de la saison.

Pour sa part, Wayne Sandilands remplace au pied levé Issam Trabelsi. L’ancien gardien de but sud-africain a notamment évolué à Supersport United, Platinum Stars, Mamelodi Sundowns et Orlando Pirates.

Une fois à la retraite en 2022, il est devenu entraîneur des gardiens. Une fonction qu’il a occupée au Simba SC dans le staff de Fadlu Davids, le nouveau maître à bord. Ce dernier sera attendu sur les résultats tout comme sur sa faculté à gérer un effectif composé de joueurs qui l’ont connu dans un rôle d’adjoint.