La mesure visant à faciliter la candidature des jeunes indépendants fait déjà débat avant même son examen au Parlement.
Le projet de loi organique sur la Chambre des représentants, adopté en Conseil des ministres le 19 octobre dernier et déposé au Parlement le 24 octobre, introduit une nouveauté importante. Il s’agit d’une aide directe couvrant jusqu’à 75% des frais de campagne pour les candidats âgés de moins de 35 ans, y compris lorsqu’ils se présentent sans l’investiture d’un parti politique.
Présentée comme un moyen de renforcer la participation des jeunes à la vie politique et de démocratiser l’accès à la représentation, cette disposition entend lever un frein financier majeur souvent dénoncé par les jeunes.
Cependant, cette ouverture n’est pas totale. Les candidatures indépendantes devront être accompagnées d’au moins 200 signatures d’électeurs de la circonscription concernée, dans le respect des conditions prévues par la proposition de loi.
Le PJD se positionne contre
Mais à peine annoncée, la mesure a déjà déclenché des premières réactions. Le Parti de la justice et du développement (PJD) a été le premier à s’y opposer publiquement, avant même le démarrage des discussions à la Chambre des représentants.
Dans un communiqué daté du 23 octobre, le secrétariat général du parti a exprimé sa désapprobation face à cette mesure.
Selon le PJD, la voie “politique et constitutionnelle correcte”, ainsi que “l’intérêt national supérieur” pour renforcer la participation des jeunes, résident dans leur accompagnement par les partis politiques.
Le parti estime qu’en contournant les formations politiques, la réforme risque d’affaiblir davantage des institutions de médiation déjà fragilisées, pourtant essentielles à la vie démocratique.
Pour le PJD, “ces institutions contribuent à l’expression de la volonté des électeurs et à la participation à l’exercice du pouvoir sur la base du pluralisme et de l’alternance, par des moyens démocratiques et dans le cadre des institutions constitutionnelles”.
Cette position, tranchée, contraste avec la volonté du gouvernement d’ouvrir davantage le champ politique à de nouveaux profils, notamment issus de la société civile, dans un contexte marqué par la désaffection des jeunes pour les urnes.
Le débat qui s’annonce au Parlement devrait ainsi opposer deux visions : l’une misant sur la libéralisation de l’accès à la candidature pour raviver la participation, l’autre insistant sur la centralité du parti politique comme pilier de la démocratie représentative.