Il s’agit d’un vrai défi, selon le ministre de la Santé. « La procédure administrative existante est complexe. Elle ne dépend pas seulement du ministère de la Santé, mais bien d’autres parties », a-t-il précisé.
« Pour qu’un médecin étranger ou un médecin marocain installé à l’étranger puisse revenir exercer au Maroc, il doit faire valider son équivalence et suivre un parcours administratif lourd. Cela rend l’intégration difficile ».
« Nous [le Maroc, ndlr] ne sommes pas attractifs », affirme-t-il. « Depuis l’ouverture de ce programme légalement, seuls 500 à 600 médecins ont pu en bénéficier, ce qui montre que le Maroc n’est pas suffisamment attractif pour les faire venir ».
Quelques exemples témoignent néanmoins de réussites, notamment à Tinghir, « où un anesthésiste-réanimateur venu du Congo-Brazzaville répond à des appels à toute heure pour travailler ».
« D’autres médecins viennent de Chine ou encore des Marocains rentrés de l’étranger, mais beaucoup rejoignent le secteur privé, ce qui est compréhensible ».
« Au-delà de la procédure administrative, l’attractivité est le vrai enjeu. Pour qu’un médecin accepte de travailler au Maroc, il faut qu’il dispose des moyens et conditions comparables à ceux qu’il avait à l’étranger, en termes d’infrastructures, d’équipements, de gouvernance efficace et de revenu adéquat ».
« La majorité des médecins accepte de réduire leurs revenus d’environ 50%, mais peu tolèrent une réduction trop importante allant jusqu’à 80%. Pour réussir à attirer ces talents, il faut donc créer un environnement favorable, complet et compétitif, notamment en termes de revenu », conclut-il à ce sujet.
> Consultez notre dossier sur la présentation faite le 1er octobre en Commission des secteurs sociaux par le ministre de la Santé