À quelques semaines du coup d’envoi de la CAN 2025, le dimanche 21 décembre, tous les matchs comptent. Même la rencontre amicale contre le Bahreïn, organisée ce jeudi 9 octobre (20 h) au Complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat.

En termes d’adversité, il va falloir repasser. Les Bahreïnis ont fini derniers du groupe C dans les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, subissant six défaites pour une seule victoire et trois matchs nuls.

D’ailleurs, l’intérêt du public pour cette rencontre est moindre en comparaison au match face au Niger. De nombreux billets sont encore disponibles sur la plateforme Webook.

Les points en blanc représentent les places encore disponibles.

Mais ce rendez-vous, qui semble a priori sans intérêt, en revêt en réalité une multitude. Car le temps des expérimentations n’est peut-être pas complètement terminé en équipe nationale. Ce rassemblement d’octobre et celui du mois de novembre pourraient être déterminants.

Un schéma tactique qui ne change pas

En attendant, le sélectionneur national, Walid Regragui, sait que son équipe évoluera dans un système de jeu à mi-chemin entre le 1-4-3-3 et le 1-4-2-3-1. Pour faire simple, le triangle au milieu de terrain se déforme au gré des différentes animations, stratégies et situations de jeu, parfois avec une pointe haute, d’autres avec une pointe basse.

En revanche, le staff de l’équipe nationale n’a quasiment aucune certitude sur l’identité du joueur qui composera la charnière centrale aux côtés de Nayef Aguerd, ni sur les joueurs qui complèteront le triangle au milieu de terrain. Et encore moins sur les hommes qu’il alignera aux postes d’ailier gauche et d’avant-centre.

Concrètement, Walid Regragui a des convictions sur la majorité des joueurs qui composeront son onze de départ, à commencer par le portier, puisque Yassine Bounou est incontestable dans les buts de l’équipe nationale.

Le technicien marocain n’imagine pas non plus écarter du onze titulaire des joueurs comme Achraf Hakimi, Nayef Aguerd et Noussair Mazraoui en défense, si ce dernier est épargné par les blessures.

Au milieu de terrain, Sofyan Amrabat est indéboulonnable. La double titularisation de Neil El Aynaoui pendant la fenêtre internationale du mois de septembre est un signal fort envoyé au joueur de l’AS Roma.

Devant, Brahim Diaz est quasi certain d’être lancé dès le coup d’envoi. « Brahim est un grand joueur. Il sera performant et décisif lorsqu’on aura le plus besoin« , assure le sélectionneur national, qui n’a pas la même assurance concernant plusieurs autres postes.

Une charnière centrale à recomposer

Sans détour et à maintes reprises, Walid Regragui a exprimé ses préoccupations au sujet de sa défense centrale. À tel point qu’il cite parmi les options un certain Romain Saïss, disparu des radars depuis juin 2024.

À 35 ans, le joueur d’Al Sadd (Qatar Stars League) a très peu de chances d’honorer une 84e sélection. Mais le fait qu’il soit cité symbolise les difficultés du staff de l’équipe nationale à trouver un complément idéal à Nayef Aguerd.

Jusqu’à récemment, Chadi Riad personnifiait les espoirs du sélectionneur en vue de former la paire avec le gaucher, prêté cette saison par West Ham (Premier League) à l’Olympique de Marseille (Ligue 1).

Cependant, la convalescence, la rééducation et la réathlétisation du défenseur de Crystal Palace après sa rupture des ligaments croisés prennent plus de temps que prévu. Les chances qu’il soit dans le groupe qui disputera la CAN 2025 sont donc très faibles.

Parmi les défenseurs centraux convoqués pour les rendez-vous face au Bahreïn et à la République du Congo, c’est Adam Masina qui tient la corde. Malgré ses dernières prestations convaincantes, le latéral gauche de métier et de formation n’est pas une assurance tous risques.

D’autant qu’il est défenseur central axe gauche dans un système à trois centraux au Torino, la pire défense de cette saison dans le championnat italien, avec 13 buts encaissés en six rencontres.

De quoi semer le doute sur la fiabilité d’Adam Masina contre des adversaires plus coriaces. Dès lors, Jaouad El Yamiq et Abel Abqar pourraient jouer les trouble-fête, même si ce dernier n’a pas été irrésistible lors des rares occasions où il a été lancé par Regragui.

À l’inverse, Jaouad El Yamiq n’a certes pas été impérial, mais pas non plus désastreux. L’autre défenseur central qui a des chances de gagner la confiance du sélectionneur est Abdelhamid Ait Boudlal. Le défenseur de Rennes (Ligue 1) aurait certainement été convoqué pour ce rassemblement s’il n’était pas blessé.

Ait Boudlal a reçu son carton rouge au bout de quelques minutes de jeu lors de sa titularisation face à l’Olympique de Marseille, pour le compte de la 1ʳᵉ journée du championnat de France. Malgré cela, il entre dans les plans de son entraîneur Habib Beye. Il ne serait pas saugrenu qu’il ait également sa chance en sélection en novembre.

Un milieu de terrain à compléter

Au milieu de terrain, l’absence de Azzedine Ounahi sur blessure laisse le champ libre à Neil El Aynaoui dans une position hybride entre celle d’un double pivot devant la défense avec Sofyan Amrabat, et milieu relayeur capable de se projeter et de casser les lignes par la course ou la passe.

Cependant, la troisième pièce du puzzle de l’entrejeu n’est pas encore identifiée de manière précise. Et pour cause, le sélectionneur dispose de plusieurs joueurs capables d’occuper ce rôle.

Un privilège qui devient une équation à résoudre. Qui de Bilal El Khannouss ou Ismail Saibari est le plus à même de remplir ce rôle de créateur ? Pour l’instant, c’est le milieu du PSV Eindhoven qui part avec un léger avantage.

Mais Eliesse Ben Seghir est également en capacité d’occuper ce rôle. D’ailleurs, Walid Regragui n’a pas hésité à le titulariser à ce poste à de multiples reprises.

La polyvalence du nouveau joueur du Bayer Leverkusen est un véritable atout, notamment au vu de la profusion de choix en attaque. Car on doute qu’il puisse damer le pion sur l’aile gauche à Abdessamad Ezzalzouli, qui revient en très grande forme après son entorse de la cheville contractée en fin de saison dernière.

Son retour au premier plan risque de renvoyer Eliesse Ben Seghir sur le banc. A contrario, Brahim Diaz n’a pas à se soucier de son avenir dans le onze. Cela dit, il aurait tout intérêt à ne pas reproduire sa dernière sortie sans saveur contre le Niger.

Autrement, il risquerait d’ouvrir la porte à des joueurs comme Ilyas Akhomach et Amine Adli. Le poste d’avant-centre est également sujet à interrogation. Walid Regragui ne va certainement pas se plaindre d’avoir le choix du roi à ce poste.

Quel avant-centre titulaire ?

Mais on n’aimerait vraiment pas être à sa place au moment de trancher entre Ayoub El Kaabi, Hamza Igamane et Youssef En-Nesyri. Un véritable casse-tête si l’on inclut dans ce secteur Soufiane Rahimi, absent pour ce rassemblement pour cause de blessure. 

S’agissant des avant-centres présents lors de ce rassemblement, ils sont tous dans une bonne forme en ce début de saison avec leurs clubs respectifs :

– Youssef En-Nesyri (Fenerbahçe) : 5 buts et une passe décisive en 14 matchs ;

– Hamza Igamane (Lille) : 3 buts et une passe décisive en 10 matchs ; 

– Ayoub El Kaabi (Olympiakos) : 3 buts et une passe décisive en neuf matchs ; 

Des états de forme qui rendent le choix du sélectionneur encore plus ardu. Mais au regard de la fenêtre internationale du mois de septembre, l’avant-centre du LOSC et celui de l’Olympiakos partent tout de même avec une légère avance sur Youssef En-Nesyri.

Pour autant, un seul d’entre eux sera aligné à la pointe de l’attaque marocaine face au Bahreïn. Une décision lourde de sens, car chaque minute de vécu commun entre les onze titulaires sera déterminante en vue de la Coupe d’Afrique des nations 2025.