Ouarzazate, charmante ville du sud-est du Maroc, se trouve aux portes du désert. Les conditions météorologiques, la luminosité, les décors naturels sont autant d’atouts qui ont attiré les grands réalisateurs du monde entier.

Martin Scorsese à deux reprises a tourné “La dernière tentation du Christ” et “Kundun”, Ridley Scott a choisi la ville pour ses long-métrages Gladiator, Kingdom of Heaven et Exodus : Gods and Kings. Oliver Stone a opté pour la ville pour son film “Alexander”.

décor de Cléopatre à Ouarzazate
Le décor d' »Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre », tourné partiellement au Maroc. Ph : DR

Ouarzazate a alors acquis des airs de Hollywood africain, un surnom qui lui colle à la peau et qui attire des touristes du monde entier.

Leurs décors deviennent une attraction touristique, puisque les visiteurs n’hésitent pas à venir du monde entier pour se retrouver dans les coulisses des grandes productions.

Chaque studio a plusieurs décors qui sont parfois très impressionnants et qu’ils ne détruisent pas. La balade peut prendre 1 h comme plusieurs, selon le tour que vous envisagez de faire.

studio cinéma ouarzazate
Les décors attirent des touristes à l’international vers Ouarzazate. Ph : DR

Ouarzazate dispose de trois studios. Le premier est un musée de cinéma, datant des années 80, qui s’appelait Andromeda. Il se situe en plein centre, à quelques pas de la kasbah de Taourirt. À l’origine, “des Italiens tournaient une série biblique, ainsi, ils tournaient toute l’année. C’est seulement pendant l’été qu’ils repartaient”, confie à Médias24, Zoubir Bouhoute, consultant en tourisme indépendant et ancien président du Centre provincial de tourisme (CPT) Ouarzazate.

Par la suite, ce studio a été transformé en musée pour que les touristes puissent le visiter.

Les studios Atlas et les studios CLA sont également des studios à ne pas rater dans la ville. Un dernier-né a vu le jour, Oasis Studio, de la productrice Khadija Alami.

En 2024, un festival branché de l’électro, Oasis Festival a opté pour les studios Atlas comme lieu. Les festivaliers ont pu s’immerger dans les décors de leurs films préférés. “Les organisateurs nous ont dit que c’est l’un des meilleurs festivals qu’ils ont pu mettre en place”, poursuit notre interlocuteur.

Des lieux propices aux événements

Les lieux de tournage ne sont pas seulement un lieu d’attractivité pendant la visite, mais également un lieu propice pour les événements. “Imaginez, par exemple, un lieu de gala dans le palais de Cléopâtre”, dit en souriant Zoubir Bouhoute. L’impact de ces tournages internationaux apporte un certain “rayonnement”.

L’exemple le plus récent n’est autre que le film Odyssey de Christopher Nolan, qui a eu une visibilité mondiale, avant même de sortir en salles, mettant en avant la ville de Ouarzazate, à l’international.


La ville a de beaux atouts qui favorisent l’attrait cinématographique, comme ses paysages, ses kasbah historiques, sa luminosité.
“C’est grâce au cinéma que le tourisme s’est développé et en contrepartie c’est grâce à l’industrie cinématographique qu’il y a eu de l’activité”, explique l’ancien président du CPT Ouarzazate. Le secteur touristique a été impacté positivement par le cinéma, “mais sans les infrastructures”.

Prenons par exemple un grand tournage international : ce type de production a besoin de 1200 chambres par exemple, avec les équipes de tournage, les techniciens, les figurants, etc. Il ne faut pas oublier le transport touristique, les restaurants, les locations de voitures, le catering. D’après l’expert touristique, l’impact se voit directement dans l’économie locale, puisque des locaux sont engagés en tant que plâtriers, figurants et techniciens.

Les studios de cinéma deviennent de véritables attractions touristiques. D’ailleurs, Zoubir Bouhoute affirme que rares sont les touristes qui viennent à Ouarzazate sans visiter les studios de cinéma. Ces visites rallongent la durée du séjour et permettent aux touristes de s’aventurer vers d’autres activités.

What’s next ?

Ouarzazate a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Zoubir Bouhoute, ancien responsable touristique de la région Drâa Tafilalt, affirme qu’il faudrait des “moyens financiers, une visibilité et le plan d’action.

Il considère que le problème au Maroc n’est pas de poser le diagnostic du plan d’action ou la stratégie, mais plutôt l’exécution des KPIs.

“Pour l’instant nous n’avons que des KPIs élémentaires. Nous sommes toujours bloqués à l’étape où il faut mobiliser des fonds pour faire la promotion. Ils ne voient pas les autres KPI qui peuvent nous aider à avancer, par exemple les marchés que nous pouvons viser”, conclut notre source.