Le Maroc a mis du temps pour prendre l’avantage sur la République du Congo (1-0), ce mardi 14 octobre au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, pour le compte des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Une compétition pour laquelle le Maroc est déjà qualifié.

Mais on retiendra surtout que ce succès offre au Maroc une 16e victoire de rang, synonyme de record mondial de victoires consécutives en sélections.

Les Lions de l’Atlas peuvent remercier Youssef En-Nesyri, qui n’a pas tremblé au moment de reprendre un centre de Achraf Hakimi peu après l’heure de jeu (63′).

Le sélectionneur national Walid Regragui a aligné une équipe compétitive, preuve de sa volonté de battre le record de quinze victoires de suite appartenant à l’Espagne depuis la fin des années 2000.

Yassine Bounou était dans les buts. Jawad El Yamiq et Nayef Aguerd en charnière centrale, accompagnés sur les côtés de Achraf Hakimi et Sofiane El Karouani.

Dans l’entrejeu, on retrouvait Neil El Aynaoui, qui ne sort plus du onze depuis quatre matchs. Devant lui, Eliesse Ben Seghir et Ismail Saibari.

La ligne d’attaque était composée de Hamza Igamane en pointe, soutenu par Brahim Diaz et Abdessamad Ezzalzouli.

Des signes d’agacement et d’impatience

Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Cette ambition affichée a pu peser sur les épaules de ses joueurs. Ils ont montré quelques signes d’agacement et d’impatience.

Des attitudes qui interrogent sur la force mentale de cette équipe, à quelques semaines de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. À domicile.

Pourtant, rien de nouveau sous le ciel étoilé de Rabat. L’équipe du Maroc a fait face, comme d’habitude, à un adversaire recroquevillé devant ses cages.

Cela n’a pas empêché Ismaïl Saibari d’être à la conclusion d’une belle action collective. Mais sa reprise de volée est passée à côté (2e). Une séquence qui comportait les ingrédients nécessaires afin de mettre hors de position les blocs défensifs bas et compacts.

Notamment la vitesse et le rythme dans la circulation du ballon, ainsi que de la spontanéité dans la surface de réparation.

Les déplacements de Eliesse Ben Seghir étaient tout aussi utiles. Les percées dans l’axe du joueur du Bayer Leverkusen ont fait beaucoup de mal aux Congolais, coupables de vilaines fautes pour l’arrêter.

Un autre élément a attiré notre attention. La volonté de rapidement s’installer dans les 30 m adverses. Un objectif atteint grâce à la qualité du jeu long de Nayef Aguerd, particulièrement en première mi-temps.

Un timing des occasions trop espacé

Le hic réside dans l’incapacité des Marocains à mettre de l’intensité dans tout ce qu’ils font sur de longues périodes. C’est l’une des raisons pour lesquelles le timing des occasions du Onze national était trop espacé.

Au bout de vingt minutes de jeu, la meilleure opportunité restait celle manquée par Ismaïl Saibari en début de match. À cet instant, le sélectionneur ne cachait plus son courroux.

En particulier au sujet du manque de concentration de ses joueurs sur des situations de replis, de positionnement défensif et même sur coups de pied arrêtés. En atteste le ballon perdu par Hakimi qui avait le dos tourné au passeur, Eliesse Ben Seghir.

Ou encore l’erreur de placement de Neill El Aynaoui qui a ouvert l’axe du terrain et permis un contre congolais, qui s’est conclu par un tir non cadré, leur premier (27e).

Petit à petit, le match s’était étrangement tendu comme un arc, ce qui empêchait les Lions de l’Atlas de dérouler leurs schémas offensifs :

– Le coup du tiroir avec l’ailier qui rentre à l’intérieur, amenant avec lui le latéral et créant de l’espace sur les côtés ;

– Attaquer l’espace dans le half-space, derrière le latéral adverse ; 

– Les combinaisons dans l’axe avec appuis, remise et appels ; 

– La recherche rapide de profondeur afin d’exploiter la vitesse et la puissance de Hakimi avant que la défense ne se replie (à l’origine de l’ouverture du score).

Cette liste non exhaustive reflète en partie la variété des schémas offensifs tentés par l’EN mais pas toujours réussis. Cela est d’abord dû à l’adversaire qui a aussi le droit de bien se défendre, mais aussi parce que les Marocains ont souffert d’imprécision dans les zones où la justesse compte le plus.

Ils n’ont pas non plus fait assez de différence individuelle pour déséquilibrer l’arrière-garde du Congo. Ils avaient retrouvé leur justesse technique dans les derniers instants de la première mi-temps, lorsque la demi-volée de Neill El Aynaoui est passée au-dessus des cages.

À l’origine, il faut souligner le jeu à trois bien senti entre Eliesse Ben Seghir, Brahim Diaz et Achraf Hakimi, le centreur sur l’action. Avant de rentrer aux vestiaires, un penalty aurait pu être sifflé en faveur de Brahim Diaz, mais l’arbitre n’a pas bronché.

On retiendra tout de même le bon appel de Diaz et la formidable passe d’Ismaïl Saibari.

L’entrée de Youssef En-Nesyri a été décisive

À dire vrai, à force d’en parler, l’idée du record trottait forcément dans les têtes marocaines. Cela explique l’empressement entrevu par séquences.

Mais en même temps, il fallait bien un objectif pour prendre cette rencontre au sérieux, à cause de l’absence d’enjeu comptable. Quoi qu’il en soit, préparer la Coupe d’Afrique des Nations 2025 est aussi un objectif qui en vaut la peine.

En tous cas, l’un n’empêche pas l’autre. Car trouver les moyens de percer le verrou d’une défense en bloc bas, ce sera le menu des Lions de l’Atlas pendant la CAN.

Au vu de toutes les menaces offensives dont dispose le Maroc, pas sûr qu’il y aurait des équipes prêtes à laisser des espaces à Hakimi and Co.

Au contraire, en face, ils feront tout leur possible pour réduire ces espaces à peau de chagrin. Ce n’est pas pour déplaire à Youssef En-Nesyri, qui s’en nourrit, rentré à la place d’Eliesse Ben Seghir, décevant en seconde mi-temps.

La rentrée de Youssef En-Nesyri a donné du peps à l’attaque de l’EN. Il était un peu trop court sur le centre de Achraf Hakimi que Abdessamad Ezzalzouli n’a pas pu redresser de la tête.

Rebelote une minute plus tard. Mais cette fois, il ne manquait pas à En-Nesyri quelques centimètres, mais deux ou trois pointures en plus pour reprendre le centre devant le but de l’indispensable latéral du Paris Saint-Germain (48e).

Très haut sur le terrain, Neill El Aynaoui a été auteur d’une deuxième reprise de volée en l’espace de quelques minutes, aux abords de la surface de réparation. Mais le portier congolais, Dom Ndinga, a repoussé le ballon en corner (60ᵉ).

Cependant, Ndinga n’a rien pu faire sur l’ouverture du score de Youssef En-Nesyri, à la réception d’un centre parfait de Achraf Hakimi, encore lui. Idéalement servi en profondeur par Jawad El Yamiq, qui prenait enfin ses responsabilités dans la relance, alors qu’il s’était caché jusqu’ici.

Ayoub El Kaabi n’a pas attendu longtemps pour se montrer dangereux. Quelques secondes après son entrée à la place de Hamza Igamane, son tir en une touche est passé juste au-dessus.

Il était même à deux doigts d’un sublime retourné, mais il a raté son geste technique (72e).

À l’image de la tentative manquée en fin de match par Ismaïl Saibari sur un coup franc joué rapidement. Mais l’essentiel était assuré. En battant la République du Congo par le plus petit des scores, le Maroc réussit un grand exploit.