Invité sur la chaîne 2M, le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences a reconnu la légitimité des revendications, tout en annonçant des mesures concrètes et en appelant à un dialogue constructif, loin de toute récupération politique.
Qualifiant les manifestations menées par le mouvement Genz212 de « moment de vérité et de sincérité », Younes Sekkouri a insisté sur la nécessité pour l’exécutif de répondre de manière « directe et sérieuse » aux aspirations exprimées.
Pour lui, ces mouvements, émanant du « cœur même de la société marocaine », doivent être préservés « dans le sens le plus noble du terme » afin d’éviter des crises futures plus profondes.
Reddition de comptes et nouvelles priorités
Reconnaissant que la période est marquée par des appels à la démission et à la reddition de comptes, le ministre a estimé que cette dernière est « la clé de voûte de la responsabilité ». Il a toutefois plaidé pour un débat « basé sur les faits et leur exposé complet », loin des jugements hâtifs.
Younes Sekkouri a également admis que le fond du problème n’était pas seulement communicationnel, mais relevait d’une « question de priorités ». Il a reconnu l’émergence d’une « nouvelle génération qui estime que ses priorités n’ont pas été prises en compte dans l’élaboration des politiques publiques ».
Le travail du gouvernement, a-t-il affirmé, doit désormais se concentrer sur les secteurs de la santé et de l’éducation, la garantie d’une vie digne et la lutte contre la corruption.
Portrait d’une génération consciente et organisée
Le ministre a dressé un portrait de cette jeunesse, issue de « l’école marocaine malgré ses défaillances ». Il la décrit comme une génération qui « se distingue par son éloquence et sa capacité à organiser ses idées ». Selon lui, c’est la première génération à forger « entre 60 et 70 % de sa personnalité par elle-même grâce aux moyens de son époque », ce qui la rend plus consciente et plus apte à s’organiser.
« Les jeunes d’aujourd’hui n’acceptent plus la logique hiérarchique et l’attente de longues années pour se réaliser », a-t-il analysé, tout en mettant en garde contre les tentatives de « récupération de ces revendications par les différentes franges politiques ».
Des mesures concrètes annoncées
Passant des paroles aux actes, Younes Sekkouri a annoncé des initiatives concrètes. D’une part, une réforme du Code du travail est en cours, avec un focus particulier sur la situation des agents de sécurité privée, souvent victimes d’exploitation.
Le ministre a confirmé avoir contacté les syndicats pour discuter d’amendements visant à « durcir les sanctions contre les contrevenants » et s’est engagé à faire aboutir ce texte lors de la session parlementaire actuelle.
D’autre part, il a révélé qu’un budget de 1,5 milliard de DH a été alloué à des programmes d’emploi spécifiquement destinés aux jeunes non-diplômés, qui constituent selon lui « le cœur des revendications actuelles ».
En conclusion, tout en appelant les jeunes à « faire preuve de patience pour voir les résultats des réformes », le ministre a insisté sur la nécessité de « bâtir la confiance dans le pays et ses institutions » et de préserver « l’esprit positif et l’élan que ces mouvements ont créés dans la société ».