La nouvelle déclaration du président de la RFEF tranche avec l’assurance affichée ces derniers mois par certains médias espagnols, et confirme que Casablanca est toujours en lice, au même titre que Madrid et Barcelone, pour abriter la finale du Mondial 2030.

Dans des propos recueillis par l’agence de presse espagnole Europa Press lors du Business Sport Forum organisé par Expansión et Marca, Rafael Louzán a explicitement affiché ses ambitions. « Je crois que l’Espagne, en raison de son leadership dans ce Mondial et du fait qu’elle représente 55% de son organisation, doit prétendre à accueillir cette grande finale », a-t-il déclaré, ajoutant son souhait que ce soit « le meilleur Mondial de l’histoire ».

Le président de la RFEF a rappelé que l’organisation conjointe avec le Portugal et le Maroc nécessitait d’importantes mises à jour des infrastructures espagnoles, héritées du Mondial 1982. Il a chiffré les investissements nécessaires à « un peu plus de 1,4 milliard d’euros« , couvrant à la fois les stades principaux et secondaires, et les infrastructures civiles comme « les aéroports, les routes et le secteur de la santé ».

Rafael Louzán a rappelé la répartition actuelle des sites présélectionnés : 11 pour l’Espagne, 6 pour le Maroc et 3 pour le Portugal, tout en soulignant que « la FIFA aura le dernier mot ». Il a également mentionné deux villes espagnoles ayant de fortes chances d’être confirmées ou ajoutées :

Valence, avec son nouveau stade de 70.000 places qui sera achevé en 2028 et deviendra « probablement le stade le plus moderne du football espagnol ».

Vigo, dont le stade atteindra 27.000 places, un chiffre inférieur aux 43.000 requis par la FIFA, mais le président a noté « l’enthousiasme » du maire et la possibilité d’atteindre « jusqu’à 12 sites parfaitement ».

Pour Rafael Louzán, ce Mondial est un « levier vital » pour moderniser les stades espagnols, citant l’exemple de La Romareda à Saragosse, un stade du Mondial 82 qui « avait grand besoin de cette mise à jour ». Il a insisté sur le fait que le tournoi sera « celui de la durabilité », précisant que les améliorations devront être pérennes. Il a même évoqué avoir suggéré à la FIFA d’abaisser son seuil de 43.000 spectateurs, arguant que le défi est d’assurer un taux d’occupation élevé de ces enceintes après l’événement. Ce Mondial, a-t-il conclu, doit « laisser une empreinte historique ».

Rappelons que le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, avait affirmé en juillet dernier que le choix des stades qui accueilleront les matchs du Mondial 2030 se ferait en coordination étroite entre les trois pays organisateurs – le Maroc, l’Espagne et le Portugal – et en concertation avec la FIFA. « La décision finale sur la question des stades nécessitera encore plusieurs cycles de concertation ».

Dans le cadre de son partenariat tripartite pour l’organisation du Mondial, le Maroc ambitionne que le « Grand Stade Hassan II » de Casablanca, actuellement en construction, soit choisi pour accueillir la finale du tournoi. Cette enceinte sportive figurera parmi les plus grands stades du monde, avec une capacité d’accueil pouvant atteindre 115.000 spectateurs.

Selon nos sources, la décision ne sera pas prise avant 2026 ou 2027. La part de 55% du Mondial mise en avant par le président de la Fédération espagnole est fausse. En effet, la base de ce calcul est le nombre de stades. Alors que la bonne méthode consiste à choisir le nombre de matchs comme critère. En raison de sa politique régionale et du poids des régions, l’Espagne est obligée de délocaliser et de répartir le maximum de matchs sur son territoire.

Enfin, il va sans dire que l’Espagne et le Portugal représentent l’Europe dans l’organisation du Mondial 2030 ; et le Maroc l’Afrique. L’Afrique qui jusqu’à présent n’a accueilli qu’une seule finale sur son sol.

La volonté marocaine d’accueillir la finale est donc fortement légitime.