Sous le ciel bleu de Santiago, le Maroc a battu l’Espagne (2-0) avec brio pour son entrée dans la Coupe du monde U20, au pied des majestueuses cimes de la cordillère des Andes.
Ces montagnes imposantes semblaient refléter l’ambition de cette génération, élevée et audacieuse, prête à gravir les sommets qui pourraient les mener vers l’équipe A et les plus grandes compétitions du football mondial. Le Mondial U20 a souvent servi de tremplin vers les grandes carrières.

Lionel Messi et Javier Mascherano ont marqué la Coupe du monde U20 en 2005 avant de briller avec l’Argentine. Andrés Iniesta et Xavi ont été des piliers de l’Espagne après leur sacre chez les moins de 20 ans (1999), et plus récemment Paul Pogba ou Kylian Mbappé ont confirmé leur potentiel après leurs exploits avec les Bleus (2013).

« Cette compétition joue en effet un rôle clé dans le développement des jeunes talents, leur offrant une vitrine unique pour se révéler en tant que futurs professionnels », explique à Médias24 Brahim El Yamani, spécialiste de la formation des jeunes et diplômé UEFA A de la Fédération Française de Football (FFF).
Pour l’ancien directeur technique du FUS et de l’IRT, il s’agit également « d’une étape cruciale dans la préparation au plus haut niveau, permettant aux jeunes joueurs d’acquérir une expérience internationale précieuse avant d’intégrer l’équipe A ».
Cette assertion ne se vérifie pas forcément avec le Maroc, puisque les joueurs qui ont atteint la demi-finale de la Coupe du monde 2022 n’avaient pas disputé de Mondial U20. Il faut remonter à 2005 pour retrouver la trace d’une participation du Maroc dans la compétition.
Le Mondial 2005, un souvenir mémorable
Sous la houlette de Fathi Jamal, actuel directeur du développement du football à la Fédération royale marocaine de football (FRMF), les Lionceaux de l’Atlas avaient atteint le dernier carré grâce à une génération brillante incarnée par Amine Bourkadi, Youssef Rabeh, Mouhcine Iajour et Reda Doulyazal, entre autres.

Leur aventure s’était arrêtée face au Nigeria, certainement éreintés après leur quart de finale légendaire contre l’Italie. Une défaite qui ne les a pas empêchés de briller et de construire de belles carrières, même s’ils n’ont pas connu de réussite en équipe nationale A.
À l’époque, la structuration du football marocain n’était pas encore au niveau qu’elle a atteint aujourd’hui. Autrement dit, la génération menée par Mohamed Ouahbi a toutes les chances de s’imposer et de briller dès maintenant et dans le futur. D’autant qu’elle a lancé sur de bons rails sa compétition au Chili.
Morocco 🆚 Spain#U20WC pic.twitter.com/Ipv88Srhpm
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Yassine Gessime et ses coéquipiers ont battu l’Espagne non seulement au tableau d’affichage mais aussi dans plusieurs compartiments du jeu, que ce soit sur le plan athlétique, technique ou tactique.
La maturité dont ils ont fait preuve lors de leurs temps faibles est aussi admirable que bluffante pour des jeunes qui n’ont pas eu à se soucier des risques de bug informatique en l’an 2000. Le plus âgé d’entre eux étant né après le parcours de ses aînés lors de la Coupe du monde 2005.
« Le sélectionneur Mohamed Ouahbi a misé sur une base stable, reconduisant plusieurs cadres titulaires lors de la finale de la CAN U20, notamment le gardien de but Yanis Benchaouch, les défenseurs Hamza Koutoune et Ismaël Baouf, le milieu de terrain Houssam Essadak et les attaquants Othmane Maamma, ou encore Ilias Boumassaoudi », précise Brahim El Yamani.
Les Lionceaux de l’Atlas visent toujours plus haut
Malgré l’absence de certains talents retenus par leurs clubs, ce noyau dur donne au Maroc l’allure d’un outsider sérieux, capable de jouer les trouble-fêtes. Au fond d’eux, l’équipe a un supplément d’âme nourri par la douleur de leur défaite en finale de la CAN U20 face à l’Afrique du Sud.
Pour aller le plus loin possible dans la compétition, les protégés de Mohamed Ouahbi devront garder les pieds sur terre. À commencer par la deuxième journée du groupe C, où ils seront opposés au Brésil, dans la nuit de mercredi à jeudi 1er octobre (minuit), avant d’affronter le Mexique, samedi 4 octobre.
The groups are set! 👊
Who will win the #U20WC 2025 in Chile? 🏆 #LegendsInTheMaking— FIFA World Cup (@FIFAWorldCup) May 29, 2025
Au vu des derniers vainqueurs, l’Ukraine en 2019 et l’Uruguay en 2023, ce tournoi ne semble plus être la chasse gardée des grandes nations européennes et sud-américaines. Avec son élargissement à 24 équipes, il cultive même l’art de la surprise.
Who will be the next #U20WC champions? 🤔
— FIFA World Cup (@FIFAWorldCup) September 25, 2025
Pour faire simple, les chances du Maroc sont réelles, avec une génération talentueuse, motivée et qui n’a pas froid aux yeux. Les Lionceaux de l’Atlas peuvent légitimement rêver d’un parcours ambitieux et d’une qualification au-delà de la phase de groupes, d’autant que les quatre meilleurs troisièmes sont également qualifiés au second tour.
La victoire des hommes de Mohamed Ouahbi face à l’Espagne constitue un pas de géant vers les huitièmes de finale, puisqu’un simple point lors des deux dernières rencontres suffirait presque à assurer leur place parmi les seize qualifiés.
Mais le Maroc ne se contente plus de ces calculs d’apothicaire. Désormais, il s’agit de s’imposer sur le terrain et de viser toujours plus haut, dans ce Mondial U20 comme au-delà.