L’onde de choc a traversé la planète football : le Maroc a éliminé la France en demi-finale de la Coupe du monde U20 et file en finale contre l’Argentine.
Le Figaro a évoqué un « revers cruel » pour les Bleuets, mais a également vu dans cette victoire une dimension symbolique : le Maroc « aura finalement pris sa revanche » de la demi-finale perdue face à l’équipe senior française au Qatar en 2022. Le quotidien n’a pas tari d’éloges à l’égard du « tacticien » Mohamed Ouahbi, qualifiant son choix de faire entrer son troisième gardien de « coup tactique qui s’est avéré judicieux ».
De son côté, Le Monde a constaté que l’équipe de France a « perdu l’espoir d’être championne du monde », se heurtant à un gardien marocain entré en jeu « spécifiquement pour la séance décisive ». Ouest-France, commençant son article par « Pas de finale pour les Bleuets », a relevé que les Lionceaux « rêvent désormais du titre mondial, qui serait le tout premier dans l’histoire du football marocain ».
Le site spécialisé Footmercato a résumé le sentiment général en qualifiant le parcours du Maroc de « presque sans faute », et en titrant son analyse « Le Maroc écrit son histoire ». Pour 20Minutes, les Bleuets ont été « privés de finale par le Maroc au bout d’une cruelle série de tirs au but », mettant en lumière le tir au but final « brillamment repoussé » par Abdelhakim El Mesbahi.
Pour sa part, Cnews est revenu sur « l’incroyable performance » et la tactique inédite du Maroc, qui a fait jouer ses trois gardiens, qualifiant ce scénario de « jamais vu ». Le média a rappelé le fameux remplacement de Tim Krul par les Pays-Bas en 2014, soulignant que le Maroc est allé encore plus loin dans l’audace tactique.
Presse anglo-saxonne : « force mentale inébranlable » et « finalistes méritants »
La presse internationale a également salué la performance marocaine. Onefootball a qualifié la demi-finale d' »épique et tendue », insistant sur la « force mentale inébranlable » des jeunes Lionceaux. L’analyse met en lumière la « pression incessante » exercée par le Maroc et la « composture remarquable » de l’équipe lors de la séance de tirs au but. Selon Onefootball, les Marocains sont « finalistes méritants, pour leur engagement et leur résilience ».
The moment that took Morocco to their first #U20WC final. ✍️ pic.twitter.com/sPSNBELXXP
— FIFA World Cup (@FIFAWorldCup) October 15, 2025
Yahoo Sports a quant à lui mis en avant le « héros improbable », le troisième gardien Abdelhakim El Mesbahi. Le média a révélé un détail illustrant la préparation méticuleuse de l’équipe : le gardien avait sur sa bouteille d’eau les photos des tireurs français avec des indications sur leurs tirs préférentiels. Le sélectionneur Mohamed Ouahbi, très ému, a partagé sa fierté tout en restant tourné vers l’objectif ultime : « C’est un moment historique, mais nous voulons gagner la finale. »
Le Maroc entre de plain-pied dans l’histoire du football mondial (presse portugaise)
La presse portugaise a elle aussi fait l’éloge de la qualification du Maroc pour la finale de la Coupe du monde U20 en éliminant la France, soulignant qu’avec cette victoire, l’équipe nationale des moins de 20 ans réalise un « exploit légendaire et entre de plain-pied dans l’histoire du football mondial ».
Les médias portugais ont particulièrement salué les performances des Lionceaux de l’Atlas lors de cette édition chilienne du Mondial, en livrant « un jeu collectif remarquable ».
L’équipe marocaine « entre dans l’histoire à grands pas », écrit le journal sportif A Bola, mettant en avant le rôle décisif de l’attaquant Yassir Zabiri, joueur du club portugais de Famalicão, qui a transformé un penalty initialement repoussé par le poteau et revenu sur le dos du gardien français avant de finir au fond des filets.
Le jeune attaquant a par la suite marqué un superbe penalty « Panenka » lors de la série fatidique de tirs au but, confirmant son statut de héros du match.
Le site Sapo Desporto souligne de son côté que le Maroc a réalisé l’exploit de se qualifier en finale après une « performance héroïque » face à l’équipe tricolore, rappelant que Zabiri a été déterminant sur le premier but et que les Marocains n’ont manqué qu’un seul but sur six lors de l’épreuve de tirs au but, contre deux pour les Français.
« L’épopée historique du Maroc se poursuit », écrit pour sa part le support médiatique ZeroZero, mettant en avant le jeu collectif exemplaire des joueurs de Mohamed Ouahbi, qui ont su imposer leur domination dès la première mi-temps, ouvrant le score à la 32ᵉ minute grâce notamment au jeune talent Yassir Zabiri.
Selon le média, l’esprit d’équipe et la discipline tactique ont permis aux Lionceaux de tenir jusqu’au bout et de s’imposer lors de la séance de tirs au but, un exploit qualifié d’ »historique » pour le football marocain et africain.
Avec cette qualification, l’équipe marocaine des moins de 20 ans continue d’écrire une page brillante de l’histoire du football national, confirmant la force et la qualité de l’école marocaine dans les compétitions internationales, conclut la publication portugaise.
Derrière l’exploit : les secrets d’un succès stratégique selon L’Équipe
Mais comment expliquer cette montée en puissance du Maroc sur la scène du football de jeunes ? Dans une analyse de fond, le journal L’Équipe a décrypté les raisons de cette performance, la liant directement au « plan ambitieux » mis en place par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) depuis 2021.
Le quotidien a donné la parole au directeur technique national, Fathi Jamal, qui a détaillé cette stratégie. « Nous avons un modèle hybride et intelligent : certains joueurs sont issus de la formation locale, via les académies nationales et les centres de formation des clubs, tandis que d’autres ont été détectés en Europe, grâce à une cellule dédiée qui suit les jeunes talents binationaux, avec six scouts. »
L’Équipe a également recueilli les propos du sélectionneur des U20, Mohamed Ouahbi, qui a expliqué comment ce « scouting » des binationaux se déroule. « Il n’y a rien d’agressif. On ne propose rien. Pas d’argent. Ce que je fais, en revanche, c’est me rendre sur place pour parler avec les parents et proposer un projet sportif à court, moyen et long terme. »
Cette approche a convaincu de nombreux talents. Le journal note que près de la moitié de l’effectif actuel (9 joueurs sur 21) est composée de binationaux, comme le gardien Yanis Benchaouch (Monaco) ou encore Othmane Maamma (Watford).
Selon l’analyse de L’Équipe, ce « modèle hybride et intelligent » permet de réunir les meilleurs profils, qu’ils soient formés localement ou à l’étranger, autour d’un « projet national ambitieux ». Une stratégie gagnante qui, après la CAN U23 et les JO, porte aujourd’hui ses fruits sur la plus grande scène du football mondial U20.