Depuis septembre 2024, Bank Al-Maghrib a abaissé son taux directeur de 50 points de base, de 2,75% à 2,25%, afin de soutenir la dynamique économique dans un contexte d’inflation maîtrisée.

Cette détente monétaire contribue à alléger les conditions de financement et à favoriser l’accès au crédit, avec pour effet attendu de stimuler l’activité nationale.

La demande de crédits bancaires s’en trouve renforcée, ce qui profite directement à l’activité des banques. Dans le même temps, le secteur a bénéficié de la détente de la courbe des taux sur le marché obligataire.

Ces évolutions devraient continuer d’influencer positivement les performances et les résultats des banques cotées.

Un RNPG en hausse

C’est ce qui se matérialise dans le résultat net part de groupe (RNPG) cumulé des sept établissements cotés, qui s’est établi à 12,5 MMDH au S1-2025, en hausse de 18,1% par rapport à la même période de 2024.

Cette progression reflète à la fois la reprise du crédit et la détente des taux obligataires, laquelle a contribué à desserrer la pression sur les marges financières.

Dans le détail, Attijariwafa bank reste le poids lourd du secteur avec un RNPG de 5,8 MMDH, en progression de près de 20%.

Derrière, la BCP affiche également une bonne dynamique (+12,8%), tandis que Bank of Africa (BOA) confirme sa montée en puissance avec un résultat net part du groupe de 2,2 MMDH, en hausse de 16%.

CIH Bank signe la meilleure performance relative, avec un bond de près de 40%. Enfin, CFG Bank continue de surprendre avec une progression spectaculaire de 65,7%.

Si l’on élargit le regard aux banques non cotées, la tendance reste tout aussi positive. Saham Bank a réalisé un RNPG de 803 MDH, en forte hausse de 35,5%, tandis que Crédit Agricole du Maroc améliore légèrement ses résultats à 111 MDH (+5%). Ensemble, ces deux acteurs totalisent 914 MDH au S1-2025, contre 699 MDH un an plus tôt.

Au global, en additionnant banques cotées et non cotées, le secteur bancaire marocain a généré 13,4 MMDH de RNPG au premier semestre 2025, soit une progression de 18,9% en un an.

Les autres indicateurs du secteur bancaire

Au-delà des résultats nets, les indicateurs sectoriels confirment la bonne santé du secteur. Le produit net bancaire des sept banques cotées s’est établi à 49,1 MMDH au premier semestre 2025, en progression de 7,4%, soutenu par la baisse des taux et la bonne tenue des marchés financiers.

Dans le détail, le résultat des opérations de marché a bondi de 14,8%, la marge d’intérêts s’est accrue de 6,6% et la marge sur commissions de 4,4%.

Le résultat d’exploitation ressort à 22,5 MMDH, en hausse de 18,6%, grâce à la combinaison d’une croissance du PNB, de la maîtrise des charges et d’un coût du risque en repli de 10,8% à 6,9 MMDH. Cette configuration favorable a permis une nette amélioration de la rentabilité, avec un RNPG cumulé de 12,5 MMDH, en hausse de 18,2% par rapport à S1-2024.

En termes de contribution à cette croissance, Attijariwafa bank se distingue, avec une progression de 973 MDH (+19,8%). Elle est suivie de BCP et de BOA, qui ont ajouté respectivement 331 MDH (+12,8%) et 309 MDH (+15,9%).

Distribution de crédits : un moteur retrouvé

La reprise des crédits a clairement soutenu les résultats du secteur bancaire au premier semestre. « Les derniers chiffres communiqués par les banques montrent que l’ensemble du secteur a renforcé son activité de distribution, ce qui constitue un élément positif pour la solidité de la place », commente une source du marché.

« Par exemple, Attijariwafa bank affiche une croissance de 5% de ses encours, CIH Bank progresse de 10%, BOA de 2%, tandis que Saham Bank enregistre une hausse de 7%. Cette dynamique généralisée confirme que la détente monétaire commence à irriguer l’économie réelle à travers le financement des entreprises et des ménages », ajoute-t-elle.

« Il faut dire que la baisse du taux directeur a commencé à produire ses effets. On observe un redressement tangible des crédits, en particulier ceux destinés à l’investissement productif, ce qui redonne du souffle à la croissance des banques ».

Des perspectives favorables en 2025 et 2026

Les prévisions confirment une trajectoire de croissance régulière pour les grandes banques marocaines. Attijariwafa bank resterait largement en tête avec un RNPG attendu à plus de 11,3 MMDH en 2026, traduisant une progression robuste (+8% par an). La BCP poursuivrait une tendance plus modérée, avec un RNPG de près de 5 MMDH en 2026, soit une croissance moyenne de 6 à 8%.

Les banques de taille intermédiaire affichent des dynamiques différenciées : BMCI est projetée en hausse de près de 20% de son RNPG cumulé entre 2024 et 2026, tandis que CDM maintient une croissance régulière d’environ 6 à 7% par an. Le CIH confirme sa réputation de banque la plus dynamique du secteur, avec un RNPG attendu en hausse de 12% en 2025, puis encore de 8,4% en 2026, grâce à l’extension rapide de son activité.

Au global, les banques cotées devraient porter le RNPG du secteur à 18,5 MMDH en 2025, puis 20,0 MMDH en 2026, soit une croissance moyenne de près de 8% par an. La plupart d’entre elles ont déjà réalisé environ 50% de leurs objectifs 2025 dès la fin du premier semestre, ce qui rend plausible l’atteinte, voire le dépassement, de ces prévisions.

À la mi-2025, la plupart des banques ont déjà réalisé près de 50% de leur RNPG estimé pour l’année, un signal de confiance quant à l’atteinte, voire le dépassement, des objectifs fixés.