Les hôpitaux sont le troisième axe du volet relatif aux infrastructures de santé. En commission parlementaire, dans la soirée du 1ᵉʳ octobre, le ministre de la Santé a fait le point sur les projets lancés entre 2022 et 2025 et ceux prévus à court terme (2025-2026) et à moyen terme (2027).
Il a toutefois souligné que de tels projets nécessitent du temps, et font face parfois à plusieurs blocages sur lesquels il faut intervenir, ce qui explique la pression sur certains établissements du Royaume.
22 hôpitaux réalisés entre 2022 et 2025
D’après le ministre, entre 2022 et 2025, 22 hôpitaux ont été créés, avec 2.433 lits, répartis comme suit :
Amine Tahraoui a par ailleurs détaillé certains exemples :
– Le Centre hospitalier provincial (CHP) d’Al Hoceïma « était sous-dimensionné. Ce projet nous a permis de répondre aux besoins de près de 400.000 habitants, qui disposent désormais d’un hôpital adapté ».
– À Tétouan, « il n’existait pas de centre ambulatoire, ce qui obligeait les habitants à se rendre dans d’autres villes. Le centre hospitalier de Martil a donc permis de faire face à cette problématique ».
– La commune de Midar, « située en zone montagneuse, n’avait jamais disposé d’hôpital auparavant. Aujourd’hui, son centre de proximité profite à 80.000 habitants. Un hôpital de proximité n’offre pas toutes les spécialités, certes, mais il joue un rôle essentiel de régulation et oriente les patients vers les bons établissements, évitant ainsi aux citoyens de longs déplacements ».
– À Figuig, « il n’y a jamais eu d’hôpital non plus. Nous y avons construit un établissement pour 40.000 habitants, réduisant ainsi la pression sur Bouarfa et Oujda ».
– La ville d’Agadir « connaît également des problèmes bien identifiés. L’infrastructure y fait défaut. La création d’un centre de jour permet d’y ramener toutes les spécialités, alors que les habitants devaient se rendre systématiquement à l’hôpital Hassan II, créant ainsi une pression sur cet établissement ».
24 hôpitaux prévus à moyen terme
En ce qui concerne les projets en cours de réalisation, ils sont au nombre de 24, avec une capacité totale de 2.273 lits, répartis comme suit :
« À Saniat R’mel par exemple, l’hôpital subit une forte pression. Pour réduire la pression sur cet établissement notamment et sur le CHU de Tanger, un nouvel hôpital de spécialités est en cours de construction à Tétouan. Ce projet, qui a connu de nombreux problèmes, est aujourd’hui accéléré pour être opérationnel en décembre 2025″, a souligné Amine Tahraoui.
« L’hôpital de Ouazzane, une ville qui n’avait jamais eu d’hôpital, sera opérationnel en 2026. L’hôpital de Nador, quant à lui, bien qu’équipé et doté de cadres médicaux, est saturé et ne peut plus absorber les besoins des 600.000 habitants. Un projet de CHR y est en cours, dont l’ouverture est prévue entre février et mars 2026″.
En ce qui concerne « l’hôpital de jour d’Ifrane, il sera transformé en hôpital de proximité. Avec une capacité de 30 lits, il est insuffisant, surtout en hiver, lorsque la neige isole la ville. Ce projet, ouvert il y a plus de dix ans et toujours en chantier, a été relancé et devrait être livré vers fin 2025. Je le suis de près chaque semaine ».
Par ailleurs, « une stratégie est lancée pour la prise en charge des maladies mentales, avec une nouvelle vision intégrant les aspects sanitaire, familial, social et professionnel. L’objectif est d’accompagner les patients pour qu’ils ne soient plus réduits à leur maladie. Le Roi a d’ailleurs donné dans ce sens, ce 1er octobre, le coup d’envoi d’un programme pilote qui doit être généralisé à toutes les régions ».
20 hôpitaux programmés d’ici 2027
Enfin, 20 autres projets d’hôpitaux sont programmés à l’horizon 2027, avec une capacité de 2.430 lits. Ces établissements sont répartis comme suit :
« Des réalisations importantes mais insuffisantes »
Pour conclure, « dans ce volet relatif aux infrastructures, il existe une vision, des budgets, mais aussi des difficultés », précise le ministre, « que nous assumons et tentons de surmonter. Les réalisations sont importantes, mais elles restent insuffisantes« .
« Ces projets doivent être accélérés, mais il existe par ailleurs des zones noires où l’offre de soins fait défaut, pour des raisons démographiques ou de planification. Nous les identifions et cherchons des solutions, qu’il s’agisse de réhabilitations urgentes ou de nouveaux projets (comme à Casablanca, Essaouira ou Dakhla) ».
« Ces points noirs ne concernent pas uniquement les infrastructures, puisque certains hôpitaux anciens sont fonctionnels, alors que d’autres connaissent des problèmes de gouvernance et d’équipements (pannes d’électricité, fluides défectueux, etc.), avant même d’arriver aux services de soins comme les blocs opératoires. Cela impacte à la fois les citoyens et les professionnels de santé », a-t-il conclu.


