Entre le 26 septembre et le 17 octobre 2025, les encours des OPCVM sont passés de 789,8 à 786,6 milliards de DH, soit une baisse d’un peu plus de 3 MMDH.
Les retraits ont surtout concerné les fonds actions, en baisse de près de 3,8 MMDH, et les monétaires, qui ont perdu environ 2 MMDH sur la période.
Les fonds obligataires moyen-long terme et diversifiés se sont eux aussi légèrement contractés.
Autrement dit, la gestion collective a marqué une légère pause : les gérants ont ajusté leurs positions, parfois pour sécuriser les gains accumulés depuis 2023, d’autres fois pour reconstituer des marges de manœuvre dans un environnement redevenu plus volatil. Pour rappel, en août, les encours avaient franchi le seuil des 800 MMDH de dirhams. Alors, qu’est-ce qui explique ces constats ?
Une réallocation partielle des flux vers les OPCI
« Le repli observé, même en bourse récemment, s’explique en partie par une réallocation des flux. On constate une migration partielle des capitaux investis dans les OPCVM vers les OPCI, qui gagnent en poids dans les portefeuilles institutionnels« , explique une source de marché.
« Ce mouvement reste contenu, mais il est installé progressivement. Les investisseurs institutionnels, notamment les compagnies d’assurances, les caisses de retraite et les sociétés de gestion, réajustent leurs portefeuilles. Les OPCI, dont les encours dépassent désormais les 100 MMDH, offrent des rendements locatifs réguliers et une meilleure visibilité à long terme dans le contexte actuel », ajoute notre interlocuteur.
« Cette réallocation correspond à des arbitrages naturels. Après une forte progression des marchés et une collecte soutenue, la gestion collective entre dans une phase d’équilibre. Les flux se déplacent, les positions se consolident et la liquidité se répartit entre différents supports. Cette transition a permis au marché de respirer et de retrouver une dynamique plus saine ».
« Ces arbitrages ont eu un effet positif. Ils ont permis aux gérants de sécuriser une partie des performances et de repositionner la liquidité vers d’autres supports. On observe d’ailleurs une reprise sur l’ensemble du marché, aussi bien dans la gestion collective que sur la Bourse« , précise la même source.
« Les données les plus récentes confirment ce redressement. Les encours OPCVM atteignent actuellement 876 MMDH, en hausse par rapport à la mi-octobre. La Bourse de Casablanca retrouve aussi une tendance haussière, soutenue par la position des investisseurs institutionnels« .
« Donc, cette réallocation illustre la capacité du marché à s’adapter. Les capitaux circulent entre les différentes classes d’actifs selon les cycles et les opportunités, tout en maintenant la dynamique globale d’investissement ».
« Les OPCI s’imposent désormais comme un relais naturel pour les investisseurs institutionnels. Ils offrent une exposition à l’immobilier d’entreprise à travers des actifs loués et générateurs de revenus réguliers, dans un cadre réglementé par l’AMMC. Ce modèle attire la liquidité en quête de stabilité et complète la gestion collective traditionnelle », explique notre interlocuteur.
Une reprise progressive et un nouvel équilibre de marché
« La baisse de liquidité constatée ces dernières semaines reste temporaire« , indique notre source de marché. Après la période d’ajustement de septembre et octobre, « les indicateurs repartent à la hausse, aussi bien pour les encours des OPCVM que pour les volumes échangés sur la Bourse de Casablanca. Les flux reviennent progressivement, soutenus par le repositionnement des institutionnels et par un environnement de taux plus stable ».
Ce rétablissement traduit une normalisation du marché après la consolidation. Les gérants de fonds reconstituent leurs expositions, tandis que la liquidité circule à nouveau entre actions, obligations et immobilier collectif. Les arbitrages opérés depuis la rentrée ont permis de rééquilibrer les portefeuilles, sans altérer la dynamique globale d’investissement.
« Les ajustements de septembre ont permis d’assainir le marché. Aujourd’hui, la liquidité revient progressivement, les flux se stabilisent et les investisseurs réengagent des positions de moyen terme », poursuit la même source.
« Cette stabilisation marque une nouvelle phase pour la gestion d’actifs au Maroc. Les OPCI s’imposent désormais comme un complément structurel aux OPCVM, et les investisseurs institutionnels répartissent leurs allocations de manière plus diversifiée. Le marché évolue ainsi vers un modèle plus équilibré, où la performance financière s’appuie davantage sur la complémentarité entre classes d’actifs que sur un seul canal de placement ».