Tarik Senhaji est diplômé de l’École polytechnique et de l’ENSAE à Paris. Il débute sa carrière au sein de la Société financière internationale (SFI), filiale du Groupe Banque mondiale à Washington. Il y travaille trois ans avant de rejoindre Londres, où il exerce pendant plus d’une décennie dans plusieurs banques d’affaires internationales.
En 2011, il rentre au Maroc pour prendre la direction de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), avant de diriger pendant huit ans le Fonds souverain Ithmar. En 2020, il est nommé directeur général de la Bourse de Casablanca, fonction qu’il a occupée jusqu’à sa désignation à la tête de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) ce 19 octobre 2025.
L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) est le régulateur du marché financier national. Elle a pour rôle de protéger l’épargne investie en instruments financiers, d’assurer l’intégrité, la transparence et le bon fonctionnement des marchés, et de garantir l’égalité de traitement des investisseurs.
Elle veille aussi à l’application de la réglementation, au respect des obligations liées à la lutte contre le blanchiment des capitaux et œuvre à la diffusion de la culture financière auprès du grand public.
Son champ d’action couvre l’ensemble des acteurs et infrastructures du marché : sociétés de bourse, sociétés de gestion d’OPCVM, teneurs de comptes-titres, émetteurs faisant appel public à l’épargne, dépositaire central, société gestionnaire de la Bourse et du marché à terme, entre autres.
Les grands chantiers qui attendent Tarik Senhaji
En accédant à la présidence de l’AMMC, Tarik Senhaji prend la direction d’une institution engagée dans une phase stratégique importante. Le plan 2024-2028 fixe les priorités autour de quatre grands axes.
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Diversifier les instruments et élargir la base d’investisseurs
La priorité est d’accroître l’efficience et l’accessibilité du marché. L’un des chantiers majeurs consistera à poursuivre la mise en œuvre de la réforme encadrant les OPCVM, en finalisant ses textes d’application et en déployant concrètement les nouveaux outils qu’elle introduit.
L’AMMC accompagnera ainsi le lancement des ETF cotés en Bourse, la mise en place d’OPCVM à règles allégées destinés aux investisseurs qualifiés et l’introduction d’instruments de couverture sur le marché à terme.
Elle poursuivra également ses efforts pour élargir l’accès des PME au financement par le marché, en développant des solutions adaptées et en soutenant des mécanismes d’agrégation de leurs besoins.
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Stimuler l’innovation financière et encadrer les nouvelles technologies
L’Autorité souhaite accompagner l’essor des fintechs à travers un portail dédié et la mise en place d’un cadre législatif pour les cryptoactifs.
Elle prévoit aussi de délivrer les premiers agréments pour les plateformes de financement participatif et de renforcer son action dans le domaine de la finance durable, avec notamment une taxonomie verte et un reporting ESG enrichi.
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Développer l’éducation financière et renforcer la protection des investisseurs
La mobilisation de l’épargne constitue un pilier central de la stratégie. L’AMMC travaille à la création d’un portail interactif d’éducation financière, au développement d’outils pédagogiques innovants et à l’élargissement de son dispositif d’habilitation des professionnels. L’objectif est de rendre les produits d’investissement plus accessibles et d’élever le niveau de compétence des acteurs du marché.
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Moderniser la supervision et faire évoluer le cadre réglementaire
L’Autorité s’engage à moderniser ses outils de supervision, à renforcer ses capacités de détection des risques et à adapter ses procédures à l’évolution rapide du marché. De nouveaux textes législatifs et réglementaires sont prévus sur le marché secondaire de la dette, les prêts de titres, la gestion individuelle sous mandat ou encore les dérivés de gré à gré. L’AMMC souhaite aussi intégrer la contribution à la stabilité financière parmi ses missions.