Cette enquête lève le voile sur ce que beaucoup savent, mais que personne n’ose exprimer : les zones d’ombre de la trajectoire du président algérien Abdelmadjid Tebboune. C’est ainsi que la présente le journaliste franco-algérien Mohamed Sifaoui dans la première vidéo d’une série qualifiée « d’explosive ». Une enquête qui se veut nécessaire pour comprendre le vrai visage du système Tebboune.
Fruit de « plus d’un an d’investigation et de recoupements », selon son réalisateur, ce premier volet retrace le parcours du président algérien, de ses frasques parisiennes à son éviction humiliante par le général Toufik, l’ancien patron du DRS, en passant par sa longue traversée du désert à Adrar et son retour grâce à Bouteflika.
Le récit brosse le portrait d’un homme jugé « médiocre, promu par intrigues, copinage et régionalisme, qui a su se maintenir au sommet malgré scandales et compromissions ». On y découvre comment un ministre affairiste, perdu entre maîtresses, commerce de pois chiche et scandale Khalifa, a fini par devenir président d’un État en crise.
La vidéo s’attarde également sur l’affaire Nacer El Djen, révélatrice du chaos, des mensonges et des manipulations qui gangrènent le régime algérien.
Le narrateur affirme avoir vérifié chaque information et défend l’idée que la vie privée d’un responsable politique peut être révélée lorsqu’elle éclaire ses fonctions publiques. Ainsi, Tebboune est décrit comme menant une double vie entre Alger et Paris. Dans les années 1980, alors wali de Tizi Ouzou, il a, selon la même source, offert à une maîtresse un bar et un appartement parisien en échange d’une concession minière. Plus tard, devenu ministre délégué à l’Intérieur, il poursuit ce mode de vie. La suite fourmille de détails tout aussi glauques.
Un incident à Paris – une altercation liée à cette maîtresse, consignée par la police française et transmise aux services de renseignement – précipite son éviction du gouvernement en 1992. Retiré à Adrar, il se reconvertit dans les affaires et se rapproche de cercles soufis avant de tisser des liens avec Abdelaziz Bouteflika.
Revenu au gouvernement en 1999, notamment comme ministre de l’Habitat, il se retrouve éclaboussé par le scandale Khalifa : placements douteux, avantages indus, carte bancaire offerte par Khalifa… Poursuivi mais jamais condamné grâce à ses appuis, il échappe aux sanctions.
Après une nouvelle mise à l’écart, il réapparaît en 2012, toujours porté par les soutiens du sérail et une mémoire politique sélective.