À l’approche du début officiel de la saison agricole 2025/2026, les agriculteurs marocains placent leurs espoirs dans une amélioration des conditions climatiques, après plusieurs saisons marquées par une sécheresse sévère ayant durement affecté de nombreuses filières agricoles.
Cependant, les prévisions météorologiques actuelles, marquées par des phénomènes extrêmes et imprévisibles, suscitent autant d’attentes que d’inquiétudes.
Ouragan Gabrielle : impact prévisionnel moindre sur le Maroc
Au cours de cette semaine, l’ouragan Gabrielle, ayant déjà atteint la catégorie 4 (sur une échelle d’intensité maximale de 5), se dirige vers la péninsule Ibérique, avec une arrivée prévue d’ici la fin de la semaine.
Actuellement, les modèles météorologiques ne pourront calculer la trajectoire exacte de l’ouragan qu’une fois que Gabrielle aura atteint les Açores.


Dans ses îles, l’ouragan devrait provoquer des pluies torrentielles et des vents violents, tandis que sur le Portugal continental, des perturbations modérées, incluant de fortes vagues, des vents soutenus et des précipitations importantes, sont attendues.
Selon le modèle météorologique européen, mis à jour le 24 septembre, l’impact sur le Maroc devrait rester minime et n’affectera que modérément les régions du Nord, entre Tanger et Kénitra.

Dans le bassin méditerranéen, un météorologue italien a récemment signalé qu’une masse d’air froid en provenance de l’Europe de l’Est pourrait engendrer une situation inhabituelle, décrite comme une « division glaciale issue du lobe sibérien ». Selon les analyses de la NOAA, l’expert italien estime qu’une anomalie météorologique, d’un caractère quasi hivernal, est inédite pour un mois de septembre et devrait persister jusqu’au 29 septembre. Cette perturbation affectera principalement les côtes italiennes, le nord de l’Algérie, la Tunisie et le nord-ouest de la Libye.
Au Maroc, l’impact de ce cyclone s’est matérialisé par les averses orageuses dans la région de l’Oriental, dont la dernière a été enregistrée la nuit du 23 septembre et qui probablement pourra donner lieu à de faibles intempéries dans la région du Rif.
Au début du mois d’octobre, le modèle européen prévoit un épisode pluvieux plus intense que ceux générés par l’ouragan Gabrielle ou le cyclone subtropical méditerranéen.
Cet épisode, qui proviendra du sud, devrait probablement impacter l’ensemble du territoire national au cours de la première semaine d’octobre.
Doit-on s’attendre à une augmentation du nombre de dépressions coupées ?
Au cours de l’année 2024, les dépressions de coupure (cut-off) ont provoqué au Maroc, plus fréquemment que par le passé, plusieurs épisodes de précipitations intenses et de courte durée.
Imagerie satellitaire montrant la formation d’une dépression coupée au nord du Maroc le 28 octobre 2024.
Une étude récente publiée dans la revue scientifique Nature indique que ces dépressions, caractérisées par une forte intensité et une durée de vie plus longue, devraient devenir plus fréquentes au printemps dans les régions continentales de l’hémisphère Nord (au nord de l’équateur).
Dans le contexte marocain, ces dépressions pourraient-elles devenir la principale cause des phénomènes pluvieux ? Faut-il s’attendre à des épisodes pluvieux plus tardifs ? Des recherches scientifiques doivent être entreprises pour mieux comprendre et modéliser l’évolution des phénomènes climatiques au Maroc, en cette période critique marquée par l’aggravation des événements climatiques extrêmes, dont le pays n’est pas épargné.
Durant ce mois de septembre, les averses orageuses continuent de se manifester dans l’Oriental, le sud-est du pays et les régions des monts de l’Atlas. Ces précipitations ont entraîné une montée des eaux importante dans plusieurs cours d’eau, provoquant des crues localisées.
Ces phénomènes ont coïncidé avec les vagues de chaleur spectaculaires qui ont frappé plusieurs villes marocaines durant la semaine du 15 septembre 2025, confirmant l’installation d’une irrégularité climatique marquée dans le pays.

Des records de température historiques en ce mois de septembre
Les données météorologiques récentes révèlent des températures exceptionnellement élevées, coïncidant avec des vagues de radiation solaire répétitives et intenses tout au long du mois de septembre 2025.
À Casablanca, par exemple, une température ambiante de 38°C a été enregistrée le 18 septembre, marquant un record de chaleur pour un mois de septembre, surpassant même l’année de référence 2024, où les températures maximales n’avaient pas dépassé ce seuil.


À Rabat, des records similaires ont été observés durant la même semaine, avec un mercure dépassant les 40°C, une température habituellement réservée à des villes intérieures comme Marrakech. Cette dernière n’a pas été épargnée, enregistrant des pics de chaleur significatifs.
Un écart important entre les températures minimales au petit matin et les maximales en milieu de journée a également été noté, accentuant le stress thermique dans ces régions.


Ces événements extrêmes, allant des vagues de chaleur aux averses orageuses, soulignent l’installation d’une irrégularité climatique au Maroc.
Les agriculteurs, bien que pleins d’espoir pour la saison à venir, doivent composer avec des conditions météorologiques imprévisibles qui continuent de défier les schémas traditionnels.