Décalage horaire oblige, il était minuit au Maroc ce jeudi 2 octobre lorsque l’équipe nationale U20 du Maroc  a rencontré le Brésil lors de la 2e journée du groupe C de la Coupe du monde de la catégorie.

Malgré l’heure avancée, il était difficile de rater une miette de la victoire (2-1) des Lionceaux de l’Atlas sur le quintuple vainqueur de la compétition, à Santiago au Chili.

Othmane Maama a ouvert le score d’un superbe retourné acrobatique à l’heure de jeu, avant que Yassir Zabiri ne soit à la conclusion d’une action de grande classe initiée par Gessime Yassine (76’). La réduction du score tardive sur penalty de Iago n’a pas modifié l’issue du match.

Une prestation qui a particulièrement plu au public chilien. La bataille tactique dont est sorti vainqueur le technicien marocain, en particulier en seconde mi-temps, a été récompensée d’une qualification pour les hommes de Mohamed Ouahbi en huitièmes de finale du mondial de la catégorie.

Le prochain match opposera le Maroc au Mexique, le samedi 4 octobre. Les Mexicains n’ont pu faire mieux qu’un match nul contre l’Espagne (2-2), quelques heures plus tôt.

Une mi-temps à l’envers…

La qualification marocaine fait écho à celle de la génération de Mouhcine Iajour et Youssef Rabeh, il y a vingt ans. Elle s’est construite sur une défense d’airain, une bonne gestion des temps faibles mais aussi des attaques tranchantes. Après le succès face à l’Espagne, cela commence à ressembler à un projet de jeu bien établi.

Mais la quête de cette victoire n’a pas été un long fleuve tranquille. Le rapport des forces entre les deux équipes s’est matérialisé au milieu de terrain. En conséquence, le jeu s’est déporté là où il y avait encore un peu d’espace, donc sur les côtés. Mais cela avait aussi pour effet d’éloigner le danger des deux surfaces de réparation.

C’est l’une des raisons qui ont conduit les défenses à prendre le pas sur les attaquants. Ce n’est pas le fruit du hasard. Les deux techniciens ont usé de stratégie afin de pouvoir réduire le pouvoir de nuisance adverse.

Même s’il pressait haut par séquences, le Maroc a volontairement laissé le ballon au Brésil afin de réduire les espaces donc, et de l’attirer pour créer de l’espace dans le dos des défenseurs.

Mais à force de ne pas voir le ballon, les joueurs marocains laissèrent le champ libre aux Auriverdes qui étaient à deux doigts d’ouvrir le score par l’intermédiaire de Luighi. Mais Yanis Benchaouch s’est interposé à bon escient (20’) sur un tir quasiment à bout portant.

Il était évident que les Marocains devaient retrouver un peu de maîtrise pour arrêter de continuellement subir les vagues adverses. Mais étonnamment, ils n’ont pas réussi à enchaîner les passes malgré leur qualité technique.

Et pour cause, le staff dirigé par Ramon Jimenez a trouvé le moyen de museler Gessime Yassine, en dépit de l’attitude très offensive d’Igor, le latéral droit qui est censé être l’adversaire direct du joueur de l’Union sportive du littoral de Dunkerque. Pour preuve, c’est lui qui a mis à contribution le portier marocain en fin de première mi-temps d’une tête plongeante.

Concrètement, le Brésil restait à trois derrière en phase de possession. Une ligne composée des deux défenseurs entre lesquels s’insérait un milieu de terrain. Résultat, les attaquants marocains ont eu beaucoup de mal à développer leur jeu en transition.

En dépit de tous ses efforts et appels de balle, Yassir Zabiri n’a quasiment pas réussi à prendre le dessus sur les défenseurs d’en face en première mi-temps.

Les joueurs marocains ont eu un deuxième coup de chaud lorsque l’arbitre a sifflé un penalty avant de revenir sur sa décision après révision des images sur demande de Mohamed Ouahbi.

Mais à cet instant de la rencontre, le Brésil dominait les débats et les Marocains étaient loin du niveau affiché contre l’Espagne quelques jours plus tôt. Luighi, par sa taille, ses dribbles déroutants et sa puissance, la charnière composée des deux Ismaïl, Baouf et Bakhti, n’arrivait pas à le contenir.

Surtout que les appels en profondeur de l’avant-centre ont également mis au supplice l’arrière-garde de l’EN. Bref, le Maroc pouvait s’estimer heureux d’être rentré au vestiaire sans être mené. Tant il n’y a pas eu d’occasions de but à souligner. Cela dit, on s’y attendait un peu. Ce Brésil est nettement supérieur à la Rojita.

…et une mi-temps à l’endroit

Dans l’urgence comptable, suite à leur match nul face au Mexique lors de la première journée du groupe C, le Brésil a entamé le second acte pied au plancher. Joao Cruz n’était pas loin de tromper Yanis Benchaouch en reprenant un centre au second poteau (47’).

Mais sa reprise en taclant a fini dans les extérieurs des cages marocaines. Cela a eu le don de réveiller les Marocains de leur torpeur. Othmane Maama a sonné la révolte en débordant son adversaire direct avant de trouver Gessime Yassine d’un centre en retrait.

Cependant, sa tentative a été renvoyée par le poteau gauche de Rezende Costa (51’). Même Saad El Haddad y est allé de son tir alors qu’il avait été fantomatique jusqu’ici (54’). Une action qui allait être totalement éclipsée par le magnifique retourné acrobatique de Othmane Maama sur un service parfait de Gessime, encore lui, qui s’offre une deuxième passe décisive dans la compétition (60’).

Yassine Gessime a été élu homme du match pour la deuxième fois consécutive, après la victoire du Maroc contre le Brésil (2-1).

Cette ouverture du score était méritée au vu du momentum favorable aux Marocains et en particulier à Gessime et Maama. Ils partageaient une connexion à très haut débit en deuxième période. Et lorsqu’ils ne brillaient pas, c’était Yanis Benchaouch qui prenait le relais.

Comme sur cet arrêt réflexe pour repousser une tête de Ferreira Alvès (66’). La pression devenait de plus en plus intense sur les cages marocaines. C’est le moment choisi par Gessime Yassine pour faire une deuxième offrande à son coéquipier, Yassir Zabiri, après un gros effort de son pourvoyeur pour récupérer le ballon et le décaler.

Le premier a inscrit son deuxième but dans la compétition et donne un avantage définitif au Maroc. Le second en est déjà à sa troisième passe décisive en deux rencontres. À l’évidence, la victoire avait choisi son camp.

La barre transversale de Luighi en est l’illustration (67’). La réduction du score par Iago n’a pas suffi aux Brésiliens pour revenir dans la rencontre malgré une dernière occasion signée Ferreira Alvès dont la tête a frôlé les cages de Benchaouch qui pouvait pousser un grand ouf de soulagement.

Les buts marocains peuvent être visionnés sur FIFA +.