Parmi les sujets évoqués par Amine Tahraoui, ministre de la Santé, en Commission parlementaire des secteurs sociaux le 1ᵉʳ octobre, figure l’annulation du marché relatif au dossier patient partagé.

Quatre systèmes d’information pour le secteur de la santé

« À mon arrivée au ministère, j’ai constaté la présence de quatre systèmes d’information distincts. Ce n’est pas normal qu’un seul ministère fonctionne avec quatre systèmes séparés. Cela signifie quatre équipes, quatre mises à niveau, quatre sources de problèmes et une difficulté majeure pour le partage des informations », a-t-il révélé.

« Il n’y avait aucune justification valable à cette situation. Heureusement que la gestion de ces systèmes relève d’une petite unité informatique au sein du ministère, dont la formation avait été assurée par le Data Center souverain du Maroc ».

« J’ai donc décidé de supprimer deux systèmes posant de nombreux problèmes. Cette décision n’a pas été prise de manière unilatérale. Nous avons analysé la situation avec des experts ».

« L’objectif pour 2026 est d’avoir un seul système unifié, avec des compétences techniques renforcées pour le gérer. Avec un système unique, il sera possible de le développer et de le moderniser », explique le ministre.

Les raisons de l’annulation du marché du dossier patient partagé

« C’est également la raison de l’annulation du marché du dossier médical partagé. Initialement, le projet prévoyait de créer un dossier médical partagé sur quatre systèmes différents, avec quatre bases de données séparées. Cela aurait coûté 180 MDH quatre fois. Un tel choix aurait créé un problème majeur de coordination avec les sociétés impliquées et aurait nécessité davantage de ressources humaines que nous ne possédons pas. Une telle situation aurait été suicidaire ».

« Parallèlement, la CNSS travaillait sur la feuille de soins électronique. Cette feuille représente un budget annuel compris entre 300 et 400 MDH pour la CNSS ».

« Nous avons découvert que pour aller vers cette feuille de soins partagée, la CNSS avait besoin d’un système central qui rassemble les données, qui fait le cryptage et qui analyse les données. Et c’est exactement le système dont on a besoin pour le dossier patient partagé ».

« J’ai donc proposé d’unifier nos efforts, et de mettre en place un système unifié qui profitera à tous, et qui sera rempli par le secteur privé, le secteur public et les pharmaciens. »

« Grâce à cette décision, nous avons pu réduire le coût de 180 MDH à 15 MDH, tout en garantissant un contrôle total et une efficacité maximale ».

Un projet pilote dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima

« Nous avons eu la chance de collaborer avec une société marocaine, disposant de compétences locales et internationales, évitant ainsi le recours à des prestataires étrangers ».

« Chaque semaine, je me réunis avec eux pour suivre l’avancement de ce chantier. Je leur ai également fixé des défis concrets : par exemple, dans la région pilote de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, ils devaient résoudre toutes les problématiques du système de santé, du centre de santé jusqu’au CHU, et créer une version opérationnelle pour les établissements dépourvus de système en trois mois pour me prouver leur prédisposition à nous accompagner dans le projet du dossier patient partagé ».

« Ils ont relevé le défi. Les systèmes commencent désormais à communiquer entre eux, et nous avons entamé la formation des professionnels de santé. La mise en place part du centre de santé jusqu’aux hôpitaux et CHU, garantissant une transition fluide et opérationnelle vers un système unifié ».