Le duel Maroc-Brésil se jouera à l’Estadio Nacional Julio Martínez Prádanos, à Santiago, la capitale du Chili. Il sera le théâtre d’un passionnant choc entre le Maroc et le Brésil, ce jeudi 2 octobre (minuit), dans le cadre de la 2ᵉ journée du groupe C de la Coupe du monde U20.
Il y a une vingtaine d’années, les deux sélections s’étaient rencontrées lors de la petite finale de l’édition 2005, qui avait vu la 3ᵉ place échapper à la bande à Fathi Jamal sur un fil (2-1).
À l’époque, ce résultat était tout de même considéré comme un exploit en soi, au regard du caractère inattendu de l’épopée du Maroc. Deux décennies plus tard, voir le Maroc nourrir des aspérités dans cette compétition relève de l’évidence, tant le football de sélection marocain surfe sur une vague positive depuis quelques années, prolongée par la victoire inaugurale face à l’Espagne (2-0) dimanche 28 septembre.
Mais, ce nouveau statut se heurte malgré tout à la nécessité de maintenir un équilibre fragile entre ambitions et humilité.

Contre le Brésil, le Maroc veut garder le même état d’esprit que face à l’Espagne
“Nous devons aborder la rencontre face au Brésil avec le même état d’esprit que celui affiché contre l’Espagne”, a souligné le sélectionneur national Mohamed Ouahbi, lors de la traditionnelle conférence d’avant-match.
À savoir, rentrer sur le terrain sans aucun complexe face à un Brésil, dont l’entraîneur, Ramon Menezes, était sur le banc des A lors de la défaite face au Maroc à Tanger (2-1), il y a deux ans de cela, et qui n’était pas particulièrement ravi de se retrouver dans la même poule que le Maroc.
“Lors du tirage au sort de la phase de groupe, j’étais assis près du sélectionneur brésilien et il n’était pas particulièrement ravi de rencontrer le Maroc”, se souvient le technicien marocain.
Mais avant d’affronter le quintuple champion du monde de la catégorie, Mohamed Ouahbi a tenté de dégonfler les têtes et de faire redescendre rapidement ses joueurs de leur nuage, après le succès contre la Rojita.
“Ce ne sont que trois points au final. Le chemin est encore long. Nous devons rester humbles”, a souligné M. Ouahbi au sortir de la précédente rencontre. Un discours bien senti qui met aussi en exergue les dangers qui guettent Othmane Maama et ses coéquipiers.
Car à cet âge, les joueurs ne sont pas seulement en quête de constance technique et tactique sur le terrain mais aussi sur le plan émotionnel. Tout se jouera sur la capacité de l’équipe du Maroc U20 à ne pas tomber dans un excès de confiance qui risquerait de faire baisser leur seuil de vigilance.
Un état émotionnel excessif pourrait les amener à déjouer, alors qu’il leur suffirait de reproduire la même recette que face à l’Espagne pour obtenir au moins un point. Ceci leur permettrait d’être parmi les quatre meilleurs troisièmes, qualifiés pour les huitièmes de finale.
D’autant que le Brésil partage plusieurs points forts et faibles sur le terrain aussi bien avec l’Espagne que le Maroc. Sauf qu’après son match nul concédé contre le Mexique (2-2), le Brésil sera davantage dans l’urgence que l’équipe nationale.
Une élimination à ce stade de la compétition serait sans doute dramatique dans le pays où le football est élevé au rang d’une religion.
Qui plus est, la sélection brésilienne n’avait jamais connu une période aussi longue sans soulever le trophée suprême. Son dernier succès remonte à 2011, avec une génération emmenée par des joueurs comme Philippe Coutinho, Oscar ou Casemiro.
Autant dire que les hommes de Ramon Menezes sont dans l’obligation de l’emporter et donc de prendre des risques qui auraient pour effet de créer des espaces pour des attaquants marocains qui s’en nourrissent allègrement. Les deux buts marocains contre l’Espagne en sont le parfait exemple.
Des réalisations qui ont mis à l’honneur la qualité de dribble dans les petits espaces et la vision de jeu de Yassine Gessime. La qualité de déplacement et la lucidité dans la surface de réparation de Yassir Zabiri sur le premier.
Puis la puissance et la vitesse d’Othmane Maama et de Gessime sur le second. Si elles sont bien exploitées, ces caractéristiques feront sans doute très mal à la défense brésilienne qui a énormément souffert face à la vivacité et aux mouvements incessants des offensifs mexicains.
En particulier le latéral droit, Igor, dont le placement défensif approximatif tranche avec ses projections offensives toujours dans le bon tempo.

En parlant de ces phases de jeu, le Brésil en a souvent usé contre le Mexique (16 centres) avec un bon pourcentage de réussite (6, soit 37,5%). Mais ce n’est pas l’unique menace qui pèse sur la défense marocaine.
Baouf and co devront garder un œil attentif à Luighi. Auteur de quatre tentatives lors du précédent match (plus haut total de son équipe), l’attaquant de Palmeiras possède déjà une expérience de haut niveau dans le championnat du Brésil.
Arrivé au club paulista en 2016, il en est vite devenu l’une des pépites outre-Atlantique, dans la lignée des Endrick (Real Madrid) et Estevão (Chelsea FC).
En 2023, il inscrit la bagatelle de 21 buts en 22 matches avec les U17, ce qui lui a valu d’être appelé en équipe du Brésil pour disputer la Coupe du Monde de cette catégorie d’âge la même année.
Le Mexique a montré le chemin
Donc pour résumer, sur le plan défensif, le Maroc aura fort à faire pour canaliser la profondeur et la variété dont dispose le secteur offensif du Brésil qui, étrangement, n’a pas su retranscrire sur le terrain jusqu’ici (3 tirs cadrés).
Le Mexique a parfaitement manœuvré avec un bloc équipe compact et médian qui coulisse tout en gardant des distances raisonnables entre ses lignes afin d’opérer systématiquement des prises à deux sur les côtés. Cela n’a pas toujours été efficace, mais la stratégie fait sens.
Outre les débordements sur les ailes, les touches longues représentent des situations de jeu que multiplie autant de fois que possible le Brésil. Avec une stratégie qui met en scène un joueur à l’angle des 6 mètres du gardien, avec l’objectif de dévier le ballon au point de penalty ou au second poteau.

Bien qu’ils rendent quelques centimètres à leurs adversaires, les joueurs marocains seraient inspirés d’être durs sur l’homme et d’avoir un timing précis sur le jeu aérien. Tout oubli ou relâchement risque d’être sanctionné face à des joueurs de très haut niveau.
En revanche, on en voudra aux protégés de Mohamed Ouahbi s’ils devenaient soudain amnésiques de leur victoire inaugurale pour ne pas mettre dans cette rencontre les mêmes ingrédients que lors de la précédente. Avec un soupçon d’humilité en plus.
Ce ne sera pas facile mais pas impossible. D’autant qu’ils connaîtront le résultat de l’autre match du groupe C avant d’entrer sur la pelouse. Plus tôt dans la soirée, l’Espagne tentera de rattraper les points perdus face au Mexique à 21h.
Maroc-Brésil : à quelle heure, sur quelles chaînes ? (Coupe du monde U20)