La coordination syndicale nationale du secteur de la santé, qui regroupe les six syndicats les plus représentatifs du secteur, a vivement dénoncé la suspension de plusieurs professionnels de santé à l’hôpital Hassan II d’Agadir. Elle rejette catégoriquement « les tentatives visant, selon elle, à faire porter au personnel de la santé la responsabilité des dysfonctionnements d’un système de santé « en crise depuis des années ».
Réunie le mercredi 8 octobre 2025 à l’invitation du ministre de la Santé et de la Protection sociale, la coordination devait initialement discuter de la mise en œuvre de ce qui reste de l’accord du 23 juillet 2024 conclu avec le gouvernement. Mais, les récents événements survenus à Agadir ont dominé la rencontre, que les syndicats ont consacrée à la défense des professionnels suspendus et à la dénonciation du traitement qu’ils jugent « injuste ».
Dans son communiqué, la coordination syndicale affirme que « les véritables responsables » des drames survenus à l’hôpital d’Agadir sont les politiques publiques successives ayant « affaibli le système de santé », qu’ils expliquent par le manque chronique en ressources humaines, un budget insuffisant, des infrastructures vétustes, une pénurie d’équipements et de médicaments, ainsi que des conditions de travail jugées indécentes.
Les syndicats fustigent par ailleurs la publication par le ministère d’un communiqué informant le public de la suspension des professionnels et de la transmission du rapport de l’Inspection générale à la justice. Ils y voient une forme de « médiatisation des accusations » et une atteinte à la présomption d’innocence, alors même que « l’enquête est toujours en cours », précise le communiqué.
La coordination s’interroge aussi sur « le silence de l’Inspection générale face aux multiples cas de mauvaise gestion et de corruption dans le secteur », estimant que sa soudaine réapparition à Agadir « pour accuser des professionnels de négligence relève d’une stratégie de diversion ».
Pour la coordination, la suspension de praticiens n’apporte aucune solution structurelle : « Les décès continuent de survenir dans le même hôpital, preuve que le problème dépasse les individus », déclare-t-elle.
Les syndicats appellent ainsi le gouvernement à « un traitement en profondeur des dysfonctionnements structurels du système de santé » à travers une réforme fondée sur une réelle volonté politique, la clarification des missions et des responsabilités des professionnels, et la mise en place de textes réglementaires attendus, notamment pour le transport sanitaire et les professions de santé », ajoute la même source.
Tout en exprimant leur « solidarité totale » avec les professionnels suspendus, les représentants syndicaux demandent la levée immédiate des suspensions et le maintien de leurs salaires. Ils mettent en garde contre toute instrumentalisation politique de cette affaire et affirment leur détermination à entreprendre toutes les actions nécessaires pour défendre les travailleurs de la santé et « empêcher qu’ils ne servent de boucs émissaires d’un système défaillant ».