Intervenant ce mardi 21 octobre à la Chambre des conseillers, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a été interpellé sur la situation des services d’urgence dans le secteur public. Cette question constitue une priorité majeure du chantier de réforme du système de santé, en raison de son rôle vital pour sauver des vies, a affirmé le ministre.

Admettant de nombreuses difficultés, notamment la surpopulation dans les hôpitaux, le manque d’organisation et le sous-effectif en ressources humaines, en particulier de médecins d’urgences, le ministre a souligné que 50 à 60% des personnes se présentant aux urgences ne relèvent pas de véritables cas d’urgence, ce qui accroît la pression sur le personnel et affecte la qualité de la prise en charge.

Dans ce sens, il a indiqué que le ministère a adopté un ensemble de mesures pour améliorer et développer les services d’accueil des urgences. À court terme, ce plan repose sur la réorganisation des services internes des hôpitaux, l’unification des protocoles et procédures médicales pour la prise en charge des patients en situation d’urgence, ainsi que le renforcement de la présence permanente des médecins et des professionnels de santé concernés.

Concrètement, cette réforme vise à catégoriser les patients et à les orienter vers des parcours adaptés, en coordination avec les différents services hospitaliers, afin d’optimiser la prise en charge et d’améliorer l’efficacité globale des urgences. À cela s’ajoute la mise en place d’une signalétique unifiée et spécifique dans les services d’accueil, destinée à améliorer la communication avec les citoyens.

Le ministre a également souligné le rôle majeur des Groupes de santé territoriaux, chargés de coordonner l’offre de santé au niveau régional et d’assurer l’intégration de tous les complexes hospitaliers existants. Cette organisation devrait donner aux citoyens une vision claire de l’accessibilité aux soins, depuis les centres de santé jusqu’aux hôpitaux et CHU, tout en allégeant la pression sur les services d’urgences et sur l’ensemble de l’offre de santé régionale.

Dans le même sillage, M. Tahraoui a indiqué que son département travaille sur l’introduction d’incitations financières et professionnelles spécifiques pour attirer davantage de médecins et d’infirmiers vers la spécialité des urgences.

Il a également évoqué le développement des réseaux de type “SAMU”, jusqu’à présent limités à certaines régions, avec pour objectif leur généralisation afin de garantir une prise en charge pré-hospitalière efficace. Le plan prévoit également l’unification des protocoles médicaux relatifs aux urgences et la création d’une plateforme moderne destinée à assurer la coordination entre tous les complexes hospitaliers.