Le tirage au sort a placé le Maroc dans le groupe C, le plus relevé de la Coupe du monde U20, du moins sur le papier. De toute façon, on aura l’occasion de vérifier cette hypothèse dès ce dimanche 28 septembre, lors de l’entrée en lice de l’équipe du Maroc face à l’Espagne.
En attendant de croiser le fer contre le Brésil (1ᵉʳ octobre) puis le Mexique (4 octobre), les hommes de Mohamed Ouahbi entreront en lice face à l’Espagne (21h), au Estadio Nacional Julio Martínez Prádanos, à Santiago, la capitale du Chili.
« C’est vrai qu’on est tombés dans un des groupes les plus difficiles. Mais, c’était déjà le cas en Coupe d’Afrique, où on a été à la hauteur ! Si on dispute une Coupe du Monde, c’est pour rencontrer les meilleurs », souligne le sélectionneur national, Mohamed Ouahbi dans un entretien accordé à la FIFA.
Dans cette rencontre, il n’est pas question de revanche, mais plutôt de tourner la page d’un passé douloureux, qui a vu respectivement le Maroc et l’Espagne s’incliner en finale de la Coupe d’Afrique des nations U20 et de l’Euro U19.

De part et d’autre donc, l’idée est avant tout de retrouver le chemin de la victoire en compétition officielle. Il est également question de faire bonne figure lors d’un événement dont le Maroc et l’Espagne ont été absents beaucoup trop longtemps.
Si la Rojita n’a plus disputé une Coupe du monde U20 depuis 12 ans, il faut remonter à 2005 pour trouver trace d’une participation du Maroc. Et quelle participation ! Une formidable épopée qui a mis en lumière une bande de jeunes, dont Amine Bourkadi, Mouhcine Iajour et Reda Doulyazal, entre autres.
Une génération de talents qui a réussi à se transcender sous la houlette de Fathi Jamal, actuel directeur du développement au sein de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). À l’époque, l’aventure s’était malheureusement arrêtée dans le dernier carré face à des Nigérians qui faisaient tout sauf leur âge.
Une compétition qui cultive l’art de la surprise
Au vu des derniers vainqueurs de la compétition, l’Ukraine en 2019 et l’Uruguay quatre ans plus tard, ce tournoi ne semble plus être la chasse gardée des grandes nations européennes. Elle cultive de plus en plus l’art de la surprise. Un constat d’autant plus avéré avec l’élargissement de la phase de poules à 24 équipes.
Who will be the next #U20WC champions? 🤔
— FIFA World Cup (@FIFAWorldCup) September 25, 2025
Dès lors, passer au second tour n’est plus un exploit en soi puisque non seulement les deux premières équipes de chacun des six groupes se qualifieront, mais aussi les quatre meilleurs troisièmes.
The groups are set! 👊
Who will win the #U20WC 2025 in Chile? 🏆 #LegendsInTheMaking— FIFA World Cup (@FIFAWorldCup) May 29, 2025
Le sélectionneur national ne dit pas autre chose. « Notre objectif est d’aller le plus loin possible et d’essayer de remporter le titre. On va garder cet esprit et cette ambition, quel que soit l’adversaire ». Un discours teinté d’optimisme malgré une préparation loin d’être idéale.
The #U20WC groups 👇
All eyes on Africa’s rising stars. 🌍 pic.twitter.com/f4nCOzdpgF
— CAF_Online (@CAF_Online) September 27, 2025
Organisé hors dates FIFA, le tournoi sera privé de plusieurs cracks ou stars montantes du ballon rond. Le Maroc n’échappe pas à ce constat. Lors de l’annonce du groupe marocain, Mohamed Ouahbi a regretté l’attitude de certains clubs ayant refusé de libérer leurs joueurs tandis que d’autres Lionceaux de l’Atlas ont préféré décliner la convocation pour mieux se concentrer sur leur carrière en club.
Mais, ils sont nombreux à avoir tout fait pour être de l’aventure. Ils en tireront sans doute bénéfice à l’avenir, comme ce fut le cas pour de grands noms du ballon rond, à l’image de Lionel Messi et Erling Haaland.
« Cette compétition joue un rôle clé dans le développement des jeunes talents, leur offrant une vitrine unique pour se révéler en tant que futurs professionnels », explique à Médias24 Brahim El Yamani, spécialiste de la formation des jeunes et diplômé UEFA A de la Fédération Française de Football (FFF).
Un tel événement représente également « une étape cruciale dans la préparation au plus haut niveau, permettant aux jeunes joueurs d’acquérir une expérience internationale précieuse avant d’intégrer l’équipe A », ajoute l’ancien directeur technique de la formation au Fath Union Sport (FUS) et de l’Ittihad Riadi de Tanger (IRT).
Autant dire que le Chili sera pris d’assaut par les recruteurs du monde entier, en quête de jeunes talents à polir et de futures stars à dénicher. Le Maroc n’en manque pas, malgré le désistement de certains éléments. Mais, ce n’est pas pour autant que le staff de l’équipe nationale verse dans le pessimisme.
Un groupe marocain qualitatif malgré les absents
Le groupe parti au Chili possède assez de qualité pour tenir son rang d’outsider. « Le sélectionneur Mohamed Ouahbi a misé sur une base stable, reconduisant plusieurs cadres titulaires lors de la finale de la CAN U20, notamment le gardien de but Yanis Benchaouch, les défenseurs Hamza Koutoune et Ismaël Baouf, le milieu de terrain Houssam Essadak et les attaquants Othmane Maamma, ou encore Ilias Boumassaoudi », affirme Brahim El Yamani.

« Sur les 21 joueurs convoqués pour cette Coupe du monde U20 2025 au Chili », reprend-il, « 14 ont déjà participé à la CAN U20 2025. Cette continuité témoigne d’une expérience collective importante ». Un groupe dont 6 joueurs évoluent en Botola Pro et qui aura besoin de ce vécu collectif afin de prolonger la dynamique positive sur laquelle surfe le football marocain.
Mais avant de sortir les jumelles pour viser loin, il convient d’abord pour les Marocains de ne pas se projeter plus loin que le bout de leur nez, en commençant par l’emporter ou du moins éviter de perdre face à l’Espagne afin de garder intacte leur chance de qualification en huitièmes de finale. Une tâche qui s’annonce ardue mais loin d’être inconcevable.
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D’une grande qualité, le groupe espagnol est composé de joueurs évoluant dans les deux premières divisions nationales. Animée par la volonté de rattraper le temps perdu après plus de dix ans d’absence en phase finale du Mondial U20, la Rojita n’a plus de secret pour personne sur le plan tactique. Mais ça ne l’empêche pas de gagner pour autant.
Technicien au sein de la Fédération Espagnole de Football depuis début 2024, Paco Gallardo a conduit l’Espagne en finale du Championnat d’Europe des moins de 19 ans cet été, où elle s’est inclinée face aux Pays-Bas.
Plusieurs joueurs seront encore de la partie ce dimanche soir, dont le virevoltant ailier Pablo Garcia. Iker Bravo sera également à surveiller comme le lait sur le feu au sein d’un collectif qui maîtrise les tendances tactiques du football moderne, à l’instar de toutes les équipes en lice dans la compétition.
À savoir, « le pressing haut constant, destiné à récupérer rapidement le ballon et à mettre la pression sur l’adversaire. Les transitions rapides, notamment en contre-attaque, rythment les rencontres et favorisent des phases de jeu spectaculaires », souligne Brahim El Yamani.
Un adversaire redoutable à la perte du ballon
L’Espagne est donc capable à la fois de confisquer le ballon afin de trouver un décalage mais aussi de contres assassins. Certes, la possession, le jeu en triangle, le troisième homme, les combinaisons dans les petits espaces… restent des concepts qui s’apparentent à une marque de fabrique espagnole, mais il faut surtout faire attention au contre-pressing.

La défense marocaine ne sera jamais autant en danger que lorsqu’elle aura récupéré le ballon dans son propre camp. À cet effet, la première relance devra être assurée avec précaution et beaucoup de précision.
Autrement, la Rojita n’aura aucun mal à exploiter la désorganisation du bloc équipe des Lionceaux de l’Atlas qui sera en pleine transition défense-attaque. En outre, les défenseurs marocains devront être vigilants dans leur gestion des centres entrants, délivrés par les ailiers espagnols en rentrant sur leur bon pied.

Sur le plan offensif, l’équipe nationale aura tout intérêt à faire défendre les Espagnols, surtout que les Lionceaux de l’Atlas ont la qualité technique pour multiplier les temps de possession afin de mettre à mal une défense dont la compacité n’est pas un modèle du genre.
En ce sens, les half-spaces, c’est-à-dire la zone entre le latéral et le défenseur, sont quasi systématiquement le point faible de l’arrière-garde de l’Espagne, au même titre que les centres au second poteau.

Des points faibles que n’a certainement pas manqué de souligner le staff de l’équipe nationale, dirigé par Mohamed Ouahbi et secondé par l’ancien international marocain, Jamal Ait Ben Idir.
Un encadrement comprenant aussi « des spécialistes de la performance, comme le préparateur physique Ahmed Azmi, diplômé de l’Institut des cadres Moulay Rachid”, conclut Brahim El Yamani. Verdict, ce dimanche 28 septembre à 21h.