« L’ouverture récente du nouveau terminal portuaire de Casablanca va permettre de multiplier le nombre de touristes maritimes issus de circuits de navires de croisières qui transportent des milliers de passagers », se félicite le président du Conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca.

Othmane Cherif Alami ajoute que le cap des 300.000 voyageurs en escale au Maroc devrait être atteint en 2026, et que celui du million sera dépassé à l’horizon 2030.

Depuis son inauguration, le terminal accueille 3 navires par semaine

Sur le démarrage du quai depuis son inauguration, le PDG du groupe Atlas Voyages affirme qu’il accueille un paquebot tous les deux jours, issu de ports méditerranéens (Lisbonne, Barcelone…) ou atlantiques (Brésil, USA…) du fait de la très haute saison qui a lieu entre octobre et décembre.

Une lecture confirmée par Jalil Madih, dont l’agence de voyages Alizés Travel, qui contrôle près de 60% du marché des croisières au Maroc, est de plus en plus sollicitée par de nombreux armateurs qui souhaitent inscrire le Royaume sur les circuits des itinéraires méditerranéen ou transatlantiques.

« Une moyenne de 250 escales annuelles d’ici 2027″

« Lors du dernier salon des croisiéristes qui s’est tenu à Hambourg, nous avons remarqué un intérêt important des voyagistes étrangers pour le nouveau terminal de Casablanca, qui devrait accueillir une moyenne de 250 escales annuelles d’ici à 2027 », nous révèle le directeur général d’Alizés Travel.

Jalil Madih précise que si 2.000 passagers débarquent lors de l’escale casablancaise, la capitale économique accueillera un total de 500.000 croisiéristes.

Idem pour le port de Tanger qui réalisera les mêmes performances, suivi de celui d’Agadir qui accueillera un trafic moins important du fait de l’absence d’un terminal dédié aux croisières.

Une manne financière annuelle de plus d’un milliard de dirhams

Et d’expliquer l’attractivité des ports marocains par leur position géographique stratégique, offrant de surcroît des circuits de visites originales avec des tarifs très abordables pour les passagers qui dépensent entre 120 et 150 euros durant leur escale qui dure en moyenne quelques heures.

À ces dépenses, il faut ajouter celles des passagers des bateaux qui choisissent de jeter l’ancre une nuit ou plus à Casablanca pour leur permettre de faire un saut à Marrakech ou à Fès, avant qu’ils reprennent leur périple vers d’autres ports européens de la Méditerranée.

De plus, à l’instar du tourisme de luxe dans les palaces marocains, certaines croisières réservées à une clientèle de milliardaires qui dépensent sans compter génèrent des recettes très importantes.

« Sachant que c’est le seul créneau touristique qui connaisse une croissance à deux chiffres, le voyagiste estime que cette manne peut générer une recette annuelle dépassant le milliard de dirhams.

« Faire du terminal de Casablanca un port tête de ligne »

Souhaitant capitaliser sur l’engouement des croisiéristes pour la destination casablancaise, Jalil Madih affirme que l’objectif est de faire de ce terminal, à partir de 2027 ou 2028, un port tête de ligne. Autrement dit,  un point de départ mais également d’arrivée des futures croisières.

« Nous voulons faire en sorte d’accueillir un groupe de 2.000 touristes étrangers qui, après avoir fait le tour du Maroc, embarqueront dans un navire pour une croisière vers d’autres destinations », explique celui qui préside aussi la commission maritime et balnéaire au sein du CRT de Casablanca, avant d’évoquer les perspectives en termes d’arrivées d’ici 2030.

Optimiste, le directeur général d’Alizés Travel estime possible d’attirer 500.000 touristes en escale dès 2028, pour atteindre le chiffre d’un million de croisiéristes lors du Mondial de football coorganisé par le Maroc.

Le Maroc pourrait, selon le voyagiste, s’inspirer du Qatar, qui avait fait appel aux paquebots de croisières pour pallier l’insuffisance d’hôtels pour loger les supporters de la Coupe du monde de 2022, et pourquoi pas opter pour des hôtels flottants pour satisfaire l’explosion de la demande touristique.