Le secteur cimentier marocain s’impose désormais comme l’un des principaux moteurs de la profitabilité des sociétés cotées.

Au premier semestre 2025, il occupe la deuxième place dans la contribution à la croissance des bénéfices de la cote, juste derrière les banques.

Porté par les performances solides de ses deux acteurs cotés, LafargeHolcim Maroc et Ciments du Maroc, il a généré à lui seul 329 MDH de la hausse globale des profits, sur un total d’environ 3 MMDH pour l’ensemble du marché.

Pour la première fois depuis la crise du Covid-19, le ciment retrouve une place centrale dans la dynamique bénéficiaire, confirmant l’amorce d’un nouveau cycle de croissance après près d’une décennie d’atonie.

Cette évolution montre le rôle stratégique d’un secteur historiquement cyclique et étroitement lié à l’investissement, à la construction et à l’activité économique.

LafargeHolcim Maroc a réalisé un RNPG de 918 MDH et Ciments du Maroc un RNPG de 601 MDH, soit un total de 1.519 MDH pour les deux cimentiers au premier semestre 2025.

Une dynamique soutenue par la reprise de la demande et un environnement plus porteur

« Alors effectivement, le secteur du ciment retrouve sa place. C’est une évolution logique au regard de la période et des projets que le pays traverse, largement favorisée par l’important programme d’infrastructures lié aux prochaines grandes compétitions de football, notamment la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030″, explique un analyste du marché.

« La forte contribution du ciment à la croissance des bénéfices cette année s’explique aussi par un environnement macroéconomique nettement plus favorable », poursuit-il. « L’inflation s’est stabilisée sous les 1% et la politique monétaire est restée accommodante. Ce duo a créé des conditions idéales pour relancer l’investissement et soutenir les grands chantiers ».

Cette amélioration conjoncturelle s’est rapidement répercutée sur la demande intérieure. « L’activité dans le bâtiment, les travaux publics et l’immobilier est repartie à la hausse. Les livraisons de ciment progressent sur la plupart des mois de 2025 par rapport à 2024, ce qui montre que la demande domestique s’intensifie ».

Les cimentiers ont aussi profité d’une amélioration de leurs marges opérationnelles. « Après les années de tension sur les coûts, la détente sur les prix de l’énergie et des matières premières, combinée à des politiques internes d’efficacité industrielle, a permis d’accroître significativement la rentabilité », explique un autre analyste.

« C’est ce cocktail de croissance, de demande soutenue et d’efficacité opérationnelle qui a permis au secteur de retrouver une place centrale dans les bénéfices agrégés ».

Un secteur qui suit naturellement les cycles économiques

« Le ciment reste un secteur par essence cyclique. Ses performances sont directement liées au rythme de l’investissement, à la dynamique de la construction et à l’évolution de la conjoncture. Quand les chantiers se multiplient et que les projets publics s’accélèrent, la demande s’envole ; lorsque l’activité ralentit, l’impact est immédiat sur les volumes et les bénéfices ».

« D’ici 2030, la succession de programmes d’infrastructures, les besoins massifs en logements et les investissements liés aux événements sportifs vont continuer de soutenir la demande et d’alimenter la croissance. Au-delà de cette échéance, la dynamique urbaine, les chantiers de modernisation des territoires et les besoins en infrastructures de transport ou d’énergie devraient maintenir un socle solide d’opportunités pour l’industrie cimentière marocaine », poursuit notre interlocuteur.

« L’hypothèse d’une poursuite de la baisse de la facture énergétique reste un élément de soutien important pour les résultats des cimentiers ».

En parallèle, leurs parcours boursiers montrent qu’ils disposent encore d’un potentiel d’appréciation significatif : Ciments du Maroc n’a progressé que de 3,7% depuis le début de l’année, tandis que LafargeHolcim affiche un repli d’environ 4,5%.

Avec des valorisations jugées attractives autour de 26x pour Ciments du Maroc et 21x pour LafargeHolcim.

« Ces deux titres restent parmi les valeurs de qualité les plus sous-valorisées du marché, portées par des fondamentaux solides et des perspectives de croissance visibles », souligne l’analyste.

Des fondamentaux solides et une politique de distribution attractive

L’amélioration des performances opérationnelles de LafargeHolcim Maroc et de Ciments du Maroc s’accompagne d’une stratégie claire de création de valeur pour les actionnaires.

Les analystes de la place prévoient pour les deux cimentiers une hausse régulière de leurs dividendes sur les prochaines années, signe de leur confiance dans la solidité de leurs résultats et dans la visibilité de leur croissance.

Pour Ciments du Maroc, le dividende par action (DPA) passerait de 60 DH en 2024 à 70 DH en 2025, puis à 75 DH en 2026, soit une progression de plus de 25% en trois ans.

« Cette trajectoire traduit la capacité du groupe à générer des cash-flows solides et récurrents, tout en maintenant une politique de distribution généreuse. Le rendement atteindrait ainsi près de 3,8% à horizon 2026, ce qui est significatif pour une valeur industrielle dans un contexte de taux toujours attractif ».

LafargeHolcim Maroc adopte la même logique, avec un DPA attendu en hausse de 70 DH à 82 DH sur la même période.

« Oui, l’entreprise présente un profil de valeur de rendement. La hausse progressive des dividendes reflète une grande visibilité sur les résultats futurs et une volonté de maintenir l’actionnariat engagé sur le long terme. Dans son cas, le rendement dépasserait les 4% à l’horizon 2026« .

La dynamique de distribution s’accompagne d’une amélioration progressive des valorisations. Pour Ciments du Maroc, le PER devrait reculer à 23,4x en 2026, tandis que celui de LafargeHolcim resterait à 21x sur la même période.

Sur le plan fondamental, les perspectives restent solides. Ciments du Maroc verrait son chiffre d’affaires dépasser les 5,1 MMDH en 2026 (+8%), avec un RNPG attendu à 1,209 MMDH (+32% par rapport à 2024).

LafargeHolcim Maroc, de son côté, dépasserait 9,3 MMDH de revenus et 2,15 MMDH de bénéfices à la même échéance, confortant son statut de leader incontesté.

Graphique
ciments-maroc
Min
1 710.00
Max
2 150.00
10/10/202410/10/2025

Source: medias24.com

Graphique
lafargeholcim-p
Min
1 710.00
Max
2 148.00
10/10/202410/10/2025

Source: medias24.com