Le Maroc a réalisé l’exploit de se qualifier en finale de la Coupe du monde U20, en sortant la France en demi-finale, après un match serré (1-1) et une séance de penalties étouffante (5-4), ce mercredi 15 octobre à l’Estadio Elías Figueroa Brander de Valparaíso, au Chili.


L’équipe nationale affrontera l’Argentine dans la nuit de dimanche à lundi 20 octobre (minuit), à Santiago.

Tableau Coupe Du Monde U20 Finale Historique

Si les Marocains avaient pris l’avantage en première mi-temps sur un penalty transformé par Yassir Zabiri mais accordé au portier français, Olmeta, la France est revenue au score grâce à Lucas Michel.

N’ayant pas pu se départager lors des prolongations, les deux équipes ont joué leur qualification en finale à la séance des tirs au but.

Un exercice avant lequel Mohamed Ouahbi, le sélectionneur national, a eu le nez fin en lançant Abdelhakim El Mesbahi à la place d’Ibrahim Gomis, qui avait lui-même pris la place de Yanis Benchaouch blessé pendant le match.

Le premier à s’élancer fut Bahraoui, qui a transformé son penalty et mis la pression sur le tireur français qui n’a pas tremblé face à Abdelhakim El Mesbahi.

Ilyas Boumessaoudi redonna l’avantage au Maroc. Alors qu’en face, Gady Beyuku a envoyé sa tentative sur le poteau gauche du portier marocain.

À cet instant de la soirée, il suffisait aux Lionceaux de l’Atlas de transformer leurs trois derniers penalties pour aller en finale. D’une Panenka pleine de classe et de sang-froid, Yassir Zabiri a trompé Olmeta.

Elyas Zidane a redonné l’espoir à la France en tirant en force. Un espoir que Harmony a davantage ravivé en manquant son penalty par nonchalance.

Bernardeau égalisa pour les Bleuets et la pression était maintenant sur les épaules de Saad El Haddad, qui eut la bonne idée de ne pas se rater. Même chose pour Moustapha Dabo pour le penalty du 4-4.

Concentré et calme, Naïm Biyad a pris à contre-pied le gardien français avant qu’El Mesbahi n’envoie le Maroc en finale de la Coupe du monde U20 en repoussant la tentative de N’Guessan. Une juste récompense des efforts fournis par les Marocains.

 

La pression inhérente à l’enjeu a certainement inhibé le talent des joueurs offensifs

Le sélectionneur national Mohamed Ouahbi a parié quasiment sur le même onze qu’en quart, à l’exception de l’absence, pour suspension, d’Ali Maamar, suppléé par Taha Majni, et du retour de Houssam Essadek dans l’entrejeu.

Cette décision a eu pour conséquence d’envoyer Saad El Haddad sur le banc, afin de permettre à Naïm Byar d’enchaîner après trois dernières performances de haute volée.

Maroc France Coupe du Monde U20 Composition du match

Composition Equipe Maroc France Coupe du Monde U20

L’entame de la rencontre n’a été à l’avantage d’aucune des deux équipes. Il y a bien eu quelques situations chaudes, mais la pression inhérente à l’enjeu de ce match a certainement inhibé le talent des joueurs offensifs, qui ont raté des gestes techniques qu’ils maîtrisent d’habitude.

Illustration faite par Othmane Maama, dont le tir, après être rentré sur son pied droit, est passé au-dessus du cadre. Contrairement au milieu de terrain français Mayssam Banama, qui a mis à contribution Yanis Benchaouch dans la continuité, sur une tentative à l’entrée de la surface de réparation (12’).

Deux occasions coup sur coup, qui ont eu pour effet de refroidir les ardeurs d’un côté comme de l’autre pour une bonne dizaine de minutes. D’autant que l’intensité et l’agressivité mises par les 22 acteurs ont débouché sur plusieurs fautes évitables.

Au bout d’une demi-heure de jeu, on pouvait affirmer que les défenses avaient pris le pas sur les attaques. D’ailleurs, c’est un défenseur marocain qui a instillé le doute dans l’esprit de l’arbitre.

Sur un centre de Yassine Gessime, Ismail Baouf, retenu par le maillot en pleine extension, a obtenu un penalty après révision des images. Un penalty accordé à l’équipe nationale pour le plus grand bonheur des supporters présents à Valparaíso.

Une occasion en or que Yassir Zabiri n’a pas ratée, pensant inscrire son cinquième but de la compétition, trompant Lisandru Olmeta (32’), avec beaucoup de réussite et l’aide de la base du poteau gauche.

Mais malheureusement pour lui, à l’instar de son but face à la Corée du Sud en huitièmes, l’avant-centre n’a pas été crédité de cette réalisation. Il a été classé dans la case but contre son camp du gardien.

La France a été dominée dans l’agressivité et l’impact physique

Très impliqués dans leurs tâches défensives et guidés par un Houssem Essadek infatigable, toujours prompt à encourager et à couvrir ses coéquipiers, les Lionceaux de l’Atlas s’étaient montrés à la hauteur de l’événement jusqu’ici.

Ils ont dominé leur adversaire dans l’agressivité et l’impact physique. Et la vivacité de nos joueurs offensifs a fini de perturber les Français. Comme sur cet incroyable raté de Fouad Zahouani à deux mètres des cages vides, servi au second poteau par Othmane Maama sur un contre éclair (41’).

Les Bleuets n’ont pas été refroidis, puisqu’ils ont failli revenir au score dans la foulée. Mais c’était sans compter sur l’intervention de Yassir Benchaouch (42’).

Rebelote dans les arrêts de jeu, sur une tentative à ras de terre d’Ilan Touré, avant qu’il repousse un centre dangereux d’Anthony Bermont.

Dans une fin de première mi-temps anxiogène, le coup de sifflet de l’arbitre est intervenu au bon moment. Le gardien de l’AS Monaco aura donc permis à ses coéquipiers de rentrer aux vestiaires avec une courte avance, mais ô combien précieuse pour le moral.

Ils pouvaient d’ailleurs être satisfaits de leur prestation, car malgré quelques erreurs de placement défensif, les Lionceaux ont su contenir le pouvoir de nuisance des attaquants adverses et réduire au maximum les espaces entre les lignes.

La production offensive marocaine était également intéressante, avec beaucoup de travaux d’approche variés. Dans un rôle de dynamiteur, Othmane Maama a été de tous les bons coups.

C’était la menace offensive numéro un. Un euphémisme lorsque l’on suit ses exploits depuis le début de la compétition, dont il est le meilleur joueur, ou pas loin.

Mais le joueur marocain le plus décisif de la rencontre a sans doute été le portier marocain. Auteur d’un quatrième arrêt à la 52e minute, Yanis Benchaouch a littéralement dégoûté les attaquants français.

Ses interventions ont toutes montré une grande maîtrise des fondamentaux du poste : excellent au sol, dans les airs, sur sa ligne ou dans les un contre un.

Il a également assuré dans le jeu au pied, et sa lecture des ballons en profondeur est assez bonne. Ses coéquipiers n’étaient pas mécontents de l’avoir pour encore un moment. Mais le destin en a voulu autrement.

La sortie de Houssem Essadek a eu un impact négatif

La sortie d’un Houssem Essadek exténué, à l’heure de jeu, au profit de Saad El Haddad, a quelque peu désorganisé le milieu de terrain.

D’ailleurs, moins de deux minutes plus tard, la France revenait au score par l’intermédiaire de Lucas Michel, meilleur buteur du tournoi (six buts), en reprenant un centre au point de penalty.

Yanis Benchaouch ne pouvait rien faire sur le coup. Mais il est resté dans son match, sortant à bon escient pour empêcher ce même Lucas Michel de marquer un doublé et de redonner l’avantage aux Bleuets.

Sur l’action, Benchaouch a fait don de son corps, au point de se blesser et de devoir laisser sa place à Ibrahim Gomis. Un coup de massue dont le Maroc a eu du mal à se remettre.

Les hommes de Mohamed Ouahbi se sont alors recroquevillés devant leurs cages, ne prenant quasiment plus aucune initiative pendant une dizaine de minutes. Un scénario frustrant, au vu de la qualité technique dont ils disposent.

Dans ce duel de techniciens, les changements opérés par Bernard Diomède se sont révélés plus efficaces que celui tenté par son homologue marocain. Mais tout n’était pas encore perdu.

L’équipe nationale a montré à maintes reprises sa faculté à se montrer menaçante contre le cours du jeu. On a été tout près d’en avoir le cœur net lorsque Yassir Zabiri et Yassine Gessime n’ont pu que suivre des yeux le centre dangereux d’Othmane Maama (70’).

Lors de l’action suivante, Yassine Khafifi n’a pas réussi à cadrer son tir, dilapidant ainsi une véritable occasion de but. Sur cette séquence, le sélectionneur marocain a réclamé une main française, mais après révision, l’arbitre n’a pas jugé utile de la sanctionner.

Le dernier quart d’heure de la rencontre a duré une éternité tant le rythme était retombé. Les joueurs en avaient plein les chaussettes, surtout côté marocain. On se dirigeait donc tout droit vers les prolongations.

On a bien cru que Maama allait tuer le match dans les arrêts de jeu, mais Olmeta a repoussé le tir enroulé de l’attaquant des Lionceaux de l’Atlas.

Une fin de match anxiogène mais heureuse

En prolongation, l’équipe nationale a autant subi que pendant le temps réglementaire. Le visage du match n’a pas réellement changé, si ce n’est qu’il y eut encore moins d’occasions à se mettre sous la dent.

Décidément, le sort de ce type de rencontres se joue sur des détails, et parfois sur quelques centimètres. Ceux qui ont manqué à Dabo pour mystifier Gomis d’une belle frappe enroulée au second poteau.

Il y avait de quoi se demander pourquoi Mohamed Ouahbi n’avait pas effectué tous ses changements alors qu’il ne restait plus qu’un quart d’heure de jeu.

Pourtant, il lui en restait trois. Il a sans doute été échaudé par sa décision de remplacer Houssem Essadek, précédant l’égalisation.

L’exclusion de Rabby Nzingoula pour un deuxième carton jaune, alors qu’il était entré en jeu, a réduit l’emprise des Français sur le déroulement de la rencontre.

Les Marocains se sont même enhardis après ce fait de jeu. Othmane Maama a d’ailleurs fait passer des sueurs froides dans le camp français lorsque son tir en sortie de dribble a frôlé les cages d’Olmeta (113’).

Tout aurait pu s’arrêter sur la sortie hasardeuse de Gomis, qui profita à N’Guessan, mais son tir a fini sa course sur le poteau. Ou encore lorsque N’Guessan a manqué l’immanquable devant le but vide avant de buter sur Taha Majni (118’), qui a donné son corps à la nation avant de sortir en boitillant.

Le dernier chapitre de ce match allait s’écrire au penalty. Séance que le sélectionneur national a décidé de disputer en lançant un troisième gardien dans l’arène, en la personne d’Abdelhakim El Mesbahi.

Mais, au bout d’une séance de tirs au but irrespirable, dont sortira vainqueur le Maroc, ce choix paraît complètement justifié.