Si on nous avait dit après le tirage au sort de la phase de groupes que le Maroc allait s’offrir coup sur coup le scalp de l’Espagne et celui du Brésil lors de la Coupe du monde U20 au Chili, on n’y aurait certainement pas cru.

Et encore moins au fait que Mohamed Ouahbi se permettrait le luxe de faire jouer les remplaçants pour reposer ses joueurs titulaires lors de la dernière journée du groupe C, face au Mexique, ce samedi 4 octobre (21h), à l’Estadio Elías Figueroa Brander de Valparaíso.

Pourtant, ceci n’est pas une fiction. L’équipe nationale des moins de 20 ans a d’ores et déjà son billet en poche pour les huitièmes de finale. Inconcevable dans un passé récent, ce scénario dit beaucoup de la nouvelle mentalité qui infuse au sein du football de sélection marocain.

Depuis l’épopée des A au Qatar, les ambitions n’ont plus de limite. La médaille de bronze aux Jeux de Paris, le sacre à la Coupe d’Afrique des nations U17, ainsi que les performances des équipes masculines et féminines en futsal témoignent d’un football marocain en plein essor et résolument tourné vers l’excellence.

À côté de ça, la célérité avec laquelle le Maroc a composté son billet pour les huitièmes de finale met aussi en relief la qualité des joueurs du Maeoc, dont plusieurs stars ont été formées au Maroc (Zahouani, Khalifi, Zabiri, Essadik, Bakhty). 

En somme, le sélectionneur national Mohamed Ouahbi a su créer un groupe de joueurs extrêmement talentueux et combatifs, qui ne rechignent pas à faire les efforts les uns pour les autres. Une solidarité mise rudement à l’épreuve en particulier lors de la 1ʳᵉ mi-temps face au Brésil.

Comme contre l’Espagne, les Marocains ont plié mais sans rompre. Leur résilience a été cruciale dans la victoire qui est intervenue en seconde mi-temps lors des deux précédentes rencontres.

Avec une mention spéciale pour Yassine Gessime, impliqué dans tous les buts de son équipe, notamment grâce à trois passes décisives dissemblables : une passe en profondeur, un centre et un décalage dans la surface de réparation. Il a logiquement été élu deux fois de suite joueur du match par la FIFA.

Une variété qui met en lumière la vista du joueur de Dunkerque qui n’a certainement pas fini de faire parler de lui. Même s’il est fort possible qu’il soit préservé par le sélectionneur contre le Mexique.

Donner aux autres joueurs l’occasion de montrer leurs capacités (Mohamed Ouahbi)

« L’équipe connaîtra quelques modifications, mais l’état d’esprit, l’ambition et le plan de base resteront les mêmes », a précisé Mohamed Ouahbi lors de la conférence de presse d’avant-match, vendredi 3 octobre.

« Il est important de donner aux autres joueurs l’occasion de montrer leurs capacités », a-t-il ajouté.

À l’évidence, le technicien marocain ne s’est pas fait des nœuds dans le cerveau pour trancher entre faire jouer ses cadres pour qu’ils gardent le rythme, au risque d’en perdre un ou plusieurs sur blessure, et instaurer le principe de précaution en faisant tourner.

Un Maroc sûr de lui, un Mexique vaillant et acculé

Le sélectionneur a donc choisi la voie de la raison, même si ses titulaires seront sans doute en manque de rythme dans les premières minutes du huitième de finale qui sera disputé le vendredi 10 octobre, contre le 3e du groupe A, B ou F (provisoirement l’Égypte, la République de Corée ou le Nigéria). 

En attendant, c’est une vaillante équipe du Mexique qui s’avance vers un match crucialla victoire sera impérative pour les hommes d’Eduardo Arce, après deux matchs nuls en autant de rencontres dans le groupe C.

Absent de l’édition 2023 organisée en Argentine, « El Tri » a validé son ticket pour l’édition 2025 grâce à sa victoire 2-1 sur le Costa Rica en quarts de finale du Championnat U-20 de la Concacaf 2024, qu’il a ensuite remporté.

Jusqu’à présent, les Mexicains ont brillé par leur faculté à rapidement se projeter vers l’avant, en s’appuyant notamment sur la vision de jeu et la qualité de passe de Gilberto Mora.

Issu du centre de formation du Club Tijuana, il a fait ses grands débuts avec l’équipe senior du Mexique cet été et a disputé la Gold Cup alors qu’il a à peine 16 ans. Elías Montiel sera lui aussi un sacré client pour l’équipe nationale dans l’entrejeu.

Récemment récompensé du Ballon de bronze de la Coupe Intercontinentale 2024, le milieu de terrain de Pachuca a tapé dans l’œil de plusieurs écuries européennes. Il ne devrait pas faire long feu au Mexique.

Une évolution de carrière dont devraient également bénéficier plusieurs Lionceaux de l’Atlas, tant leurs prestations de haut vol ont confirmé leur potentiel. Par chance, nous aurons l’occasion d’en observer d’autres grâce au turnover prévu par Mohamed Ouahbi face au Mexique.

Maroc – Mexique U20. Quelle heure, quelles chaînes ?