On se demande encore comment le Maroc a pu attendre les dernières secondes pour prendre le dessus sur le Bahreïn. Malgré des occasions à la pelle, en particulier en première période, les Lions de l’Atlas doivent leur salut à un défenseur, en la personne de Jawad El Yamiq, auteur d’une tête libératrice dans le temps additionnel (1-0), ce jeudi 9 octobre, au Complexe Prince Moulay Abdellah de Rabat.
Une physionomie qui ne récompense pas l’investissement du Onze national. La faute à un gardien adverse auteur du match de sa vie, mais aussi à un manque d’efficacité inquiétant à quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2025.
L’absence de spontanéité sur certaines actions, notamment dans la surface, n’a pas non plus aidé Achraf Hakimi et ses coéquipiers à ouvrir rapidement le score. Il est vrai que l’ambiance dans les tribunes était aussi morose que le ciel de Rabat. Dommage de voir un stade aussi grand et aussi beau, mais dont les gradins sonnaient creux par endroits.
Walid Regragui avait pourtant opté pour une composition résolument tournée vers l’avant, avec pas moins de cinq joueurs à vocation offensive, sans compter les deux latéraux, essentiels dans les manœuvres d’attaque.
التشكيلة الرسمية لمنتخبنا الوطني أمام منتخب البحرين
🚨Tonight’s 𝙎𝙩𝙖𝙧𝙩𝙞𝙣𝙜 𝙓𝙄 against Bahrain#DimaMaghrib 🇲🇦 pic.twitter.com/jXBx07IY7n
— Équipe du Maroc (@EnMaroc) October 9, 2025
En défense centrale, le sélectionneur a choisi d’aligner la paire Jawad El Yamiq-Adam Masina, tandis que Nayef Aguerd ne figurait même pas sur la feuille de match. Achraf Hakimi et Youssef Bellaamari occupaient les couloirs.
Dans l’entrejeu, Neil Aynaoui remplaçait Sofyan Amrabat au poste de sentinelle. Tout au long de l’échauffement, ce dernier est resté en retrait, les mains dans le dos, observant les titulaires à distance pendant que les remplaçants disputaient un toro.
Difficile de dire s’il s’agissait d’un signe de désapprobation ou simplement d’une précaution liée à sa récente blessure. En tout cas, il ne s’est pas échauffé. Devant El Aynaoui, le triangle du milieu était complété par Ismaïl Saibari et Bilal El Khannouss.
En attaque, Abdessamad Ezzalzouli et Brahim Diaz épaulaient Ayoub El Kaabi.
Un adversaire coriace mais à la portée
L’adversaire du jour, 88e au classement FIFA, présentait une équipe expérimentée, dirigée depuis février 2024 par le technicien croate Dragan Talajic. Une équipe dont la majorité des joueurs évoluent dans les pays du Golfe.
Cela s’est vu dès les premières minutes. Les Bahreïnis ont peiné à suivre le rythme imposé par le Onze national. Rapidement, ils ont été asphyxiés par le pressing des Lions de l’Atlas, dominateurs dans les duels au sol comme dans les airs.
Sous pression, les hommes de Talajic ont fini par défendre à dix devant, voire dans leur surface, contraignant le Maroc à faire preuve d’une grande justesse technique dans les petits espaces. Une justesse qui lui a souvent manqué.
À tour de rôle, les joueurs offensifs marocains ont tenté des appels tranchants, souvent mal servis. La première occasion est venue des pieds d’Abde Ezzalzouli, dont le centre a trouvé la tête d’Achraf Hakimi, un peu trop imprécise (10’).
Dans la foulée, Brahim Diaz a obligé Ebrahim Khalil à un bel arrêt réflexe sur une frappe au premier poteau (11’). Mais c’est bien l’ailier du Real Betis qui s’est montré le plus étincelant. Il a été au four et au moulin. Il ne lui manquait plus qu’à dresser la table tant il a dominé ses adversaires en première période.

Sur le corner suivant, parfaitement frappé par Bilal El Khannouss, Jawad El Yamiq a jailli au premier poteau (18’), mais le portier bahreïni a sorti une parade spectaculaire. Une vivacité étonnante au vu de son gabarit imposant, qu’il a confirmée un peu plus tard face à Ayoub El Kaabi (24’).
Le capitaine Achraf Hakimi a ensuite tenté sa chance de loin, sans succès (28’). Derrière, la défense marocaine, incluant Yassine Bounou, n’a presque rien eu à faire, même si Masina et El Yamiq ont parfois manqué d’agressivité.
Les défenseurs marocains se sont d’ailleurs montrés plus dangereux dans la surface adverse que dans la leur. Leur relance, en revanche, a souvent manqué de précision et de verticalité, preuve, s’il en fallait, de l’importance de Nayef Aguerd dans cette équipe.
À la pause, les sifflets du public pouvaient laisser croire à une première période terne. Pourtant, le Maroc s’est procuré une multitude d’occasions, se heurtant tour à tour à un grand gardien et au poteau, comme sur la tête d’Ezzalzouli (37’).
La précision a aussi fait défaut, à l’image du raté d’Ismaïl Saibari, esseulé au second poteau, à un mètre du but, dans les dernières minutes avant la mi-temps.

Au retour des vestiaires, les Bahreïnis ont durci le ton, gênant la relance marocaine. Les Lions de l’Atlas ont eu du mal à remettre du rythme, jusqu’à la 54e minute, lorsque El Kaabi a obligé le gardien à une nouvelle parade sur une tête placée mais peu puissante.
Une action qui a coïncidé avec le réveil du public, dont les encouragements se faisaient plus intenses. Le passage à deux attaquants, avec les entrées d’Hamza Igamane et Youssef En-Neysiri, a aussi redonné de l’allant à l’équipe.

D’ailleurs, En-Neysiri est passé tout près d’exploiter une relance manquée du portier adverse (73’). Difficile de lui en vouloir tant il s’est battu durant vingt bonnes minutes.
Mais ses coéquipiers ont ensuite connu une baisse de régime, relâchant l’étreinte sur la défense bahreïnie. Peu d’occasions notables dans le dernier quart d’heure, hormis une nouvelle tête sortie sur sa ligne par le gardien dans les arrêts de jeu, juste avant le coup de tête salvateur de Jawad El Yamiq, qui permet au Maroc d’égaler le records de l’Espagne en enchaînant une 15e victoire de suite.
