Akdital engage un plan d’investissement important de 1,4 milliard de dollars pour son développement en Arabie saoudite à l’horizon 2030.
Cette enveloppe couvre l’ensemble des dépenses immobilières, médicales et d’exploitation liées à la mise en place de plusieurs établissements hospitaliers dans le Royaume saoudien, dans la continuité du modèle appliqué au Maroc.
« Nous sommes aujourd’hui à Riyad pour participer aux Global Health Exhibitions, l’un des plus grands événements mondiaux dédiés au secteur de la santé, organisé du 27 au 30 octobre », explique Ilyas El Harti, directeur général délégué du groupe lors d’un point avec la presse tenu ce 29 octobre.
« Akdital a été sélectionné parmi d’autres groupes internationaux pour être mis à l’honneur et présenter son plan de développement en Arabie saoudite à l’horizon 2030 ».
Le financement et la structure du projet
Le plan d’investissement d’Akdital repose sur une architecture financière mixte, combinant capitaux propres et partenariats institutionnels.
« Environ 25% de ce montant seront portés par les partenaires immobiliers du groupe, dans la continuité du modèle éprouvé au Maroc ».
« Nous restons sur le même schéma que celui appliqué à nos hôpitaux au Maroc : une séparation claire entre la partie opérationnelle : équipements et aménagements médicaux, et la partie financière et immobilière, assurée par nos partenaires », précise Ilyas El Harti.
L’enveloppe comprend également les dépenses d’exploitation sur la période 2025-2030 ainsi que les investissements en équipements médicaux et aménagements, qui en représentent environ 20%.
Ces investissements seront financés conjointement par Akdital et ses partenaires financiers sur toute la durée du programme, soit de 2025 à 2030.
La part directement portée par Akdital et ses partenaires représente environ 15% de l’enveloppe globale, soit près de 100 millions de dollars.
Cette contribution s’inscrit dans le financement de la partie équipements et aménagements médicaux, qui représente 20% de l’enveloppe totale, tandis que les investissements immobiliers (25%) sont portés par les partenaires saoudiens, et les dépenses d’exploitation (55%) concernent la phase opérationnelle du projet.
« Nous sommes en train de mettre en place une sous-holding rattachée à Akdital Maroc, dans laquelle le capital sera ouvert à des partenaires, notamment des fonds de private equity internationaux ».
Dans ce sens, les 15% évoqués ne portent pas sur la totalité des 1,4 milliard de dollars, mais sur la part directement co-financée par Akdital et ses partenaires au titre des équipements et du capital de la filiale régionale.
« Ces investisseurs injecteront leur quote-part au fur et à mesure, tout comme Akdital qui procédera à ses apports progressifs. Akdital injectera sa quote-part au fur et à mesure. Pour l’instant, l’enveloppe directement allouée par le groupe s’élève à 1,2 milliard de dirhams, montant qui fait actuellement l’objet d’une émission obligataire en préparation, sous réserve du visa de l’AMMC, afin de financer nos ambitions internationales ».
Selon lui, « les nouveaux projets n’ayant pas encore de track record sur le marché saoudien ou régional ne sont pas éligibles au financement bancaire », ce qui impose « un recours au financement en equity de la part d’Akdital et de ses partenaires financiers ».
Pourquoi l’Arabie saoudite ? Les motivations du groupe
« Ce choix a été fait après plusieurs mois, pour ne pas dire plusieurs années d’études sur d’autres marchés, notamment en Afrique subsaharienne, qui constitue souvent l’orientation naturelle des sociétés marocaines », explique–t-il.
« Finalement, notre décision s’est portée sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour plusieurs raisons ». « D’abord, parce que ces marchés connaissent depuis cinq à dix ans une métamorphose profonde du secteur de la santé, marquée par une dynamique d’investissement exceptionnelle ».
« Il existe un manque évident d’infrastructures et d’établissements de santé par rapport à la demande locale : on parle de moins de deux lits pour 1.000 habitants dans les deux pays », souligne-t-il. « Cela crée un terrain favorable pour Akdital, qui s’introduit ainsi dans un marché où la demande est forte et durable ».
Ensuite, le dirigeant relève que la structure de l’offre et de la demande est très segmentée : « Nos études montrent qu’il existe un segment assurantiel non couvert, celui du mid to high segment ou catégorie B. La catégorie high, très concurrentielle, est bien servie, mais le segment intermédiaire, qui représente une part importante de la population, reste sous-équipé. Akdital souhaite se positionner sur ce créneau ».
L’accueil favorable des autorités saoudiennes a constitué un élément décisif dans la décision d’implantation.
« Nous avons été très bien accueillis, que ce soit par le ministère de l’Investissement, celui de la Santé ou celui de la Sûreté. Ils ont vu en Akdital un acteur de santé ayant fait ses preuves au niveau national, avec un track record solide sur les cinq dernières années », indique-t-il.
Le groupe s’inscrit ainsi dans une logique de complémentarité entre la Vision 2030 saoudienne et la dynamique marocaine de généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO).
« L’Arabie saoudite et les Émirats connaissent une même dynamique de généralisation de l’assurance-maladie. Ils souhaitent donc bénéficier de l’expertise et du modèle Akdital, qui a fait ses preuves au Maroc ».
Enfin, cette implantation vise aussi à créer des passerelles entre le Maghreb et le Moyen-Orient. « Ces projets permettent de développer des échanges technologiques, qu’il s’agisse de technologies médicales ou de solutions accompagnant le parcours patient, de l’admission au recouvrement, mais aussi des passerelles humaines à travers des échanges de compétences et des panels entre les équipes des deux régions ».
Pour lui, « tout cela ne peut être que bénéfique, aussi bien pour Akdital au Maroc que pour ses nouveaux marchés de destination ».
Les premiers projets et le rythme des investissements
« Le premier est l’hôpital Abdrahmane Al-Mishari, que nous avons repris il y a quelques semaines et qui intégrera le périmètre d’Akdital au début de 2026, après une phase de réaménagement et de transition des équipes », explique-t-il.
« Le deuxième est un projet greenfield actuellement en cours de développement, également à Riyad ».
Le groupe compte saisir, entre 2026 et 2030, les différentes opportunités d’hôpitaux à ouvrir, qu’il s’agisse de greenfield ou de brownfield
Ceci avec pour objectif d’atteindre une capacité totale de 1.000 lits. Concernant le calendrier de décaissement, le directeur délégué indique que « cela dépendra de la maturité de chaque opportunité : si c’est du brownfield ou du greenfield« .
« Nous avons aujourd’hui une visibilité claire sur les deux projets déjà en développement et leur plan de décaissement ; les autres viendront progressivement, selon leur nature et les démarches à entreprendre : développement, autorisations, construction et constitution des équipes ».
Les ressources humaines
Concernant les équipes qui seront déployées dans les futurs hôpitaux, Ilyas El Harti souligne que les marchés saoudien et émirati disposent déjà d’un vivier de compétences particulièrement riche.
« Ce sont des plateformes de ressources humaines provenant à la fois du marché local, notamment en Arabie saoudite, et de la sous-région, avec des profils venus de Jordanie, d’Égypte ou encore d’Asie de l’Est », explique-t-il.
« Il n’y a donc pas de sujet lié à la disponibilité du personnel médical, paramédical ou administratif dans ces pays. La grande majorité des effectifs qui géreront les hôpitaux Akdital sur place sera issue de ces marchés ».
Toutefois, le dirigeant précise que des passerelles avec le Maroc sont prévues. « Rien n’empêche, dans le cadre des évolutions de carrière ou pour certaines expertises administratives, de déployer quelques ressources marocaines au sein de certains services », indique-t-il, avant de conclure : « De la même manière, nous pourrons aussi envisager l’inverse, en faisant venir au Maroc des compétences médicales, paramédicales ou administratives travaillant dans ces environnements, pour intervenir ponctuellement ou de manière permanente. Cela permettra un enrichissement mutuel des savoir-faire ».
Source: medias24.com
https://medias24.com/2025/04/04/akdital-prevoit-une-extension-de-ses-activites-aux-emirats-et-en-arabie-saoudite-avec-4-etablissements/