Le Maroc lance la Coupe du monde féminine U17, ce vendredi 17 octobre au stade olympique de Rabat (20 h) face au Brésil, en match d’ouverture du groupe A. Une affiche qui n’est pas sans rappeler l’édition précédente en Inde.

À l’époque, des promesses avaient été semées sur la faculté du Maroc à être à la hauteur d’un événement dont il allait organiser les cinq éditions suivantes, malgré une élimination au premier tour, après notamment une courte défaite inaugurale contre le Brésil. 

Il serait illusoire d’affirmer que le groupe de 21 composé par Anwar Mghinia pour ce tournoi a retenu les leçons du passé, car le renouvellement générationnel dans ces catégories d’âges est important d’une compétition à l’autre.

En revanche, on saura rapidement si la dynamique positive sur laquelle surfe le football national impactera positivement Romaïssa Ihssan et ses coéquipières.

Ce serait étonnant que ce ne soit pas le cas, à J+2 de la qualification des Lionceaux de l’Atlas pour la finale de la Coupe du monde U20, dont le coup d’envoi sera donné dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 octobre (minuit) à Santiago au Chili, contre l’Argentine.

On va tout donner pour ne pas avoir de regrets

De ce côté-ci de l’Atlantique, les hôtes marocaines ne seraient pas contre un destin semblable à leurs homologues masculins. Et ce malgré la difficulté de la tâche et la pression qui accompagne un tel événement.

« Une Coupe du monde, ce n’est pas tous les jours qu’on la joue, surtout dans notre pays. On va tout donner pour ne pas avoir de regrets. On sait que le Brésil, c’est une grande nation, mais on s’est préparées pour contrer leur système« , assure Maïssane Ferkous, défenseure du Maroc.

Contrairement à la Coupe du monde en Inde, celle-ci offre plus de chances aux équipes de valider leurs tickets pour le tour suivant, puisque les quatre meilleures troisièmes se qualifient également pour les huitièmes de finale.

Si le résultat de la rencontre face au Brésil conditionnera forcément la suite de la compétition, les matchs suivants, respectivement face à l’Italie (mardi 21 octobre, 20 h) et au Costa Rica (vendredi 24 octobre, 20 h), n’en seront pas moins importants pour se rattraper en cas de contre-performance ce soir.

Une qualification au second tour représenterait aussi un pied de nez à l’histoire, puisque jamais encore une nation hôte n’a réussi à dépasser la phase de groupes.

Ce serait le symbole d’un football féminin national en pleine ascension, qui a vu les A disputer deux finales de la Coupe d’Afrique des nations de rang, sans oublier une participation aux huitièmes de finale du dernier Mondial.

Pour Patrick Cordoba, ancien sélectionneur des U17 féminines et ex-directeur de l’Académie du Raja Club Athletic (RCA), cette progression n’a rien d’un hasard.

« Globalement, le Maroc a prouvé qu’il était au niveau des grandes nations. Aujourd’hui, il brille sur la scène internationale. Coupe du monde au Qatar, Jeux olympiques, CAN des jeunes, Mondial U20… », corrobore-t-il.

 

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Seulement quatre joueuses évoluent au Maroc

Mais en dépit de cette dynamique et de l’amélioration des conditions de formation des jeunes dans le pays, seules quatre d’entre elles sont issues de clubs locaux sur les 21 appelées, en provenance de cinq pays : Maroc, France, Allemagne, Espagne et Pays-Bas.

« Avec le développement du football féminin, on aurait pu s’attendre à voir plus de joueuses locales. Après, ce sont les choix du sélectionneur« , nuance notre interlocuteur.

Parmi les 21 joueuses retenues, Romaïssa Ihssan, 16 ans, incarne cette génération à double culture. « Formée à Montpellier, la meneuse de jeu née à Villeurbanne a choisi de défendre les couleurs du Maroc, pays de ses racines. Sa vision du jeu et sa maturité en font déjà l’une des leaders de l’équipe », indique la FIFA, dithyrambique.

Romaïssa Ihssan, milieu de terrain offensive.

La sélection marocaine présente aussi la particularité de compter dans ses rangs l’une des plus jeunes footballeuses de la compétition. À seulement 14 ans, Mayssa Baha incarne l’avenir du football féminin marocain.

D’autant qu’elle a baigné dans une famille où le football de haut niveau tient une place centrale, avec un père, Nabil Baha, et un frère, Zyad, respectivement sélectionneur et avant-centre de l’équipe nationale U17, championne d’Afrique en avril 2025.

Le Brésil part favori du groupe A et de la compétition

Face à Mayssa Baha et ses amies, le Brésil, présent pour la huitième fois en neuf éditions, part favori. Mais dans le football moderne, les statuts vacillent aussi facilement qu’un château de sable sous l’effet de la marée haute.

Maintenant, il ne faudrait pas que le Maroc se saborde sous le coup de l’émotion et de la pression inhérente à une telle compétition.

À ce titre, l’ancien sélectionneur national des U17, Patrick Cordoba, évoque ce que serait, selon lui, la préparation idéale pour viser loin dans un tournoi mondial de cette envergure.

« En amont, il faut choisir un groupe légèrement élargi pour pallier les absences, programmer des stages de cohésion sur un mois et demi, et miser sur un travail physique solide pour arriver en pleine possession de ses moyens. Pour aller jusqu’au bout, il faut prévoir tous les scénarios et bien gérer l’effectif », explique-t-il.

« Intégrer entre cinq et sept matchs amicaux en variant l’adversité, des équipes fortes, moyennes et moins difficiles, aide à bâtir de la confiance. Et surtout, travailler le projet de jeu avec le onze titulaire le plus souvent possible », ajoute-t-il.

Un regard d’expert qui rappelle à quel point la réussite d’une campagne mondiale se joue bien avant le coup d’envoi, et dont les préconisations ne sont pas éloignées de la préparation assurée par le staff d’Anwar Mghinia.