L’année 2025 s’annonce d’ailleurs sous de bons auspices pour l’ensemble des banques cotées. La croissance attendue du produit net bancaire devrait bénéficier de plusieurs leviers favorables, à commencer par l’assouplissement monétaire décidé par Bank Al-Maghrib en mars 2025, qui soutient à la fois les marges d’intérêt et les revenus issus des activités de marché.
Ainsi, la réduction anticipée du coût du risque grâce à un matelas de provisions accumulé lors des dernières années devrait contribuer à améliorer la rentabilité sectorielle.
C’est dans ce contexte que Bank of Africa (BOA), comme ses homologues, a connu une belle dynamique en bourse. Depuis le début de l’année 2025, l’action a gagné près de 14%. Elle se négocie autour de 230 DH.
BOA : un PE sous la moyenne de marché
Il faut dire aussi que la valorisation est redevenue un critère déterminant dans les décisions d’investissement, le secteur bancaire se distingue aujourd’hui par son price earning ratio (P/E) qui reste inférieur à la moyenne du marché.
Alors que le MASI se négocie actuellement autour de 21,9 fois les bénéfices attendus en 2025, les banques cotées évoluent, pour la plupart, dans une zone bien plus basse. BOA affiche ainsi un P/E de 13,2x, contre 14,7x pour CIH, 13,5x pour Crédit du Maroc, 14x pour Attijariwafa bank, 12,7x pour BCP et 21,6x pour BMCI. Seule CFG Bank s’éloigne de cette tendance avec un multiple de 24,3x.
Source: medias24.com
« Un P/E inférieur à la moyenne du marché traduit souvent deux choses : soit une sous-valorisation liée à un potentiel de croissance encore sous-estimé, soit une prime de risque plus élevée exigée par les investisseurs », explique un analyste de marché.
« Dans le cas des banques marocaines, la décote reflète moins un risque structurel qu’un potentiel encore mal pricé par le marché. Leurs bénéfices progressent de manière régulière, la qualité des actifs s’est nettement améliorée ces dernières années et leurs marges devraient bénéficier de l’environnement monétaire plus accommodant. Autrement dit, les valorisations actuelles montrent davantage une sous-appréciation du profil de rentabilité à moyen terme qu’une faiblesse fondamentale », poursuit-il.
« BOA affiche aujourd’hui un profil hybride qui combine deux dimensions recherchées par les investisseurs. D’un côté, elle offre une visibilité solide sur la rémunération de l’actionnaire, avec un dividende stable de 7 DH par action et un rendement proche de 3,6 %. »
« Ce caractère régulier attire les portefeuilles à la recherche de flux de revenus prévisibles. De l’autre, la banque présente une dynamique bénéficiaire soutenue, avec une capacité nette qui devrait dépasser 3,6 MMDH en 2026, soit une hausse de plus de 36 % par rapport à 2023. La croissance annuelle moyenne de son produit net bancaire se situe autour de 6 %, tirée par l’amélioration de la marge d’intérêt et des activités de marché« .
Les activités de marché devraient constituer l’un des leviers les plus importants de la trajectoire bénéficiaire de BOA au cours des prochaines années.
« Cette double dimension prend encore plus de valeur quand on la met en perspective avec la valorisation actuelle. Avec un P/E attendu de 11,7x en 2026, le titre se traite avec une décote de près de 38% par rapport au marché. En d’autres termes, les investisseurs paient aujourd’hui un profil de rendement classique, alors qu’ils accèdent à une banque en expansion, capable d’améliorer ses marges tout en assurant une distribution stable ».
« Selon mes estimations, le titre pourrait évoluer vers une zone proche de 270 DH à 275 DH. Cela représenterait un potentiel d’appréciation d’environ 20% par rapport aux niveaux actuels », estime l’analyste de la place. Dans ce sens, le titre dispose encore d’un potentiel d’appréciation important et poursuit sa progression au fil du temps.
« Le plan stratégique de BOA s’inscrit dans une dynamique d’investissement qui s’intensifie, notamment sur les crédits à l’équipement. Cette orientation reflète une volonté claire de capter la demande liée aux projets d’infrastructure et à la modernisation industrielle, deux segments porteurs dans le cycle actuel ».
« L’amélioration attendue de la conjoncture économique joue également un rôle clé. Une croissance plus soutenue devrait se traduire par une meilleure qualité du portefeuille de crédits et, par conséquent, par une poursuite de la baisse du coût du risque. Cette tendance constitue un levier important pour renforcer la rentabilité au cours des prochaines années ».
« La politique monétaire représente un autre facteur de soutien. Si Bank Al-Maghrib poursuit l’assouplissement entamé en 2025, le coût de refinancement des banques pourrait s’alléger davantage, ce qui aurait un effet direct sur les marges d’intérêt et sur la dynamique bénéficiaire », souligne notre interlocuteur.
« L’entrée en vigueur du cadre prudentiel SREP à l’horizon 2027 pourrait toutefois imposer de nouvelles exigences en matière de fonds propres réglementaires. Pour BOA comme pour ses pairs, cela impliquera probablement un ajustement de la politique de capitalisation et pourrait influencer le rythme de distribution des dividendes ».
Résultats financiers de BOA au S1-2025
Le produit net bancaire de BOA s’établit à 10,3 MMDH, en hausse de 8% sur un an, porté par l’ensemble des moteurs de croissance.
La marge d’intérêt progresse de 8%, la marge sur commissions de 2,3%, et les activités de marché enregistrent une envolée spectaculaire de 54,2%, ce qui démontre la capacité de la banque à diversifier ses sources de revenus au-delà du cœur de métier traditionnel.
Le résultat brut d’exploitation progresse de 12% pour atteindre 6,1 MMDH, reflétant à la fois une gestion maîtrisée des charges et une efficacité opérationnelle renforcée. Cette amélioration se traduit directement sur la ligne finale, avec un résultat net part du groupe en croissance de 16% à 2,25 MMDH à fin juin 2025.
Cette performance s’appuie également sur une dynamique commerciale solide : les encours de crédits atteignent près de 227 MMDH, en hausse de 2%, tandis que les dépôts progressent de 2% à plus de 261 MMDH.
Ces indicateurs confirment la montée en puissance de l’activité de financement, en particulier sur les crédits à l’équipement, dans un contexte de reprise de l’investissement.
Enfin, la contribution des différentes zones géographiques, notamment l’Afrique subsaharienne, représente désormais 43% du résultat net, contre 54% pour le Maroc.