Dans le ciel du football européen, la constellation des internationaux marocains continue d’illuminer les plus grands stades. Parmi elles, quatre étoiles scintillent de mille feux. Certaines par des éclats décisifs, d’autres par une lumière plus tamisée, mais tout aussi essentielle, afin d’éclairer le parcours de leurs équipes.
Outre Anas Zaroury (3 buts) et Bilal El Khannouss (1), qui ont brillé ce jeudi en Ligue Europa, mais encore Azzedine Ounahi, auteur d’un sublime but avec Gerone en milieu de semaine, Nayef Aguerd, Noussair Mazraoui, Neil El Aynaoui et Hamza Igamane dessinent ensemble une trajectoire ascendante qui tombe à point nommé, à quelques semaines du début de la Coupe d’Afrique des nations 2025, dont le Maroc est favori.
Nayef Aguerd, le roc défensif qui fait gagner son équipe
À 29 ans, le défenseur de l’Olympique de Marseille semble avoir enfin trouvé un environnement où il peut pleinement exprimer son talent. Prêté dans la dernière heure du Mercato estival par West Ham à l’Olympique de Marseille, le gaucher n’a pas traîné pour se faire une place de choix dans le onze de Roberto de Zerbi.

S’il n’a pas été du voyage au Bernabéu pour y affronter le Real Madrid lors de la première journée de Ligue des Champions en raison d’une commotion cérébrale, Aguerd a disputé l’intégralité des deux derniers matchs de Ligue 1 de son équipe.
Des rencontres où il a été à son avantage des deux côtés du terrain. Son équipe n’y a pas encaissé de but, et il a en plus été l’auteur de deux réalisations, dont le but de la victoire dans le classique du championnat de France face au Paris Saint-Germain.
Toujours aussi dominant dans les duels (72,2 % gagnés au sol, 68,4 % dans les airs), il n’oublie donc pas d’apporter sa touche offensive, avec deux buts, mais aussi une relance propre (88,4% de passes vers l’avant réussies).
Son entraîneur italien est tombé sous le charme, en particulier de sa capacité à gérer la profondeur avec puissance et vitesse. Deux caractéristiques essentielles dans une équipe qui presse haut et laisse donc de l’espace dans le dos de ses défenseurs.
Noussair Mazraoui, la meilleure recrue de Manchester United
Polyvalent, intelligent et rigoureux, Noussair Mazraoui est un joueur essentiel dans le système de jeu de Ruben Amorim à Manchester United. À 27 ans, il alterne entre le rôle de piston et celui de défenseur axial droit dans la défense à cinq instaurée par son entraîneur portugais depuis quelques mois.

Les supporters mancuniens apprécient la fiabilité et le travail de l’ombre de Mazraoui. Selon plusieurs sources outre-Manche, le board de Manchester United estime que c’est la meilleure recrue du club depuis plusieurs années.
En plus d’un professionnalisme à toute épreuve, son sens du placement est apprécié. Il se traduit par 6,7 duels défensifs disputés toutes les 90’ (73,3 % de réussites), tandis que son apport offensif (27,9 passes vers l’avant, 74,2% de réussite) dynamise le couloir droit d’une équipe qui entame enfin un cycle positif après le dernier succès en Premier League face à Chelsea (2-1).
Neil El Aynaoui, un box-to-box de classe mondiale
Neil El Aynaoui n’a que 24 ans, mais on dirait un vieux briscard au vu de ses dernières sorties. Le milieu de l’AS Rome s’est imposé dans un rôle de régulateur dans l’entrejeu romain, et son association dans le double pivot devant la défense avec le Français Manu Koné est pour beaucoup dans la bonne entame de saison de son club.

Bien qu’il ne brille pas par des gestes techniques flamboyants, il règne sur le milieu de terrain par une activité incessante et une intelligence situationnelle qui stabilisent l’équipe. Avec 88,3% de passes vers l’avant réussies et une précision remarquable dans le jeu long (72,7%), le fils du légendaire tennisman marocain Younès El Aynaoui poursuit sa fulgurante progression entamée au RC Lens.
De bon augure pour l’équipe nationale en vue de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Les Lions de l’Atlas ont en effet besoin d’un joueur de son profil. Ce n’est pas un hasard si le sélectionneur national Walid Regragui lui a fait confiance en le titularisant à deux reprises lors du dernier rassemblement de septembre.
Hamza Igamane, la bonne pioche lilloise
Le natif de Tamara est arrivé dans le nord de la France sur la pointe des pieds. Mais il ne lui a pas fallu longtemps pour prendre la mesure de son nouvel environnement en ouvrant son compteur de buts dès sa première apparition.

Hamza Igamane est décisif dès que son entraîneur Bruno Génésio fait appel à lui, comme son but égalisateur hautement important ce jeudi en Ligue Europa, qui a mis son équipe sur les bons rails pour décrocher une première victoire dans la campagne européenne 2025-2026.
Si Lille (LOSC) a misé autant d’argent sur lui (11,5 millions d’euros), malgré la conjoncture économique délicate dans laquelle se trouvent les clubs français, c’est parce que son président Olivier Létang croit dur comme fer en la capacité de l’international marocain à reprendre le flambeau après le départ de Jonathan David à la Juventus. Un joueur dont le profil est semblable à celui de Hamza Igamane.
Les cinq buts et une passe décisive toutes compétitions confondues du Marocain témoignent de son sens du but. Mais son activité va bien au-delà de la surface de réparation, où il touche plus de cinq ballons par match.
Igamane est également impliqué dans les tâches défensives. Une conscience symbolisée par trois duels aériens gagnés par match (57,1%) et même un pressing constant (6,8 duels défensifs gagnés). Des qualités qu’il n’a pas manqué de démontrer lors de ses deux premières sélections en équipe nationale. Tout cela promet en vue de la Coupe d’Afrique des nations 2025.