S’il faut une bonne attaque pour gagner des matchs, il est impossible d’aller loin dans un tournoi sans une grande défense. La victoire du Maroc face aux États-Unis (3-1), ce dimanche 12 octobre en quart de finale de la Coupe du monde U20, en est la parfaite illustration.
Cette qualification a mis du temps à se dessiner sur la pelouse de l’Estadio El Teniente de Rancagua, au Chili. Elle est le fruit d’une défense d’airain, d’une solidarité à toute épreuve et d’un réalisme froid dans les moments clés.
La glace dans le sang, les hommes de Mohamed Ouahbi ont su frapper au bon moment, notamment grâce à Fouad Zahouani (31′) et Yassine Gessime (87′). Entre-temps, Josh Winders avait, lui, trompé son propre gardien (67′), après l’égalisation de son équipe en fin de première mi-temps (45’+6).

Le Maroc est désormais invité à la table des grands, vingt ans après sa dernière participation dans ce tournoi. Il retrouvera, dans le dernier carré, la France, mercredi 15 octobre à partir de 21h.
Mais on demandera quand même aux Lionceaux de l’Atlas de nous éviter autant de frayeurs. Car à un moment donné, ce Maroc–États-Unis pouvait aussi basculer de l’autre côté.

On ne change pas une équipe qui gagne
Mohamed Ouahbi a reconduit le même onze que celui aligné face à la Corée du Sud en huitièmes. Un onze où Houssam Essadek perd sa place au profit de Naïm Byar.
📝 تشكيلة منتخبنا الوطني أمام الولايات المتحدة
𝐒𝐭𝐚𝐫𝐭𝐢𝐧𝐠 𝐗𝐈 for the match against the United States#DimaMaghrib 🇲🇦 pic.twitter.com/5NW9Knhdap
— Équipe du Maroc (@EnMaroc) October 12, 2025
Au-delà des hommes, quelques ajustements ont également été apportés au niveau des positions. Saad El Haddad occupait le couloir gauche de l’attaque tandis que Yassine Gessime était en soutien de Yassir Zabiri.
À l’image du match précédent, les Lionceaux de l’Atlas ont failli être cueillis à froid dans les premières minutes de la rencontre, lorsque Brooklyn Raines échappa à la défense sur le côté droit avant de centrer au point de penalty.
Heureusement que Ali Maamar était assez vigilant pour s’interposer et repousser le tir de Zavier Gozo (1’).
Entame délicate pour les Lionceaux de l’Atlas. C’est peu de le dire. Ils étaient même incapables d’enchaîner trois passes dans le camp américain. Jusqu’à cette belle sortie de balle où Saad El Haddad, d’une transversale millimétrée, trouva Othmane Maama à l’opposé.
Comme souvent, le débordement du virtuose marocain s’est conclu par un centre brûlant. Toutefois, Saad El Haddad n’a pas réussi à reprendre correctement le ballon (7’).
Deux situations chaudes pour chacune des deux équipes dans les dix premières minutes. De quoi annoncer un quart de finale intense et disputé. Cela dit, la domination restait clairement américaine.

L’équipe nationale peinait à franchir le premier rideau de pression imposé par les États-Unis. Elle perdait le ballon (17 secondes) plus facilement qu’elle ne le récupérait (32 secondes).
Heureusement, l’arrière-garde marocaine veillait au grain. Mais sur les rares incursions dans le dernier tiers, les Lionceaux ont manqué de tranchant.
Alors que le tempo de la rencontre baissait, Zavier Gozo n’était pas loin de surprendre Yassir Benchaouch sur un centre à la trajectoire étrange, qui finit sa course sur la barre transversale du portier marocain.
La réaction des Lionceaux de l’Atlas ne s’est pas fait prier, à travers une transition rapide conclue par un centre au second poteau pour Othmane Maama.
Il s’y est pris à deux reprises pour remettre le ballon au deuxième poteau, où attendait Fouad Zahouani, esseulé, pour ouvrir le score (30’).
La demande de review du coach américain n’a fait que mettre en lumière l’excellente lecture de jeu et la récupération de Saad El Haddad à l’origine de l’action.
Un scénario idéal pour le Maroc. Ce but permettait aux joueurs d’exploiter davantage leur vitesse en contre. Mais avant de se projeter vers l’avant, il fallait d’abord s’arracher derrière pour préserver la cage de Benchaouch.
D’autant qu’en face, les États-Unis ont redoublé d’intensité et accéléré le rythme de leurs transmissions. Les permutations incessantes rendaient la tâche plus ardue pour les Marocains, et les nombreux corners concédés n’arrangeaient rien.
Les hommes de Mohamed Ouahbi ont fait bloc
Pas découragés pour autant, les hommes de Mohamed Ouahbi ont fait bloc, solidaires, protégeant leur portier qui n’a quasiment rien eu à faire jusqu’à ce coup de sifflet inattendu de l’arbitre, signalant une faute discutable dans la surface.
Aux yeux de l’homme en noir, Ali Maamar a retenu Noris. Un contact léger à vitesse réelle, mais sanctionnable. C’est la décision derrière laquelle s’est rangé le corps arbitral après le review demandé par Mohamed Ouahbi.
Cole Campbell a transformé cette occasion rêvée au bout du temps additionnel, même si Yassir Benchaouch n’était pas loin de l’arrêter (45’+4). À noter qu’il s’agit du troisième penalty concédé par le Maroc dans cette compétition.

Le commencement du second acte n’a pas été plus à l’avantage de l’EN Acculés dans leurs vingt derniers mètres, les Marocains n’ont que trop rarement trouvé des décalages au milieu de terrain ou sur les côtés pour progresser et faire monter le bloc équipe.
Le repositionnement de Yassine Gessime sur le côté n’y a rien changé. Il s’est entêté à faire la différence tout seul et il en a oublié de jouer avec ses coéquipiers, dont Yassir Zabiri, qui a surgi tel un renard des surfaces pour prolonger une longue touche de Fouad Zahouani.
Surpris, Joshua Wynder poussa le ballon au fond de ses propres filets, redonnant l’avantage aux Lionceaux de l’Atlas (66’). Avantage que Yassir Benchaouch a conservé en multipliant les arrêts décisifs. Et quand il n’y pouvait rien, c’est le manque de réussite des Américains qui permettait au Maroc d’être devant.
Et même de mettre le but du break, au terme d’un contre conclu par Yassine Gessime (88’), qui est sorti de sa torpeur au meilleur des moments, pour le plus grand plaisir de ses coéquipiers et de toute une nation.
Les buts du Maroc peuvent être visionnés ici.
Les déclarations d’après-match: