Intervenant à l’ouverture d’une conférence-débat, organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la statistique (JMS) par le haut-commissariat au Plan (HCP), en partenariat avec Bank Al-Maghrib (BAM) et l’UNFPA (United Nations Population Fund, Fonds des Nations Unies pour la Population), Abdellatif Jouahri a indiqué que la réussite de ces transitions était tributaire d’un calibrage approprié des politiques et d’un suivi étroit de leur mise en œuvre.
« Cela, conjugué aux exigences liées à la conduite des politiques conjoncturelles, notamment budgétaires et monétaires, impose de hisser dans l’agenda des priorités la mise à niveau du système statistique national ».
Dans ce sens, les opportunités d’amélioration sont nombreuses, a relevé le wali de Bank Al-Maghrib, estimant que la couverture est appelée à être élargie, tant sur le plan géographique pour accompagner le déploiement de la régionalisation avancée, que sur le plan thématique, pour combler certaines lacunes, telles que les informations sur la richesse des ménages, l’évolution des salaires, l’investissement privé, le changement climatique, etc.
De même, a-t-il soutenu, la fréquence et les délais de production de certains indicateurs devraient être améliorés, faisant savoir que la Banque centrale a envisagé, dans le cadre de la transition vers un régime de change plus flexible et la mise en place d’un cadre de ciblage d’inflation, d’accroître le nombre de réunions du Conseil.
Cependant, cet objectif n’a pas été concrétisé vu qu’une partie des données fondant la décision en matière de politique monétaire n’est produite qu’à une fréquence trimestrielle ou avec des délais longs, a révélé Abdellatif Jouahri, notant que ces améliorations, et bien d’autres, ne relèvent pas de la responsabilité d’une seule institution, mais requièrent un effort collectif.
Par ailleurs, il a rappelé que le Maroc, malgré un environnement externe incertain et les contraintes majeures liées à la succession des années de sécheresse, a fait preuve d’une grande résilience et connaît, ces derniers mois, un essor économique conséquent, ajoutant que ces résultats sont certes le fruit d’un effort continu de réformes et de mise à niveau de ses infrastructures, mais aussi de la production statistique qui apporte une contribution certaine en éclairant la prise de décision et en facilitant le suivi de sa mise en œuvre.
Pour Abdellatif Jouahri, cette production statistique « mérite que nous la célébrions et que nous nous mobilisions tous pour assurer son plein développement ».
Et de conclure : « Près de vingt ans après l’adhésion à la Norme spéciale de diffusion des données du FMI (Fonds monétaire international), la prochaine étape serait de rejoindre le groupe restreint des pays ayant souscrit à la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD) plus ».
De son côté, la représentante de l’UNFPA au Maroc, Marielle Sander, a mis en avant l’importance d’une production de statistiques rigoureuses, précises et détaillées, accessibles à tous les acteurs, en particulier dans le contexte actuel marqué par les transformations économiques, démographiques, environnementales et technologiques.
Ces données sont indispensables pour orienter le choix collectif et évaluer les progrès accomplis, a expliqué Marielle Sander, insistant sur la nécessité de renforcer les partenariats entre producteurs et utilisateurs de données, afin de favoriser l’interopérabilité, le partage sécurisé et les libérations, tout en investissant davantage dans les capacités humaines et technologiques.
Elle a rappelé que la mobilisation des outils avancés, tels que l’intelligence artificielle, la modélisation et l’analyse prospective, joue un rôle majeur.
Par ailleurs, la représentante de l’UNFPA au Maroc a souligné l’importance stratégique d’un tableau de bord national de transition et de surveillance précoce basé sur le concept des « Accelerated Dashboards with Early Warning Triggers« .
Jouant un rôle clé dans le suivi prospectif des indicateurs essentiels à la transformation économique et sociodémographique du pays, ce dispositif permettrait d’observer simultanément l’évolution de l’inflation, de l’emploi, du chômage et de la croissance économique, mais aussi des phénomènes sociodémographiques comme la fécondité, le vieillissement, la scolarisation, la santé reproductive, l’égalité de genre et les disparités territoriales, a-t-elle détaillé.