Considérée comme l’une des cités les moins documentées de la région de Doukkala, Lmadina Lgharbia fut fondée par le sultan mérinide Abu Inan au milieu du XIVᵉ siècle. De grande taille et de forme rectangulaire, la cité était protégée par une imposante muraille dotée de tours et de portes défensives.

Pour préparer le terrain aux excavations, une équipe scientifique marocaine de l’INSAP, sous la supervision du professeur Mohammed Belatik, avait mené une étude architecturale des remparts de Lmadina Lgharbia et de son système de défense, en complément de quatre prospections archéologiques.

Une équipe de recherche, composée de professeurs, de chercheurs et d’étudiants en doctorat et en master de l’INSAP et de la faculté des lettres et des sciences humaines d’El Jadida, a ensuite pris le relai et mené une campagne de fouilles archéologiques du 1ᵉʳ au 15 septembre, suivies d’études scientifiques approfondies pour analyser le matériel découvert.

Cette approche multidisciplinaire a concerné :

– l’étude des céramiques (poteries) ;

– l’analyse des grains de plantes et des ossements d’animaux ;

– des relevés topographiques et d’ingénierie des vestiges mis au jour.

Ces efforts ont conduit à des résultats initiaux très prometteurs. Les premières découvertes incluent :

Les vestiges de Bab Marrakech : les archéologues ont mis au jour ce qui pourrait être la porte principale de la ville. La structure est flanquée de deux tours pentagonales, présentant des similitudes architecturales avec les tours mérinides de Bab Chellah.

Des traces de Bab Doukkala : les fouilles ont révélé des vestiges de la porte Bab Doukkala, dont les structures apparaissent endommagées ou détruites par le passé.

– Un dépotoir médiéval : un des dépotoirs de la ville datant de l’époque médiévale a été localisé près de la façade extérieure de Bab Marrakech.

– Les restes d’une habitation : des vestiges archéologiques d’une ancienne habitation ont été découverts. À proximité immédiate se trouvent une fosse de type « matmoura » (silo à grains) ainsi qu’un puits d’eau.

Le site, situé dans le douar Oulad Bouacha (commune de Gharbia), n’avait jamais fait l’objet de recherches archéologiques approfondies auparavant.

Les résultats préliminaires, jugés très encourageants, ouvrent donc une nouvelle page de l’histoire de la région de Doukkala.